Gabon: Les autorités multiplient l’envoi des signaux contre l’impunité

Après la mise aux arrêts, la semaine dernière, de l’ancien gouverneur de l’Estuaire et du Haut-Ogooué (sud-est), Mamadou Tsoumou, pour « association de malfaiteurs, complicité de vol à main armée et détention illégale d’armes de guerre », qui intervient à la suite des démêlées judiciaires de plusieurs autres « grosses légumes », nombre des gabonais voient là un signal fort en réponse au discours du 1er décembre dernier, prononcé par le chef de l’Etat, Omar Bongo Ondimba, qui avait ferment appelé à la fin de l’impunité en invitant la justice à faire son travail.
En effet, depuis un certain nombre d’années, des hauts cadres de l’administration publique et même des responsables politiques, chacun pour son délit et son aventure, ont séjourné dans les cellules de prison du pays, particulièrement à la centrale de Libreville communément appelée « sans famille ».

Ainsi, le 12 mai 2006, l’ex administrateur général du Fonds d’expansion et de développement de petite et moyenne entreprise gabonaise (FODEX), Jeanne Ngoleine Ossouka, avait été mise en accusation puis écroué en mai 2006 pour « faux et usage de faux en écriture publique, corruption active et détournement des deniers publics », entraînant avec elle certains de ses collaborateurs dont l’un des fils de l’ancien premier ministre, Jean-François Ntoutoume Emane, et un lieutenant-colonel de police, Mathias Betou Baneni, impliqué et mis sous mandat de dépôt pour « corruption passive ».

Ensuite, le 8 janvier 2008, le tour est venu à l’ancien ministre et actuel député RPG à l’Assemblée nationale, Alain Claude Bilié Bi Nzé, d’être arrêté et écroué pour « émission des cheques sans provisions ». Juste quelque semaine avant, mais pas pour les mêmes griefs, Hervé Fulgence Ossamy, pourtant gendre du Chef de L’Etat, administrateur directeur général de Gabon Télécom avant la privatisation cette entreprise, séjourna, à son tour, pendant un mois et deux semaines, à « sans famille » pour « malversations ».

Le 14 janvier dernier, soit juste deux jours après la fin des mandats élus locaux, l’ex maire de la commune ce Ntoum (40 km de Libreville), Hyacinthe Minko M’Essone, était également interpellé et enfermé pour, selon ce qui avait été rapporté par la presse locale, avoir détourné un véhicule administratif.

Un autre ex édile, cette fois-ci dans l’un des arrondissements de la commune de Mouila (sud), fut incarcéré en mars dernier à la maison d’arrêts de ladite commune pour « faux et usage de faux » avant d’être blanchi par la justice.
Comme pour prévenir aux uns et aux autres, la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite (CNLEI) entreprend, à travers le pays, depuis le mois de mars dernier, une mission de sensibilisation et d’information sur l’utilisation rationnelle des fonds publics destinée aux dépositaires de l’autorité de l’Etat.

On rappelle que le président de la République, Omar Bongo Ondimba, avait promis d’intensifier cette lutte contre l’impunité et avait pointé l’acuité de ce fléau qui gangrène l’administration gabonaise ainsi que le monde des affaires, en mettant la pression sur les juges coupables de laxisme dans l’application sélective de la loi. «La justice doit désormais jouer pleinement son rôle, tout son rôle, rien que son rôle et mettre fin à l’impunité », avait-il souligné.

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