Drames de la misère dans l’indifférence

Ces images insupportables révulsent n’importe quel être humain. Mais pas les dirigeants africains. Partout sur le continent, nos chefs se sont passé le mot. Pas de commentaire. Ces drames n’existent pas.

Le Congo-Brazzaville est un exemple de ces pays africains qui livrent leurs enfants aux trafiquants qui sévissent sur les routes de la mort, entre le Maghreb et l’Europe, sans que le ministre des Affaires étrangères tente d’enrayer le phénomène. Le Congo, donc, un pays au sous-sol particulièrement riche, aux ressources humaines innombrables mais asphyxié par ses dirigeants, qui le siphonnent sans état d’âme pour enrichir leurs comptes bancaires pourtant bien garnis dans les paradis fiscaux. Brazzaville, sa capitale se noie sous les eaux, mais ses habitants crèvent de maladies engendrées par la consommation des eaux polluées. Le réseau d’eau potable hérité de la colonisation est vétuste et insuffisant aux besoins d’une population multipliée par 50 en 50 ans.

Résultat de cet immense gâchis et de ce racket par le clan au pouvoir : le pays pointe au 140ème rang sur 177 du classement mondial du développement humain ; on déplore une absence de services sanitaires de base à Brazzaville ; les pauvres meurent dans l’unique grand hôpital, encore un héritage colonial, complètement insalubre et délabré, sans médicaments, sans ascenseur, sans personnel d’entretien pour le ménage quotidien, avec un personnel soit corrompu, soit impuissant, qui se contente d’enregistrer les décès. Les dignitaires du pouvoir et les riches (ce sont les mêmes personnes en général), au moindre petit bobo ou pour une intervention chirurgicale banale sautent dans le premier avion à destination de Paris. Qui paie ? Le cochon de contribuable bien sûr. C’est-à-dire, tous ceux qui ne trouvent même pas de thermomètre au CHU de Brazzaville payent les soins et frais d’accouchement de la troisième épouse du dignitaire du pouvoir dans un hôpital parisien. C’est le système Sassou, c’est-à-dire la privatisation du Congo.

Malgré les milliards de dollars encaissés avec la vente du pétrole, la part du budget consacrée aux investissements productifs est toujours maigrelette. Tout le reste part en fumée. Pas pour tout le monde bien sûr, mais pour les Congolais, le résultat est le même : chômage de masse, misère, horizon bouché. Comment s’étonner que les jeunes n’aient pour tout espoir que l’émigration ? Ils partent tenter leur chance à l’étranger où personne ne veut d’eux. Comme l’Europe se barricade, la route de l’eldorado est devenue synonyme de la mort. A-t-on déjà entendu un Sassou, un Bongo, un Biya ou Obiang Nguéma s’en indigner ? Leurs rejetons sont multi propriétaires en Europe, possèdent des dizaines de comptes bancaires, voyagent munis d’un passeport diplomatique.

Ah ! Si tous leurs concitoyens pouvaient tous périr en mer, quel bonheur ce serait. Plus de pauvres, plus de râleurs. Tous, non, quand même pas. Il faut qu’il en reste quelques uns pour les applaudir, pour leur témoigner reconnaissance éternelle, et pour leur servir de domestiques. C’est l’Afrique de demain, celle de leurs rêves.

source: Mwinda

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