Aux Etats-Unis, le débat électoral entre M.McCain et M.Obama se focalise sur la fiscalité

Selon John McCain, le futur candidat républicain à l’élection présidentielle de novembre, son adversaire démocrate, Barack Obama, augmenterait les impôts de « tous les Américains » s’il était élu. Ce dernier juge pour sa part « injuste » de comparer la politique fiscale préconisée par M. McCain à celle menée par George Bush : les propositions du sénateur de l’Arizona sont pires, selon lui.

Entre les deux prétendants, le fer est engagé sur le terrain économique. M. McCain propose de pérenniser les baisses d’impôts générales accordées sous M. Bush, d’augmenter encore celles des plus fortunés, de réduire l’imposition d’une partie des classes moyennes de 2000 dollars par an, enfin d’abaisser de 35% à 25% celle des entreprises. Il financerait le manque à gagner fiscal par une réduction du « gaspillage » public.

Plan de relance fédéral M. Obama, lui, veut un nouveau plan de relance fédéral de 50 milliards de dollars (après les 150 milliards dégagés en mai par M. Bush). Il rétablira l’imposition des revenus supérieurs à 250 000 dollars par an à son précédent niveau (de 36,5% à 39%) et taxera plus lourdement les plus-values boursières (de 15% à 28%). Ainsi pourra-t-il allouer aux salariés 1000 dollars de réduction fiscale par foyer en moyenne, réduire l’impôt des plus faibles (les retraités pauvres ne seront plus imposés) et financer l’éducation et l’assurance-santé des nécessiteux. Il souhaite aussi diminuer le déficit budgétaire.

Pourtant, crise et nécessité de convaincre les « indépendants » obligent, les deux candidats font des concessions au regard de leur « philosophie économique ». M. McCain, adversaire des dépenses publiques, a admis, mardi 10 juin, que l’Etat devait plus aider les propriétaires endettés et souhaité une augmentation des allocations chômage. M.Obama envisage de « différer » certaines de ses propositions.

Mercredi 11 juin, le Livre beige, rapport sur la conjoncture de la Réserve fédérale (Fed, banque centrale américaine), a rappelé les termes du débat : entre la hausse des prix de l’énergie et de l’agroalimentaire et un marché de l’emploi alarmant, la consommation est « coincée ». Le risque de récession n’est pas enrayé. Dette, construction au ralenti, crédit resserré, recul des investissements, pouvoir d’achat en berne, les enjeux sont multiples. Pourtant, la confrontation politique se concentre presque uniquement sur la fiscalité. « Aucun des deux candidats n’aborde la question de fond, dit Donald Grimes, professeur d’économie à l’université du Michigan à Ann Arbour. En 1980, le taux d’épargne des Américains atteignait 10%. Il est tombé à 0,5%. La faiblesse du dollar s’ajoute à une dette énorme. Mais personne ne peut se faire élire en disant : Vous devrez apprendre à vivre heureux en consommant moins et différemment . » En attendant, mauvaise nouvelle pour M. Obama, l’une des trois personnes chargées de lui trouver un colistier a démissionné mercredi. Jim Johnson, ex-PDG de Fanny Mae, premier préteur immobilier américain, est accusé d’avoir obtenu un emprunt à des conditions très avantageuses.

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