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Economie : La BM dessine les opportunités de la crise financière pour l’Afrique

A l’occasion des Assemblées annuelles de la Banque mondiale (BM) et du Fonds monétaire internationale (FMI), l’économiste en chef de l’institution bancaire internationale, Shanta Devarajan, a affirmé le 6 octobre dernier que la crise financière mondiale pourrait ouvrir des opportunités pour l’Afrique d’éliminer la pauvreté. Sur la base de la faible vulnérabilité des économies africaines à la crise mondiale et des taux de croissance exceptionnels enregistrés sur le continent, l’Afrique aurait l’opportunité de réaliser les aménagements réglementaires capable de faire levier sur la lutte contre la pauvreté.
L’économiste en chef de la Banque Mondiale pour l’Afrique, Shanta Devarajan, a tenu le 6 octobre dernier une importante communication à l’occasion des assemblées annuelles de la BM et du Fonds monétaire internationale (FMI) autour de l’impact de la crise financière sur les économies des pays en développement.

Devant la dizaine de pays francophones d’Afrique représentée lors de ces assises, l’économiste a dégagé la vision de la BM et le rôle accru qui doit être dévolu aux Africains pour saisir les nouvelles opportunités.

Rappelant l’importante réunion des institutions de Breton Woods prévue dans une semaine à Washington, l’économiste en chef de la BM pour l’Afrique a expliqué le problème actuel comme tenant essentiellement d’une mauvaise réglementation du système financier, notamment sur les marchés secondaires aux Etats-Unis et en Europe, non soumis aux mêmes règles que les fonds fiduciaires et boursiers.

Le chercheur et ancien professeur à Harvard a notamment expliqué que l’impact majeur à en attendre pour l’Afrique viendrait de la diminution des flux de l’aide au développement qui ont jusqu’ici soutenu l’investissement.

Monsieur Devarajan a indiqué que la crise survient dans une situation sans précédent, l’Afrique enregistrant pour la première fois depuis 30 ans des taux de croissance comparables à ceux des autres pays en développement, hormis la Chine et l’Inde.

Selon l’orateur, ce contexte offre l’opportunité de réduire, voire d’éliminer la pauvreté, eu égard que l’impact limité sur l’économie du continent en raison des règles prudentielles des banques africaines qui impliquent que la plupart des prêts restent dans leurs bilans alors que les marchés secondaires y sont très étroits.

Outre le risque de voir une chute des flux de capitaux au regard de l’impact de la crise sur les économies des donateurs traditionnels, Devarajan a également évoqué les effets liés à l’accroissement de l’inflation sur les denrées alimentaires et à la baisse de la compétitivité pour ceux de la zone Franc à cause de la parité fixe avec l’euro qui s’est déprécié de 20 à 30%.

Les questions ont principalement abordé l’impact de la récession annoncée sur les prix des produits primaires, comme le cacao de la Côte-d’Ivoire, sur le secteur textile, qui bénéficie de l’Agoa, sur les politiques d’ajustement structurel et le paradigme libéral ou sur l’éventualité d’un plan Marshall pour l’Afrique compte tenu des injections de fonds pour sauver les banques aux Etats-Unis et en Europe.

Le conférencier a estimé à cet effet que la Banque Mondiale avait préparé depuis 2 ou 3 ans certains pays, comme le Gabon, aux crises en général, grâce à la promotion d’une diversification des sources d’investissement et de financement du développement.
Sur la question des ajustements structurels, monsieur Devarajan a expliqué que les taux de croissance actuels qui tournent autour de 6,5 % ont été réalisés en partie grâce à la restauration des équilibres macroéconomiques, même si d’autres facteurs entrent en jeu et sont pris en compte, comme l’éducation, la santé et les infrastructures.

Au chapitre de la récession, le conférencier a maintenu que son impact dépendrait de la réaction des pays donateurs à la crise avec un accent mis sur le maintien des engagements de Gleeneagle. Il a par ailleurs rappelé qu’il n’y avait pas de commune mesure entre les 20 milliards de dollars d’aide à l’Afrique et les 700 milliards injectés pour soutenir les banques ou les 10 milliards que coûte chaque année la guerre en Irak. Sur les prix des produits primaires, avec une baisse prévue du baril de pétrole, seuls les pays à parité fixe en pâtiraient sérieusement.

source: le soleil

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