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Pétrole/prix: pas si facile d’en profiter pour les Africains producteurs

Les pays producteurs africains doivent mieux profiter de la flambée des prix du pétrole: c’est le souhait des représentants gouvernementaux et organismes internationaux réunis cette semaine à Libreville pour un séminaire sur les contrats pétroliers dans le golfe de Guinée.

Un paradoxe: alors que le prix du baril flirte avec les 120 dollars, les populations des pays producteurs du golfe de Guinée sont confrontés à des problèmes de cherté de la vie.

De plus, les Etats, contrairement aux majors pétrolières qui ont dévoilé des comptes florissants ces derniers jours, se plaignent de ne pas suffisamment bénéficier dans leurs recettes de l’envolée des cours.

« Il y a une augmentation exponentielle du prix du pétrole et (…) on ne voit pas ressortir ce gain de manière effective et en rapport avec une telle augmentation », affirme à l’AFP Charles Allogho, conseiller technique au ministère des Mines et du Pétrole du Gabon, un des gros producteurs de la région. Il observe qu’il n’y a pas une corrélation proportionnelle entre les recettes nouvelles des compagnies pétrolières et celles des Etats.

« Il faut mettre en place des dispositifs qui prévoient ces profits ou super-profits », ajoute ce spécialiste qui s’interroge: « il faut voir comment l’Etat peut bénéficier de l’augmentation des prix sans passer par une aggravation fiscale » sur les compagnies pétrolières.

Dans ce milieu très fermé, un fonctionnaire d’un pays africain glisse sous couvert d’anonymat: « Les pétroliers, quand ça va mal, ils viennent voir l’Etat et disent +on ne peut pas continuer comme ça+ et l’Etat renégocie les contrats. Mais, là, avec le baril à 120 dollars, il n’est plus question de renégocier ».

« Les grandes entreprises pétrolières ont l’habitude de négociations (de contrats) et ont des moyens financiers sans commune mesure avec les pays en voie de développement. On voulait transmettre des connaissances, afin d’aider les pays à mieux négocier leurs contrats », souligne Olivier Frémond, représentant au Gabon de la Banque mondiale (BM), qui a organisé le séminaire.

« Les négociations sont âpres et difficiles », rappelle Florent Michel Okoko, conseiller aux hydrocarbures du ministère de l’Economie du Congo-Brazzaville.

« Nous ne sommes pas dans un combat mais (…) Total ne fait pas de cadeaux et les autres pétroliers non plus. Nous devons faire en sorte que les Etats agissent de même », ajoute-t-il.

L’autre problème concerne la redistribution des surplus générés par la flambée des prix.

Pour Olivier Frémond, avec l’actuel niveau des cours, « le revenu de la rente pétrolière de ces Africains n’a jamais été aussi élevé. Et ce revenu n’était pas attendu. Donc, il y a un excédent de ressources qui offre une opportunité extraordinaire de combattre la malnutrition, les maladies et la pauvreté de manière générale ».

« Mais, on doit rester humble. Quand on regarde la manière dont la rente pétrolière a été utilisée par les pays d’Afrique subsaharienne ou d’autres pays en voie de développement, on note (…) que c’est difficile de bien l’utiliser (…). On a tendance à s’endetter de manière importante », explique le représentant de la BM.

« C’est difficile d’introduire de la bonne gouvernance dans les pays pétroliers », ajoute-t-il. « Il faut utiliser les rentes pétrolières de manière plus efficiente avec plus de transparence ».

A long terme, 1.000 milliards de dollars doivent entrer dans les caisses des Etats du golfe de Guinée d’ici à 2025, selon « des estimations raisonnables » de la Banque mondiale. « C’est une manne gigantesque », conclut M. Frémond, « et il vaudrait mieux s’en servir bien, car c’est une opportunité qui ne reviendra pas ».

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