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Cameroun : Le brouillard s’épaissit sur les otages de Bakassi

Alors que Yaoundé affirmait le 4 novembre que «tout est mis en œuvre» pour préserver la vie des otages, le porte-parole des ravisseurs aurait annoncé la mort d’un des otages lors d’une opération de sauvetage tentée par l’armée camerounaise. Le gouvernement camerounais avait émis des réserves le 2 novembre dernier sur l’identité et les motivations des ravisseurs, dont le leader conditionne toujours la libération des otages à l’ouverture des négociations avec Yaoundé. La pression internationale monte sur Yaoundé, où le brouillard s’épaissit sur la situation des 10 otages, dont six français, aux mains des pirates depuis le 31 octobre.

Le ministre camerounais des Relations extérieures, Henri Eyebe Ayissi, a réaffirmé le 4 novembre que «tout est mis en œuvre et tout continuera d’être mis en oeuvre pour préserver la vie des otages, identifier les ravisseurs et veiller au respect de la liberté d’aller et venir en liaison avec les différentes parties concernées et en comptant sur la collaboration de tous».

«Notre souhait commun est de parvenir (…) à un dénouement rapide et heureux de cette situation regrettable qui affecte de façon indéniable la vie des familles des otages et induit un sentiment diffus d’insécurité contre lequel le gouvernement continuera de lutter», a poursuivi le chef de la diplomatie camerounaise.

Selon le porte parole des ravisseurs, un des dix otages aurait été tué lors d’une tentative de libération menée par l’armée camerounaise.

«J’ai reçu des informations de mes hommes qui disent avoir été attaqués par des soldats camerounais et durant cette attaque, les soldats ont tué un des otages», a confirmé par téléphone le commandant Ebi Dari, chef du Conseil de défense et de sécurité du Delta du Niger.

«Si le gouvernement camerounais pense qu’il peut s’entendre avec le Nigeria et libérer les otages par la force, il commet une très lourde erreur. Et le monde ne devrait pas s’étonner si tous les otages se faisaient tuer», aurait poursuivi Ebi Dari, alors que la nationalité de la victime n’aurait pas pu être révélée.

Du côté de la diplomatie française, la secrétaire d’Etat française aux Affaires étrangères et aux Droits de l’homme, Rama Yade, avait affirmé le 3 novembre être en contact téléphonique régulier avec le ministre camerounais des Relations extérieures, Henri Eyebe Ayissi, pour accélérer la libération des otages et un Centre de crise a été mis en place en France.

Certains milieux proches du pouvoir à Yaoundé estiment que cette prise d’otage serait «une manipulation de la France qui fait pression sur le Cameroun au sujet du paiement trafiqué à Green Tree, des arriérés du groupe Total au Cameroun».

Le 2 novembre dernier, le gouvernement camerounais avait publié un communiqué de presse à travers lequel il émettait des doutes sur l’identité et les motivations des ravisseurs des dix employés de Total enlevés à Bakassi le 31 octobre dernier.

De sources concordantes, le gouvernement camerounais aurait estimé que les ravisseurs étaient des trafiquants et des bandits de grand chemin.

«L’existence médiatique de ce fameux groupe des Bakassi Freedom Fighters (BFF) est avérée mais il faut maintenant vérifier son existence réelle et savoir ce qui se cache derrière: S’agit-il, par exemple, d’un groupe de trafiquants’» avait déclaré un proche collaborateur du chef de l’Etat camerounais.

Selon le chef de la diplomatie camerounaise, le président Paul Biya aurait assuré les familles des otages «de sa détermination personnelle face à cette crise qui représente assurément une redoutable épreuve au plan humain et socio politique».

Le gouvernement a déjà limogé deux hauts fonctionnaires militaires le 1er novembre dernier chargés de la sécurité dans cette région de fortes tensions.

Les ravisseurs avaient menacé dans un premier temps de les exécuter avant de revenir sur leur ultimatum, expliquant n’avoir «aucun problème avec la France». Ils n’ont pas clairement exprimé leurs revendications, exigeant simplement d’être reçus par le gouvernement camerounais.

Dix membres d’équipage, dont six français, un tunisien, un sénégalais et deux camerounais d’un navire du groupe français Bourbon, travaillant pour Total et opérant sur un terminal pétrolier dans les eaux territoriales camerounaises au large de Bakassi, avaient été pris en otage dans la nuit du 31 octobre.

Les Bakassi Freedom Fighters déclarent lutter pour l’émancipation de Bakassi, une presqu’île potentiellement riche en pétrole et en gaz située à la frontière du Nigeria, qui a été pendant 15 ans l’objet d’un différend frontalier entre les deux pays et a été officiellement rétrocédée au Cameroun par le Nigeria le 14 août dernier.

L’annonce de la mort d’un des otages sème le doute sur la maîtrise de la situation par les autorités de Yaoundé et pourrait pousser la France à prendre les choses en mains pour éclaircir la situation.

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