UA : Jean Ping à Khartoum pour des discussions sur les accusations de la CPI

Le président de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping, est en visite au Soudan où il devrait s’entretenir avec le président Omar Hassan El-Bechir et d’autres responsables du gouvernement des questions relatives aux accusations de crimes de guerre et de génocide formulées par la Cour pénale internationale (CPI) à l’encontre du chef de l’Etat soudanais.
Le président de la Commission de l’Union africaine (UA) est depuis le 3 août à Khartoum, pour le faire le point avec les autorités soudanaises sur les accusations de la CPI à l’encontre du président soudanais.

M. Ping est accompagné de l’ambassadeur Ramtane Lamamra, le Commissaire de l’UA pour la paix et la sécurité.

Selon l’UA, les discussions seront axées sur l’application de la disposition du communiqué adopté le 21 juillet 2008 par le Conseil de paix et de sécurité de l’UA ainsi que celle de la résolution adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU le 31 juillet 2008.

L’UA a demandé au Conseil de sécurité de l’ONU de reporter à 12 mois la procédure de la CPI contre Al-Béchir. L’UA et l’ONU ont renouvelé leur mission commune au Darfour pour une période d’un an et pris des mesures pour son renforcement.

La CPI a requis le 14 juillet l’arrestation du président soudanais Omar el-Béchir pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre au Darfour, la région ouest du Soudan en proie depuis des années à une instabilité qui s’est traduite par des milliers de morts et personnes déplacées.

Loin de faire l’unanimité, surtout au sein des pays de l’UA et du monde arabe, la décision de la CPI a ravivé d’un cran la tension sur le terrain et qui est loin de retomber. Plusieurs organisations humanitaires qui travaillent au Darfour craignent pour leur sécurité.

C’est le cas de l’ONG française Médecins Sans Frontières (MSF) qui a annoncé avoir été obligée d’évacuer son personnel de Tawila et de Shangil Tobaya, dans le Nord du Darfour (Soudan), après une série de violents assauts contre son équipe. Elle laisse derrière elle 65 000 civils sans aide médicale.

Ces dernières semaines, les équipes MSF de Tawila et Shangil Tobaya ont été victimes de deux attaques identiques. Des hommes sont entrés dans la maison MSF la nuit, menaçant le personnel avec des armes à feu. Des objets de valeur et de l’argent, dont les salaires du personnel local, ont été volés.

«Suite à ces violentes attaques, nous avons été contraints de suspendre nos activités et d’évacuer toutes nos équipes de Tawila et Shangil Tobaya», explique Monica Camacho, chef de mission MSF au Darfour. «Cette décision difficile prive la population de toute assistance médicale. Mais sans un minimum de garanties quant à la sécurité et au respect du personnel humanitaire, il était impossible, pour nos équipes, de continuer à travailler »
Le conflit au Darfour, où s’affrontent forces gouvernementales appuyées par des milices arabes et mouvements rebelles, a fait jusqu’à 300.000 morts, selon l’ONU et quelque 10.000 selon Khartoum.

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