Les ministres gabonais n’auront plus droit aux véhicules de fonction payées par l’Etat, selon le communiqué du conseil des ministres présidé le 10 janvier par le président Omar Bongo Ondimba. Selon le porte-parole du gouvernement, cette mesure a été prise pour supprimer toutes dépenses inutiles ou ostentatoires de l’Etat.

Au terme du Conseil des ministres du 10 janvier, «le Conseil a décidé qu’à compter de ce jour, les ministres n’auront plus de véhicules de fonction achetés par l’Etat ».

C’est le porte-parole du gouvernement, le ministre de la Jeunesse et des Sports René Ndemezo’Obiang, qui a rendu public cette décision surprenante prise par le gouvernement.

Selon le porte-parole du gouvernement, cette mesure s’inscrit dans le cadre de la feuille de route déclinée par le chef de l’Etat lors de son discours à la nation du 1er décembre 2007 qui marquait les 40 ans de son accession à la tête de l’Etat.

Dans ce discours, le président Bongo Ondimba avait dénoncé les nombreux dysfonctionnements dans l’administration et accusé la classe dirigeante de détourner les fonds destinés au développement du pays.

Les économies ainsi réalisées devront contribuer à financer la politique sociale du gouvernement. Aussi louable soit-elle, cette décision pose un problème de logique.

L’économie réalisée par la suppression de voitures de fonction à 42 personnes ne permettra pas de résoudre le 1/10e des problèmes sociaux. Ensuite, comment imaginer que seul le ministre soit privé de voiture de fonction alors que tous ses collaborateurs ont droit à ce privilège?

Enfin cette mesure sonne comme une incitation au détournement, car il est difficile de croire que les ministres vont s’acheter des voitures avec leurs salaires alors que leurs subordonnés sont choyés par l’Etat. Pourquoi ne pas simplement supprimer ce privilège à toutes les administrations publiques et aux différentes institutions de la République?

Si ce gouvernement est vraiment de «mission» comme on le répète à longueur de journée, il faut lui donner les moyens de travailler avec efficacité. Or, la voiture de fonction, comme le bureau, ou le papier hygiénique des toilettes du bureau du ministre, sont autant d’éléments qui conditionnent l’efficacité de l’action. Va-t-on demander demain aux militaires d’acheter leurs propres tenues’

Le discours du 1er décembre a tracé l’horizon que le Gabon doit atteindre, il faut maintenant élaborer des politiques publiques claires, dégager des moyens conséquents pour réaliser cet ambitieux projet. Les économies dégagées par la suppression de voiture de fonction des ministres sont une simple rosée dans la canicule équatoriale.

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