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Gabon : Le gouvernement coupe les vivres aux grévistes

Le gouvernement a rendu public le 17 février dernier un communiqué faisant état de la dégradation du climat social au sein du service public, paralysé par des grèves des agents dans plusieurs secteurs. Le gouvernement a rappelé l’obligation pour les grévistes d’observer un service minimum, de surcroît dans le secteur sensible de la santé, et de laisser les non-grévistes accéder à leur lieu de travail. Brandissant les nombreuses concessions accordées par le gouvernement depuis le début des négociations avec les centrales syndicales des différents secteurs en grève, le gouvernement a décidé de priver de salaires les agents grévistes et de mettre en place un dispositif sécuritaire visant à permettre aux non-grévistes d’assurer leurs fonctions. Dans le communiqué publié in extenso, le gouvernement explique ses positions face à la crise du secteur public et aux bras de fer engagés avec les syndicats des différents secteurs concernés. «Les agents de l’Etat ont pris la liberté ces temps derniers d’interrompre abusivement le fonctionnement du service public en mettant en avant l’usage du droit de grève.
Le droit de grève est consacré dans l’administration publique par la loi n° 18/92 du 18 mai 1993 fixant les conditions de constitution et de fonctionnement des organisations syndicales des agents de l’Etat.

Le gouvernement tient à rappeler certaines dispositions de cette loi concernant l’exercice du droit de grève, il s’agit notamment des articles ci après:

Article 22 : lorsqu’une grève est déclenchée un service minimum doit être mis en place par le ou les syndicats des agents de l’Etat concernés.

Article 24 : les agents en grève doivent respecter le principe de la liberté du travail, ils ne doivent en aucun cas empêcher l’accès aux lieux de travail des personnels non-grévistes et de ceux chargés d’assurer le service minimum.

Article 25 : les journées de grève ne sont pas rémunérées. Seuls sont versés aux agents en grève en prestations familiales, les suppléments pour charge de famille et l’aide au logement.

Article 26 : la responsabilité de l’organisation ou des organisations syndicales, des membres des bureaux des syndicats ainsi que des grévistes est engagée en cas de débordement du mouvement.

Le gouvernement constate que les syndicats du secteur public violent délibérément ces dispositions légales.

En effet dans les différentes administrations en grève on observe entre autres l’absence du service minimum, la prise en otage des édifices publics par des barricades, la violation des droits fondamentaux tels que le droit au travail ou à la santé, etc.

S’agissant des cas particuliers de la grève des agents des services de santé, il est à noter que l’absence du service minimum est à l’origine de nombreux décès que l’on aurait pu éviter.
Dès le début de cette grève, le ministre de tutelle a rencontré à cinq reprises les syndicalistes, aux fins de rechercher des solutions de sortie de crise.
Le Premier ministre, à son tour, a reçu à trois reprises pour les écouter les bureaux des syndicats de la Santé et s’est personnellement rendu au Centre hospitalier de Libreville, pour rappeler une fois de plus l’obligation de respecter le service minimum, surtout dans ce secteur très sensible.

Bien auparavant, et sur un plan général, le gouvernement, sur instruction de Son Excellence El Hadj Omar Bongo Ondimba, président de la République, chef de l’Etat, a consenti, nonobstant un contexte économique difficile, des efforts importants pour l’amélioration des conditions de vie des agents publics, à savoir : le relèvement du point d’indice, l’augmentation du SMIG de 44 000 F.CFA à 80 000 F.CFA.

Récemment encore, en réponse à la forte demande sociale, le gouvernement a accordé aux agents publics l’augmentation de la prime de transport de 17 000 F.CFA à 35 000 F.CFA, soit un accroissement de plus de 100% , le relèvement de la prime de rentrée scolaire de 25 000 F.CFA à 62 500 F.CFA par en enfant de 6 à 16 ans et par an, soit une augmentation de plus de 150%.

Au plan sectoriel, le gouvernement a octroyé en application des instructions de monsieur le Président de la République, une prime d’incitation à la fonction enseignante aux agents du secteur Education.

De même dans le secteur Santé, le gouvernement a procédé à la revalorisation le 26 janvier 2009 de la prime de logement. S’agissant des agents de la Fonction publique, l’Etat vient de mettre à leur disposition deux bus de transport du personnel d’une capacité de 32 places chacun.

Au-delà de ces efforts, le gouvernement reste à l’écoute des partenaires sociaux conformément à l’esprit de dialogue instauré et sans cesse développé par le chef de l’Etat.
Toutefois, face à l’obstination de certains agents publics grévistes à ne pas assurer le service minimum, plus particulièrement dans le secteur santé, le gouvernement ne pouvant laisser perdurer cette situation déplorable, décide ce qui suit :

En application des dispositions de l’article 25 de la loi 18/92 citée plus haut, le solde des agents des ministères de la Santé et de la Fonction publique sera mis en bons de caisse à compter du mois de février 2009.

Seuls les agents présents à leur poste de travail pourront retirer leur bonsde caisse auprès de leur administrationsrespective. A cet effet, les contrôles de présence seront effectués dans les différents services.

Par ailleurs, pour permettre aux agents non-grévistes d’accéder librement à leurs lieux de travail, des dispositions de sécurité sont prises par les forces de l’ordre».

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