A l’instar de la communauté internationale, le Gabon a célébré le 10 octobre dernier la journée mondiale de la santé mentale, organisée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) axée cette année sur les moyens de «faire de la santé mentale une priorité».

Le ministre délégué à la Santé, Jean Marie Koumba Souvi, le représentant de l’OMS au Gabon, docteur André Ndikuyeze, ainsi que les représentants des organismes et associations spécialisées étaient réunis pour l’occasion à l’hôpital psychiatrique de Melen, dans la périphérie nord est de la capitale, avec les responsables et le personnel soignant de l’établissement.

Les chiffres rendus publics par l’OMS à cette occasion révèlent que près de 12% de la population mondiale, soit environ 450 millions de personnes, seraient touchés par des troubles mentaux. Estimé à 975 en 2003 au Gabon, le nombre de malades pris en charge par l’hôpital psychiatrique de Melen a atteint 2361 en 2007, touchant principalement des adultes âgés de 20 à 30 ans.

Les capacités de l’établissement sont devenues largement insuffisantes, malgré les travaux initiés pour l’augmentation des capacités d’accueil de 40 à 110 places et le recrutement de nombreux psychiatres.

Face au manque de place et de personnel soignant spécialisé, les malades internés parviendraient régulièrement à tromper la vigilance de l’unique gardien de la structure.
«Nous adressons une demande au gouvernement afin qu’il nous aide à établir un partenariat avec les services compétents qui s’occupent de la sécurité publique», a appelé le directeur de l’hôpital psychiatrique de Melen, le docteur Frédéric Mbungu Mabiala.

Le ministre délégué à la Santé, Jean Marie Koumba Souvi, a exhorté à une action collective «afin que les gouvernants mais aussi les familles et chacun au sein de nos communautés puisse se sentir concerné et se mobiliser dans un élan de civisme et de solidarité pour plus de sensibilisation et de responsabilité, en vue de prévenir les troubles mentaux et assurer à nos malades souffrant de ces affections, un encadrement propice à leur guérison».
Pour le représentant de l’OMS au Gabon, le docteur Ndikuyeze, «les données sont formelles ailleurs comme elles l’étaient déjà selon la vision de la médecine traditionnelle africaine : il ne peut y avoir de santé mentale. Nous devons faire en sorte de ne pas perdre cette avance prise au départ dans la conception d’une santé globale qui devrait susciter des soins complets».

Le gouvernement avait adopté le 31 juillet dernier un programme visant l’amélioration de la qualité de vie des populations en encourageant des modes de vies sains et en initiant des actions visant à prévenir et à maîtriser les troubles mentaux, neurologiques et psychosociaux des populations.

La ministre de la Santé, Angélique Ngoma, avait alors annoncé la prise de mesures idoines pour l’amélioration des conditions d’accueil dans le Centre des malades mentaux de l’hôpital de Melen.

Le gouvernement avait également planifié l’élaboration et l’adoption d’ici mars 2009 du document de politique nationale de santé mentale et d’actualisation de son cadre juridique, pour lequel une commission ad hoc interministérielle avait été mise en place et présidée par le vice premier ministre en charge de la Culture, Paul Mba Abessole.

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