Un réseau de trafiquants de crânes et ossements humains dans la nasse

La Police judiciaire a procédé à l’arrestation, le 14 juillet à Libreville, de neuf personnes impliquées dans un trafic de crânes et ossements humains qui provenaient de la profanation de tombes au cimetière de Mindoubé. Depuis quatre ans, ces individus profanaient des sépultures au cimetière de Mindoubé à Libreville, en extrayaient des crânes et ossements qui leur rapportaient entre 100.000 et 300.000 francs Cfa l’unité.

La Police judiciaire de Libreville a mis aux arrêts, le lundi 14 juillet à Libreville, neuf personnes impliquées dans un trafic de restes humains.

A l’origine du démantèlement de ce « marché », trois personnes ont été arrêtées quelques jours auparavant en possession de plusieurs crânes et autres fragments d’ossements humains : Jean-Martin Moussavou, Olivier Judicaël Kombila alias Bambi et Eugène Moukagni.

Ceux-ci sont passé aux aveux et ont permis l’arrestation de six autres personnes qui servaient de débouché à leur business. Les receleurs, parmi lesquels figure un musicien gabonais de grande renommée, Ondeno Rebieno. Ils sont des tradi-praticiens et pour la plupart adeptes du Bwiti.

Selon Jean-Martin Moussavou, cerveau du réseau, ces ossements serviraient des supports à la pratique de certains rites. Ils seraient utilisés essentiellement pour les incantations et la préparation de potions magiques : « Ils font des initiations avec ces ossements, ils soignent les gens avec ça, ils font aussi des consultations avec… », a affirmé le profanateur de tombes.

Depuis quatre ans, Jean-Martin Moussavou et ses complices outrageaient des sépultures au cimetière de Mindoubé à Libreville et en extrayaient des crânes et ossements qui leur rapportaient entre 100.000 et 300.000 francs Cfa l’unité.

« On arrive au cimetière de Mindoubé à une heure du matin, on casse les tombes et on prend les ossements. Nous utilisons de l’huile d’amande que nous mélangeons avec des feuilles. Nous nous en frottons et cela nous permet de ne pas avoir la malchance dans le corps », a raconté J-M. Moussavou avant de déclarer : « C’est un argent maudit, on n’arrive à rien faire avec. »

La profanation des tombes est un phénomène récurrent dans les différents cimetières de Libreville et ses environs. Si bien qu’en vue de lutter contre cette pratique macabre, Alexandre Ayo Barro, le précédent maire de la capitale gabonaise, avait lancé, en août 2007, une opération de déguerpissement des populations habitants les alentours des cimetières.

Le cimetière d’Ambowé, dans le 1er arrondissement de la commune de Libreville, qui était alors l’objet d’un grand nombre de profanation avait été le premier a enregistrer ces délogements qui devaient alors s’étendrent aux autres cimetières de la commune. Sans aucun doute pensait-on alors que les profanateurs étaient des habitants du voisinage des cimetières. Il n’en est visiblement pas le cas.

Les personnes arrêtées cette semaine devront répondre, devant le parquet, de violation de sépultures, profanation de cadavres, pour les uns, et de recel d’ossements humains et de charlatanisme pour les autres, selon les dispositions de l’article 291 du code pénal.

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