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Gabonaises, Gabonais, Chers compatriotes,

Je voudrais ici vous souhaiter à tous la bonne année. Je prie avec vous pour que cette année vous apporte la santé et le bonheur que vous méritez.

Tout en vous souhaitant la bonne année, je ne peux m’empêcher d’éprouver de la tristesse. Le nouvel an devrait être pour tout peuple un moment de joie, un moment de recueil familial où les uns et les autres se retrouvent dans la quiétude pour fêter l’année qui passe et celle qui commence. Or, je sais que beaucoup au Gabon auront passé ce nouvel an dans la souffrance et la tristesse du deuil, parce que vous aurez perdu un fils, une s’ur, une mère, un oncle, tous morts avant l’âge parce qu’il n’existe dans notre pays aucune structure médicale permettant à nos citoyens d’allonger leur espérance de vie.

Sachez que le BDP est de tout c’ur avec vous dans votre souffrance et que la même rage qui vous anime quand un de vos enfants meurt de paludisme faute de médicaments, habite aussi ces compatriotes courageux du BDP qui on décidé de se lancer dans le combat politique pour délivrer notre pays de la malédiction bongoïste, à un moment où des opposants indignes comme Mba Abessole ont abandonné le combat pour se prostituer face à Omar Bongo, et comme Mba Abessole se font les complices de la criminalité bongoïste.

Je salue particulièrement les compatriotes Hughes Bessacque, Paskhal Nkoulou, Gervais Amogo, Brice Obanda et Abdul Allogo Mintsa enfermés le 3 juillet 2003 pour avoir osé dire comme beaucoup d’entre-vous que Bongo doit partir. Les deux mois qu’ils ont passé en prison sont un exemple de courage pour beaucoup d’entre nous. Quand on est bédépiste, on ne doit jamais marchander ses convictions et on doit être prêt à aller au bout de son combat.

A vous donc, Gabonais, nous disons courage. Nous savons que beaucoup d’entre-vous vivez dans la peur, parce que la dictature d’Omar Bongo s’est de nouveau implantée avec férocité dans notre pays. Une dictature corrompue qui pille le Gabon pour le bien de quelques individus et qui laisse le pays croupir dans la misère la plus totale.

Nous disons donc, courage, parce que l’année 2004 est une année importante pour l’avenir du pays.

En 2003, Omar Bongo a demandé une trêve sociale aux Gabonais. Nous disons à Omar Bongo de ne pas rêver. Comment les Gabonais peuvent-ils donner une trêve sociale à Omar Bongo si Omar Bongo lui-même ne s’impose pas une trêve du ventre ? Comment le peuple gabonais peut-il observer la trêve sociale alors même que Omar Bongo et son régime continuent à s’engraisser en toute impunité ? Pourquoi le peuple gabonais doit-il continuer à subir la pauvreté pour permettre à Bongo et à ses complices de continuer à s’engraisser le ventre avec l’argent de la nation ?

Non, il ne faut pas donner de trêve sociale à Omar Bongo tant que lui-même ne s’est pas imposé une trêve d’incompétence. Il y a beaucoup de choses que Bongo pourrait faire pour mériter une trêve sociale. Par exemple : réduire son gouvernement de 40 à 20 membres, réduire le salaire des membres du gouvernement à 3 millions de F CFA, réduire son propre salaire à 4 millions, et faire publier non seulement les salaires des membres du gouvernement, mais aussi leurs fortunes personnelles à l’entrée et à la sortie du gouvernement, pour qu’on voie qui a volé, arrêter d’endetter le Gabon auprès du FMI et de la banque mondiale vu que le Gabon peut se passer de cela si une réforme globale de l’état est opérée, supprimer le gouffre d’argent qu’est le Sénat, réduire l’Assemblée Nationale de 120 à 63 membres, ce qui veut dire 7 députés par province pour mettre fin aux tiraillement provinciaux qui entourent la distribution des circonscriptions électorales dans le pays, instituer une commission électorale totalement indépendante qui organisera et garantira la transparence des élections sans intervention gouvernementale, donner les pouvoirs de sanction à une justice gabonaise qui pourrait protéger les citoyens contre les injustices et les abus du régime, cesser la censure des journaux et des opposants politiques, mettre fin aux assassinats et arrestations politiques, sécuriser le pays qui vit aujourd’hui dans l’insécurité la plus totale, cesser d’utiliser l’argent du Gabon pour corrompre des opposants politiques, ramener le mandat présidentiel à 5 ans, donner les pouvoirs à la justice de punir les crimes d’hommes politiques comme lui-même, et, plus important encore que le reste, démissionner immédiatement du pouvoir. C’est cela le vrai sens de la trêve sociale et c’est là la seule trêve sociale à laquelle souscriront les Gabonais, celle-là même qui appliquera sans réserve les grands principes édictés dans les propositions de réforme du BDP tout en mettant à la retraite Omar Bongo et tous ceux qui ont volé, violé, assassiné et menti avec lui.

Le BDP déclare donc que 2004 doit être l’année de la désobéissance civile. Les Gabonais ne doivent plus obéir à Omar Bongo. Quand Omar Bongo vous demande une trêve sociale, donnez-lui des grèves ; quand Omar Bongo vous demande d’aller travailler, restez à la maison, quand Omar Bongo viendra en tournée vous demander de voter pour lui, chassez-le de chez vous ; quand Bongo vous mentira en vous disant que le Gabon n’a plus d’argent et que c’est le FMI qui rend le Gabon pauvre, dites-lui de vous montrer ses comptes bancaires au Gabon, en France, en Suisse et dans les banques asiatiques ; quand Omar Bongo arrêtera un des vôtres, appelez tous les Gabonais et demandez à Bongo de mettre tout le Gabon en prison s’il le peut ; quand Omar Bongo fera assassiner vos frères et s’urs pour leurs opinions politiques ou pour des questions de femme, allez devant sa porte déposer le corps de ses victimes ; et quand Omar Bongo essaiera de vous acheter en vous donnant de l’argent, jetez-lui son argent au visage et dites-lui que vous êtes Gabonais et qu’on achète pas un vrai Gabonais.

Ceux qui nous trahissent et vendent leur âme à Omar Bongo ne sont pas de vrais Gabonais. A ceux-là, dites leur de passer leur chemin car vous n’écoutez pas les gens qui ne sont pas de vrais Gabonais. Ils sont nés Gabonais, mais ils mouront Bongoïstes. Quand on est bongoïste, on ne peut pas être un vrai Gabonais car le bongoïsme c’est le travail de satan au Gabon.

Oui, chers compatriotes, il faut désormais tenir Omar Bongo responsable de tous les crimes, vols, viols et malversations qui se passent au Gabon. Ayant été incapable de punir les crimes économiques, politiques et humains de ses acolytes, ayant même encouragé ces crimes parce qu’il est lui-même criminel à la tête d’un état devenu état mafia, Omar Bongo doit être tenu responsable de la débâcle gabonaise actuelle. Et toujours, montrez-lui la porte quand il vient chez vous essayer de vous corrompre. Montrez-lui la porte en lui demandant si 37 ans de pouvoir incompétent ne lui suffisent pas. Montrez-lui la porte en lui rappelant qu’en 2005, année de la prochaine élection présidentielle, il aura fait 38 ans au pouvoir. Et que s’il s’impose encore aux Gabonais en 2005, il sera alors resté au pouvoir jusqu’en 2012, ce qui veut dire qu’Omar Bongo aura passé exactement 45 ans à la tête du pays à tuer, assassiner, violer, et voler les Gabonais. 45 ans, c’est la moitié d’un siècle.  45 ans c’est trop.

Chers compatriotes, le Gabon ne peut se permettre 45 ans d’Omar Bongo. Au Gabon, on ne veut pas d’un président à vie. C’est donc maintenant qu’Omar Bongo doit décider de son départ, et s’il ne peut le faire lui-même, il nous appartient à tous, Gabonais de tous les bords politiques, de l’aider à partir, car Omar Bongo n’est pas bon pour le Gabon. Omar Bongo ne sait même plus trop ce qu’il fait à la tête du pays, et pour beaucoup de Gabonais, Omar Bongo est bel et bien déjà mort, car c’est un président mort vivant qui ne vit que parce qu’il mange, mais qui est mort de par la léthargie de son système qui n’est jamais arrivé à répondre aux attentes des Gabonais. Dans un pays où les décisions de réforme s’annoncent, se succèdent et se contredisent sans jamais être suivies d’effet, le Gabon n’a plus vraiment de président, ni de gouvernement, et on ne sait plus trop qui dirige qui et qui dirige quoi. Devant cette démission collective du régime Bongo, et devant les désordres actuels qui immobilisent totalement le pays dans la léthargie la plus totale, la conclusion la plus immédiate est que le Gabon n’a plus de gouvernement. Toutes les grèves sectorielles, toutes les grèves d’étudiants et toutes les manifestations sociales qui aujourd’hui immobilisent le Gabon dans la léthargie politique, économique sont des signes d’une totale débâcle du régime Bongo au Gabon aujourd’hui. Le gouvernement Bongo est un gouvernement mort. Le bongoïsme est une idéologie morte. Et Il convient aujourd’hui de demander purement et simplement la démission inconditionnelle et immédiate d’Omar Bongo et de tous ceux qui ont pillé le Gabon avec lui au cours des 37 dernières années.

Disons donc à Omar Bongo, qu’il soit version Odimba ou version El Adj ou Yaya, que 37 ans, ça suffit, que 38 ans, c’est trop, que 45 ans, c’est un crime et que les Gabonais ne peuvent plus l’accepter. Dites à Bongo que, changement de nom ou pas, Bongo reste Bongo et que le moment de partir est venu. Dites à Bongo sans détour que la trêve sociale est morte et que son régime n’aura pas de paix tant qu’il s’imposera aux Gabonais par la dictature.

La désobéissance civile, mes chers compatriotes, sera votre arme ; elle sera notre arme collective au cours de l’année 2004. Il va falloir créer au Gabon ce que les Sud-Africains ont créé en Afrique du Sud au moment de l’Apartheid, c’est-à-dire rendre le Gabon ingouvernable par la désobéissance civile permanente, désobéissance civile qui ne s’arrêtera qu’avec le départ du dictateur.

Faites votre part, le BDP fera la sienne. Nous avons commencé notre part depuis un certain nombre d’années maintenant, et en 2003 nous avons refusé de rencontrer Omar Bongo à Paris en décembre dernier. Omar Bongo m’avait invité, en tant que Coordonnateur et Premier ministre du gouvernement de salut national en exil, à me rendre à Paris avec une délégation BDP le 8 décembre dernier pour une rencontre au sommet. Le BDP a bien évidemment rejeté cette invitation. Nous avons refusé cette rencontre pour une raison bien simple. D’une part, l’invitation d’Omar Bongo ne nous disait pas du tout de quel sujet il voulait discuter et ce qu’il voulait dire au BDP dans un sens qui puisse améliorer le quotidien des Gabonais. D’autre part, le BDP considère qu’une rencontre avec Omar Bongo n’est pas la priorité de notre mouvement. Nous ne recherchons ni l’argent, ni les postes politiques. Certes, des individus pourront ici ou là trahir le BDP et se vendre à Bongo, mais ces individus ne seront ni Daniel Mengara, ni les vrais partisans du changement qui animent notre mouvement avec courage et détermination. Le BDP n’est donc pas à vendre. Si le BDP doit un jour rencontrer Omar Bongo, ce sera uniquement pour négocier les conditions de son départ dans le contexte d’une paix des braves et d’une réconciliation nationale négociées, pas pour parlementer de choses inutiles comme le régime aime bien à le faire avec les âmes légères qui se laissent appâter par le gain facile et les postes politiques.

Ce refus de rencontrer Bongo, mes chers compatriotes, devrait vous montrer à suffisance que le BDP n’est pas là pour des objectifs bas et que Daniel Mengara et ses collègues du BDP ne seront jamais comme Mba Abessole. Si Mba Abessole s’est illustré par la trahison et la cupidité du gain facile qui fait grossir les ventres avec l’argent volé aux Gabonais, Daniel Mengara et les vrais patriotes qui animent le BDP se battront jusqu’à l’éviction complète et totale du régime Bongo. Si c’est son départ que le régime veut négocier avec le BDP, soit ! Le BDP est prêt. Si c’est pour déposer des caisses d’argent et proposer des postes politiques pour faire taire Daniel Mengara et ses collègues, sans finalité autre que la politique du ventre qui abrutit les esprits, alors le BDP dit niet.

A Omar Bongo, nous disons que le temps de partir est arrivé. Ne faites pas comme ces dictateurs qui n’ont pas su quitter les choses à temps. Mobutu Sese Seko s’est entêté, regardez comment il a fini. Saddam Hussein se croyait fort, regardez dans quel trou il a fini, comme un rat.

La mesure des grands hommes, Monsieur Bongo, se fait à la grandeur de leurs actes. L’acte suprême d’un vrai leader est un acte de renonciation, et l’acte de renonciation, c’est cette capacité qu’a un leader éclairé de se rendre compte qu’il est arrivé au bout de ses capacités et que pour le bien du pays, il est préférable qu’il se retire et s’écarte. Cet acte de sacrifice personnel est ce qui fait les grands leaders de ce Monde, ceux qui laissent un nom dans l’histoire et dont le nom s’enseigne avec fierté dans les écoles. Regardez Nelson Mandela d’Afrique du Sud. Prenez son exemple. Pourquoi attendre que les Gabonais descendent dans les rues ou prennent les armes pour comprendre qu’ils ne veulent plus de vous ? Pourquoi attendre que les Gabonais vous chassent du Gabon par la force et la violence pour quitter le pouvoir ? N’avez-vous donc, Monsieur, aucun amour pour votre pays, pour votre peuple, pour vos frères et vos s’urs qui souffrent chaque jour de famine, de pauvreté, de manque d’emploi, parce que vous avez été incompétent pendant les 37 ans de pouvoir que vous avez passés à la tête du pays ?

Partez, Monsieur Bongo, car les Gabonais n’en peuvent plus. Partez, Monsieur Bongo, car les Gabonais ne veulent plus de vous.

Chers compatriotes, 2004 est l’année de tous les défis, mais aussi l’année de tous les espoirs. L’année de tous les espoirs parce que, ensemble, nous pouvons travailler pour mettre fin au régime Bongo et, dans un contexte réformé, faire en 5 ans ce que le régime Bongo n’a pas pu faire en 37 ans. L’année de tous les défis parce qu’il va s’agir pour les Gabonais de prendre courage et de se lever comme un seul homme pour arracher des mains de Bongo la destinée confisquée de notre nation.

Cette dignité, réclamons là ensemble.

Vive le Gabon, Vive la nouvelle république, pour que vive la nation gabonaise.

Je vous remercie, et bonne année.

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