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Gabon : Le CAMES veut concilier médecine traditionnelle et moderne

Libreville abrite depuis le 1er décembre les travaux du 15e Colloque international sur la pharmacopée et la médecine traditionnelle africaine qui doivent permettre de baliser le renforcement du partenariat entre la médecine moderne et traditionnelle sur le continent. Organisé par le Conseil africain et malgache de l’enseignement supérieur (CAMES) et le département gabonais de la Recherche scientifique, ce colloque de quatre jours devrait permettre aux chercheurs de l’espace CAMES de présenter le fruit de leurs recherches pour l’incorporation de la médecine traditionnelle dans le système de santé moderne. Treize des dix sept pays du Conseil africain et malgache de l’enseignement supérieur (CAMES) sont présents à Libreville depuis le 1er décembre dernier pour le 15e Colloque international sur la pharmacopée et la médecine traditionnelle africaine, organisé en partenariat avec le département gabonais de la Recherche scientifique.

Les travaux scientifiques ont démarré dans l’après midi au siège de l’Institut de pharmacopée et de médecine traditionnelle à Libreville. Trois communications ont ponctué la première journée, celles du Burkina Faso, de la Côte-d’ivoire et celle du Gabon.

Le ministre de la Recherche scientifique, Albert Ondo Ossa a expliqué que le coût des produits pharmaceutiques est souvent trop élevé pour la plupart des populations, déplorant qu’«à cela s’ajoutent l’éloignement et la vétusté des structures sanitaires et la précarité des infrastructures de transports (…) Au point que nos populations n’ont d’autres recours que les bonnes vieilles plantes et autres décoctions de la médecine traditionnelle», a expliqué le ministre.

Il s’agit «de donner l’opportunité aux chercheurs africains des Etats membres du Conseil africain et malgache de l’enseignement supérieur (CAMES), de livrer les résultats de leurs recherches scientifique, de faire partager leurs expériences, de partager les résultats de nos travaux avec les tradipraticiens», a expliqué le professeur de la faculté de médecine de Libreville, Blandine Akendengué.

«Nos travaux en laboratoire démarrent par des enquêtes ethnobotaniques et ethno pharmacologiques. Ce sont des enquêtes que nous conduisons auprès des populations qui sont les détenteurs du savoir faire et du savoir en matière de médecine traditionnelle, mais surtout en nous rapprochant des tradipraticiens qui depuis des millénaires détiennent ce savoir qui est transmis oralement et par écrit de génération en génération selon la définition de l’Organisation Mondiale de la Santé», a-t-elle poursuivi.

«Le réseau d’Afrique de l’ouest chargé de la valorisation des plantes et des médicaments traditionnels antipaludiques ainsi que le réseau d’Afrique centrale pour la valorisation et la production des médicaments traditionnels améliorées, devront résoudre les problèmes de l’hypertension artérielle, mais également des autres maladies métaboliques telles que le diabète», a précisé le professeur Akendengué.

Trois réseaux thématiques ont été mis en place au sein de l’espace CAMES pour coordonner des recherches sur le paludisme, les maladies métaboliques et les maladies diarrhéiques. Parallèlement, chaque laboratoire travaille sur différentes pathologies, comme la faculté de médecine de Libreville qui approfondi des études sur les plantes antiparasitaires.

Blandine Akendengué a enfin ajouté que les chercheurs de l’espace CAMES se sont également «intéressés aux plantes antivirales», dans l’espoir de pouvoir «proposer à la communauté internationale un médicament traditionnel qui pourrait guérir le Sida».

«Ce 15e colloque est une autre occasion pour les scientifiques d’Afrique et du monde, ainsi que tous les nombreux Tradithérapeutes de réfléchir ensemble et d’ouvrir de nouvelles perspectives sur les possibilités qu’offre notre biodiversité pour le traitement des pathologies de plus en plus nombreuses et complexes», a conclu le secrétaire général du Centre national de la recherche scientifique et de technologie (CENAREST), Franck Daniel Idiata.

Le CAMES a établit un programme d’action depuis 1974 visant à promouvoir la pharmacopée et la médecine traditionnelle africaine à travers l’établissement d’une relation étroite entre les hôpitaux modernes et les structures traditionnelles ; l’intégration des tradipraticiens dans les hôpitaux ainsi que la promotion et la canalisation des efforts des chercheurs et tradipraticiens dans la valorisation de la pharmacopée.

Les travaux devraient se poursuivre jusqu’au 4 décembre prochain et seront clos à l’Immeuble Arambo où s’est déroulée la cérémonie d’ouverture.

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