Le ministre gabonais de l’Intérieur André Mba Obame a annoncé mercredi la “suspension” sine die d’une vingtaine d’associations de la société civile, accusées d’avoir tenu des propos “politiques” lors d’une conférence de presse.

“Nous n’acceptons pas que ces associations sortent du cadre légal de leur statut pour se transporter sur le terrain des partis politiques”, a déclaré le ministre à la presse.

“Si ces gens veulent faire de la politique, qu’ils le fassent dans le cadre des partis politiques”, a-t-il ajouté, dénonçant une “absence de responsabilité” des organisations non gouvernementales (ONG) et une “confusion des genres (…) de nature à porter atteinte à notre démocratie”.

“C’est pour cela que ces associations sont provisoirement suspendues d’activités jusqu’à ce qu’elles aient clairement redéfini avec les services compétents du ministère de l’Intérieur les missions réelles de leurs structures”, a affirmé André Mba Obame.
Il a précisé être “prêt à aller jusqu’à l’interdiction pure et simple si elles ne se conforment pas à leurs engagements”.

Les ONG visées sont celles qui font partie de la coalition “Publiez ce que vous payez” (PCQVP), de la “Coalition contre la vie chère au Gabon”, de la “Coalition contre les dérives sectaires au Gabon” et de la plate-forme “Environnement Gabon”.

Le ministre a justifié sa décision par des propos tenus mercredi par ces quatre groupes lors d’une conférence de presse à Libreville. “Quatre-vingt pour cent des propos ne sont pas du ressort des ONG”, a-t-il estimé.

Les associations avaient notamment affirmé que le nouveau gouvernement, formé le 28 décembre par le président Omar Bongo Ondimba après avoir promis de profonds changements, avait “suscité de vives inquiétudes” en raison “du retour des inamovibles et autres fidèles inconditionnels”.

Un des principaux porte-parole de la société civile gabonaise, Marc Ona Essangui, avait également critiqué le chantier en cours dans un parc national du nord-est du Gabon en vue de l’exploitation de l’important gisement de fer de Bélinga, qui se poursuit “en flagrante violation du code de l’environnement”.

Les ONG avaient enfin dénoncé le “pillage de nos revenus”, les “sommes colossales (…) englouties dans l’organisation des élections”, la “paupérisation des ménages”, ainsi que “l’affairisme et la gabegie” des responsables politiques.

Le président Bongo avait lui-même dénoncé la corruption de la classe dirigeante lors d’un discours prononcé le 1er décembre, à la veille du 40e anniversaire de son arrivée au pouvoir, promettant de former un gouvernement resserré, plus intègre et plus efficace.

Le remaniement de fin décembre a toutefois abouti à une équipe peu modifiée par rapport à la précédente.

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