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Gabon, des partenaires emprisonnés

Des partenaires gabonais de la plateforme internationale Publiez ce que vous payez, dont le Secours Catholique est le représentant français, ont été emprisonnés fin décembre 2008. Le fait que ces représentants de la société civile dénonce inlassablement la corruption du régime gabonais n’est sans doute pas étranger à ces arrestations. Le Secours Catholique demande leur libération immédiate.

Après les démêlés judiciaires de partenaires congolais de la plateforme Publiez ce que vous payez (PCQVP), coalition internationale pour la transparence des industries minières, gazières et pétrolières, c’est au tour de plusieurs membres de cette coalition d’être la cible du pouvoir en place au Gabon. Marc Ona Essangi et Georges Mpaga, ainsi qu’un fonctionnaire, Grégory Ngoua Mintsa et deux journalistes, Gaston Asseko, directeur de la radio chrétienne radio Sainte-Marie, et Dieudonné Koungou, ont été inculpés mercredi 7 janvier dans la soirée de « détention d’un document en vue de sa diffusion dans un but de propagande » et de « propagande orale ou écrite en vue de l’incitation à la révolte contre les autorités de l’État ». Les deux premiers font partie de la coalition dont le Secours Catholique est membre. Dieudonné Koungou a été remis en liberté provisoire mais les autres ont été écroués à la maison d’arrêt de Libreville. « Cette arrestation fait suite à des mois de harcèlement contre des militants de la société civile qui se sont élevés contre la mauvaise gestion des fonds publics dans ce pays africain riche en pétrole, indique Publiez de ce que vous payez. Grégory Ngoua Mintsa est partie civile dans une plainte récente portant sur les conditions dans lesquelles un très important patrimoine immobilier et mobilier de trois présidents africains, dont le Président gabonais, a été acquis en France. »

Pour Michel Roy, directeur du Plaidoyer international au Secours Catholique « le pouvoir gabonais a voulu mettre l’accent sur une lettre ouverte émanant d’un opposant résidant en France et dénonçant les malversations du régime pour ne pas parler de la plainte ouverte en France sur les biens mal acquis d’Omar Bongo ». Par ailleurs, le procureur qui a inculpé ces cinq personnes fait également l’objet d’une plainte pour enrichissement illicite à la suite de la publication d’extrait bancaire faisant état de grandes quantités d’entrée et sortie d’argent. La plainte a été déposé entre autres par Marc Ona qui se retrouve aujourd’hui derrière les barreaux.

Enfin, le Gabon en tant que membre de l’Initiative de transparence des industries extractives (ITIE), s’est engagé à un dialogue constructif et respectueux avec la société civile. Ces agissements constituent une entrave intolérable à l’indépendance de la société civile qui va demander une prise de position de la part du Conseil de l’ITIE qui se réunira le 16 février à Doha. Pour Radhika Sarin, Coordinatrice internationale de PCQVP, « le comportement des autorités gabonaises est incompatible avec les principes de l’ITIE et remet en cause son rôle clé au sein du Conseil de l’ITIE. Les gouvernements, et en particulier le Royaume-Uni à titre de membre fondateur, ainsi que toutes les institutions qui soutiennent l’ITIE devraient condamner ces arrestations s’ils souhaitent préserver la crédibilité de l’initiative. » La Plateforme et le Secours Catholique appellent à la libération immédiate des cinq prévenus et au retrait de l’ensemble des charges à leur encontre.

Stéphane Fernandez

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