Libreville, le 31 juillet 2007 (BDP-Gabon Nouveau) – Au cours du point de presse qui s’est tenu aujourd’hui à Libreville à l’initiative de Monsieur Paskhal Nkoulou, nouveau Coordonnateur National, point presse qui a vu les membres du Comité de Coordination Nationale précédemment exclus réintégrer le BDP-Gabon Nouveau, le Dr. Daniel Mengara s’est exprimé non seulement au travers d’une allocution vidéo produite pour l’occasion, mais aussi en direct par téléphone pour répondre aux quelques questions des journalistes présents.

Le texte de l’allocution vidéo est retranscris ci-dessous. Pour voir ou télécharger la vidéo, cliquez ici (Format Windows Media Player), ou alors visualisez la vidéo sur Daily Motion (Merci M2005)
Cliquez ici pour lire l’allocution de conférence de presse de Monsieur Paskhal Nkoulou portant dissolution du BDP-Démocrate.

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PARTIE 2:

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Mesdames et Messieurs les journalistes,

Mesdames, Messieurs, chers compatriotes

Je vous remercie de l’honneur que vous faites à notre mouvement en nous gratifiant de votre présence. Je vous transmets le salut le plus patriote du BDP-Gabon Nouveau.

Je ne m’attarderai point sur les détails historiques que la plupart d’entre vous savez déjà de la situation du Gabon, dont la gestion désastreuse depuis quarante années de despotisme a conduit le pays à la ruine la plus totale. Il me suffira de vous diriger vers le rapport sur la bonne gouvernance dans le monde publié le 10 juillet par l’Institut de la Banque mondiale.

Dans ce rapport 2007, la Banque mondiale mesure pour chaque pays du monde les six indicateurs qui sont synonymes de bonne gouvernance, à savoir la liberté d’expression, la stabilité politique, l’efficacité des pouvoirs publics, la qualité de la réglementation, l’état de droit et la maîtrise de la corruption.

Sur tous ces points, Mesdames, Messieurs, le régime quadragénaire d’Omar Bongo a échoué lamentablement. L’analyse que nous avons faite sur notre site Web du rapport de la Banque mondiale révèle que le score du Gabon montre non pas une amélioration, mais un effondrement systématique et radical des quelques balbutiements démocratiques qui étaient nés de la conférence nationale de 1990, balbutiements que le régime Bongo a fini de faire taire aujourd’hui. Conséquence, le Gabon n’a plus d’opposition politique et tous les citoyens sont tenus à un comportement de parti unique. Au Gabon aujourd’hui, il n’y a plus ni promesse de démocratie ni promesse de bonne gouvernance, et encore moins promesse d’état de droit.

Au contraire, ce qu’on constate plutôt c’est intronisation de l’arbitraire, la dictature et la corruption qui se sont enracinés comme mode de gestion de l’état, au point que le régime Bongo en est désormais à confondre l’affirmation des libertés citoyennes avec des questions d’atteinte à la sécurité de l’état et d’outrage à chef de l’état. Cela, chers amis, est terrible. C’est ce qu’on appelle personnalisation du pouvoir, dans un contexte où un homme se substitue totalement à l’idée qu’on peut se faire de l’état, au point que l’état devient cette personne. Et dès lors qu’on critique, qu’on s’interroge, cette personne se sent visée, touchée. Cela, Mesdames et Messieurs, est inacceptable. Mais où Omar Bongo se croit-il donc ? Ces lois qui punissent les citoyens d’outrage à chef de l’état juste parce qu’ils en appellent à son départ sont d’une autre époque et se trouvent en parfaite incompatibilité avec les principes de démocratie tels qu’on voudrait les voir s’instaurer au Gabon !

Et voilà pourquoi, quand un mouvement comme le nôtre ose s’appeler Bongo Doit Partir, on confond tout de suite ce nom avec une insulte, un crime de lèse-majesté, alors qu’un tel nom est l’expression même de la thématique politique, donc idéologique, dont un mouvement comme le nôtre est libre de se prévaloir. De la même manière qu’il existe aujourd’hui des mouvements qui disent ” Bongo doit présider “, ou ” Bongo doit persister “, il est naturel qu’il en existe d’autres qui disent ” Bongo doit partir “. Mais si les citoyens ne sont plus en mesure de critiquer ou de dire librement leur opposition et leur désir de voir Omar Bongo partir du pouvoir, n’est-ce pas alors là une manière de dire au peuple que l’élection ne vaut plus grand-chose au Gabon vu que personne n’a plus le droit de demander le départ de Bongo, ni de critiquer son action au pouvoir depuis 40 ans, qui devient par conséquent non seulement président autoproclamé, mais aussi président à vie du Gabon, c’est-à-dire un monarque indéracinable ?

Et voilà, Mesdames et Messieurs, toute la raison d’être d’un mouvement comme le nôtre. Si la voix citoyenne ne peut plus être librement entendue ni par la voie des urnes ni par la voie de la libre expression démocratique, que lui reste-t-il alors comme armes de libération nationale en dehors de la violence et de l’insurrection libératrices ?

L’article 35 de la Déclaration française de droits de l’homme et du citoyen de 1793 est clair à ce niveau. Cet article dit clairement que ” Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré et le plus indispensable des devoirs “.

Nous, au BDP-Gabon Nouveau, avons fait de cet article notre crédo. Le Gabon est en situation de légitime défense. Il est normal que les patriotes se battent pour défendre sa souveraineté.

En 40 ans de pouvoir sans partage, il n’y a eu, à aucun moment de l’histoire du Gabon depuis que Bongo est au pouvoir une seule élection qui ait affirmé la légitimité d’Omar Bongo comme président du Gabon. Pour nous donc, Omar Bongo ne peut être considéré comme président du Gabon vu qu’il n’a jamais été élu démocratiquement. Il n’a donc ni la légalité ni la légitimité de l’emploi. Il est donc, à priori, un imposteur. En 40 ans, on n’a vu que de la mécréance, de l’incompétence et de l’arbitraire comme mode de gestion, au point que dans un pays aussi riche que le Gabon, on assiste au paradoxe d’une population vivant à plus de 60% sous le seuil de pauvreté, avec 1 enfant sur 5 n’atteignant jamais son premier anniversaire.

Et pourtant, changer le Gabon est l’une des choses les plus faciles qui soient. Il suffit d’accepter la démocratie comme principe de gouvernance. Et c’est cela toute la dimension du combat de réforme que mène le BDP-Gabon Nouveau. Car, avant que de voir le BDP-Gabon Nouveau comme un mouvement de libération nationale, il est important de le voir d’abord comme un mouvement de réforme nationale. Depuis que notre mouvement existe, il est sans fausse modestie celui qui a été le plus prolixe du Gabon en matière de propositions de réforme non seulement sur le plan constitutionnel, mais aussi sur le plan de la transformation de l’état gabonais en état de droit capable de répondre de la manière la plus immédiate et efficace possible aux besoins de développement du peuple gabonais.

Aujourd’hui, on voit le régime Bongo, en compagnie d’opposants apprivoisés, s’égosiller à vouloir faire avaler au pays des couleuvres politiques. On les voit se contorsionner dans des acrobaties juridiques et politiques qui n’ont ni queue ni tête et dont l’objectif principal consiste à négocier des ententes mafieuses sur le dos des Gabonais, des ententes qui visent à confisquer à jamais les libertés citoyennes.

Mesdames et Messieurs, il appartient aujourd’hui au régime Bongo de faire le choix entre la démocratie véritable et le chaos. Car il n’y a pas d’autres solutions. Soit nous vivons la démocratie, soit nous vivons le chaos. Il n’y a pas de juste milieu. Il n’y a pas ici à négocier le droit à la démocratie, parce que la démocratie ne se négocie pas. Elle s’impose naturellement aux hommes de bonne foi. Faire le choix de la démocratie, donc de la paix durable, c’est simplifier tout le processus de démocratisation au Gabon. Autrement dit, simplifier, c’est accepter, immédiatement, les propositions suivantes :

1) Réformer la constitution gabonaise afin de la ramener, au minimum, à celle de 1990 telle que négociée lors de la conférence nationale, mais y ajouter des garde-fous qui empêcheraient qui que ce soit de la modifier de nouveau au gré de ses humeurs sans passer par plusieurs dispositifs de validations, dont le plus important sera le référendum. Il faut que la population gabonaise soit partie prenante à tous les niveaux de l’expression démocratique de notre pays.

2) Réduire de manière draconienne les pouvoirs du président de la république, quel qu’il soit, et redistribuer la plupart de ses pouvoirs nocifs au parlement et au gouvernement, et faire en sorte que le Premier ministre ne soit plus nommé par le président, mais plutôt voté par le parlement. Ceci permettrait, par exemple, d’éviter l’arbitraire par lequel on veut qu’au Gabon le président ne puisse nommer son Premier ministre que parmi les Fangs. Cela, c’est le type d’arbitraire qui divise les Gabonais, parce que cela découle de charlatanismes politiques et d’incompétences notoires dans l’appréhension de la chose politique. Et voilà pourquoi ce genre d’arbitraire qui divise le Gabon doit cesser.

3) Donner son indépendance totale à la Cour constitutionnelle de manière à ce que ses membres désormais non partisans soient élus par leurs pairs magistraux, avocats et autres, et non plus nommés par l’autorité politique.

4) Donner son indépendance totale à la Commission électorale, de manière à ce que ses membres non partisans soient tous élus, nationalement pour ce qui est de son président, et localement pour ce qui est des représentants provinciaux et départementaux. Ceci assurera plus d’apolitisme et de neutralité dans les processus électoraux.

5) Sur la base d’un moratorium d’un an voté par toute la classe politique gabonaise, et peut-être même par référendum, faire appel à l’ONU en tant qu’organisme neutre pour venir faire un nouveau recensement de la population, établir de nouvelles listes et cartes électorales et organiser indépendamment des élections générales plus crédibles au Gabon, sans prise de part aucune du gouvernement gabonais dans ce processus, en dehors des financements nécessaires. Ceci est essentiel, chers amis. Tant que le régime Bongo organisera des élections au Gabon, ce ne sera pas la peine d’espérer une quelconque démocratisation. C’est tout simplement impossible. L’ONU devient donc le moindre mal. Entre deux maux, on choisit le moindre. Il n’y a quel l’ONU qui peut aider le Gabon à asseoir les bases d’une démocratisation véritable qui ne pourra que profiter positivement à la nation gabonaise.

6) Au bout de ce processus de réformes, qui ne devrait pas durer plus d’une année, il faudra tout simplement prononcer la dissolution immédiate des institutions existantes et leur remplacement, après l’élection générale, par les institutions réformées. Ceci devra inclure l’élection plus crédible du nouveau président de la république, quel qu’il soit.

Si c’est Omar Bongo ou un membre de son régime qui gagne une telle élection indépendamment organisée, nous nous inclinerons. Mais pour nous et pour le peuple gabonais, procéder ainsi serait la seule manière de garantir, rapidement et concrètement, la crédibilité et la légitimité du processus électoral, du moins dans cette phase initiale.

Il appartient donc à Omar Bongo de montrer aujourd’hui qu’il est un homme avec des couilles et qu’il n’a pas peur de la démocratie. Quand on est un démocrate, on n’a pas peur de donner à l’ONU la responsabilité d’organiser indépendamment de l’état une élection que l’on veut crédible. Il faut qu’il accepte cette idée s’il veut montrer aux Gabonais qu’il est démocrate.

Nous estimons qu’au lieu d’envisager des solutions de rechange telles qu’on en a vues et qui ne font que compliquer la vie politique gabonaise-Trêve sociale par-ci, Accords de Paris par-là, possibilité de gouvernement d’union nationale par-ci, gouvernements d’exception par-là-Tout cela, chers amis, ce sont des complications qui ne mènent à rien. Seul l’établissement d’un jeu démocratique véritable à la base assurera qu’on n’ait plus besoin de négocier quoique ce soit, puisque la démocratie s’imposera d’elle-même. Et ne sera alors au pouvoir que la personne qui aura été élue légitimement et légalement par les Gabonais. La réforme que nous proposons est la seule voie vers la paix et la stabilité durables. Tout ce que nous proposons peut se faire en une seule année et conduire à des élections générales organisées entièrement par l’ONU au bout de l’année de réformes.

Ceci, Mesdames et Messieurs, est la vraie solution aux problèmes du Gabon, c’est-à-dire la voie vers une démocratisation réelle qui puisse non seulement faire renaître la relation de confiance qui se doit d’exister entre le peuple et ses institutions, mais aussi permettre l’éclosion des intelligences qui, une fois libérées de l’arbitraire et du despotisme, pourront lancer notre pays sur la pente du développement durable.

Que le régime Bongo ne se fasse dont aucune illusion. Les 90% de Gabonais qui ne vont plus voter lors d’élections truquées disent tous ” Bongo doit partir “. C’est pour cela qu’ils votent désormais avec les pieds en restant chez eux. C’est pour cela que personne ne fait plus confiance en l’état gabonais tel que dirigé par Omar Bongo.

Tous les Gabonais qui aujourd’hui ne se reconnaissent pas dans ce régime et souhaitent son démantèlement pensent tous que ” Bongo doit partir “.

Quand aujourd’hui une mère perd son bébé à l’hôpital général pour cause de manque de soins médicaux, elle pense forcément que Bongo Doit Partir.

Quand un jeune de 20 ans se rendant en vacances meurt dans un accident de voiture sur la route de Fougamou à cause du mauvais état des routes, sa famille pleure et ses pleurs n’expriment qu’un seul sentiment, Bongo doit partir.

Quand un étudiant gabonais doit trimer des années durant pour obtenir un diplôme et finir par se voir renvoyé de l’école non pas parce qu’il n’est pas intelligent, non pas parce que le Gabon manque de ressources pour lui assurer l’emploi, mais parce que le système est frappé d’arbitraire, de corruption et d’incompétence, il pense forcément que Bongo doit partir.

Quand un Gabonais souhaitant se faire établir un passeport se le voit refuser uniquement parce que le régime en place n’aime pas ses opinions politiques, alors ce Gabonais pense forcément que Bongo doit partir.

Quand le policier, le militaire, le gendarme gabonais est obligé de se prostituer en établissant des contrôles routiers arbitraires pour espérer obtenir les 10.000 francs qui lui permettront de nourrir sa famille à cause d’un salaire insuffisant, ce policier, ce militaire, ce gendarme, pense forcément que Bongo doit partir.

Enfin, quand le Gabonais qui va voter voit à chaque élection son vote invalidé par la fraude électorale systématique, il pense forcément que Bongo doit partir, par tous les moyens possibles.

A Omar Bongo donc de choisir entre un départ honoré par la sanction véritablement démocratique des Gabonais, ou un départ amené par le chaos révolutionnaire d’une population qui lui signifiera forcément un jour dans les rues et par des violences diverses son ras-le-bol. Aujourd’hui le BDP-Gabon Nouveau dit ” Trop c’est Trop “, il y a affectivement ras-le-bol. Et demain, ce sera au tour de la population gabonaise de dire de même.

Mesdames et Messieurs, je vous remercie.
Montclair, New Jersey (USA), le 31 juillet 2007

Pour voir ou télécharger la vidéo, cliquez ici (Format Windows Media Player)

Pour bien suivre ce dossier, lire également:

L’allocution vidéo du Dr. Daniel Mengara à l’occasion de la conférence de presse du 31 juillet 2007
La déclaration de presse de la Coordination Nationale du BDP-Gabon Nouveau du 31 juillet portant dissolution du BDP-Démocrate
La Chronologie des Trahisons des frères Bessacque depuis 2003.
Le procès verbal d’arrestation des membres du BDP en 2003
Le vrai-faux procès verbal d’interrogation de Hughes Bessacque en 2003
Le rapport publié en 2004 par le BDP-Gabon Nouveau sur la trahison des frères Bessacques
Le rapport d’Amnesty International sur l’affaire en 2003
Dr. Daniel Mengara
Président, BDP-Gabon Nouveau
P.O. Box 3216 TCB
West Orange, New Jersey, 07052, USA
Tel: 973-447-9763 / 973-655-5143
Fax: 973-447-9763 / 973-655-7909
Site: https://www.bdpgabon.org

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Le BDP-Gabon Nouveau (“Bongo Doit Partir, pour la Construction d’un Gabon Nouveau”) est un mouvement politique gabonais de libération nationale en exil dont le siège se trouve dans le New Jersey aux Etats-Unis. Le BDP-Gabon Nouveau (https://www.bdpgabon.org) recherche la suppression du régime Bongo et le départ d’Omar Bongo du pouvoir par tous les moyens possibles. Le Mamba (https://www.lemamba.org) en est la branche armée

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