Les signes du temps: Les Gabonais savent-ils les lire? Message au peuple et aux intellectuels

Même chez les peuples les plus primitifs de l’histoire, il a toujours existé la notion de « signes du temps ». Mais, aussi primitifs soient-ils, les peuples, sociétés et/ou nations qui ont pu évoluer sont ceux qui ont eu la capacité de reconnaître, puis d’apprivoiser, dans le temps et dans les événements, les impératifs de changement, de transformation et de mutation que leur dictaient de manière quasi organique leur système social, culturel et/ou politique, finissant même par dominer ceux qui ont failli à cette noble tâche de transformation.  Comment se fait-il que les Gabonais, pour des raisons inexplicables, n’aient jamais su lire les signes du temps ? Comment se fait-il que, après tous les signes venus non seulement du Gabon depuis 1990, mais aussi de France depuis que Nicolas Sarkozy est au pouvoir, que les Gabonais en soient encore restés à se poser des questions immobilistes sur la destinée de leur pays ? Que veulent encore les Gabonais, et qu’attendent-ils pour comprendre tous ces signes qui leur commandent d’affirmer et de revendiquer, enfin, leur sentiment national et leur souveraineté citoyenne ?

Pour emprunter la vision de l’illustre avocat R. Badinter, serviteur de la justice française, que l’on nous permette de rappeler que, dans la démocratie, chaque citoyen voit dans la justice le lieu privilégié où le respect de la loi, fondement de l’Etat de droit, est assuré ; c’est un lieu où, quelles que soient les circonstances, la fonction ou le statut du coupable, toute personne reconnue criminelle doit répondre de son acte sans qu’aucune considération arbitraire ni passion ne puisse dévoyer les prononcements du juge. 

C’est ainsi que la France, face aux exactions d’Omar Bongo au Gabon et à l’étranger, vient, dans l’affaire René Cardona qui a, depuis Bordeaux, mené au blocage des comptes  bancaires du dictateur kleptocrate du Gabon, de démontrer aux yeux des Gabonais avides d’espoir la force et les bienfaits de la loi dans un Etat de droit.

C’est un signe.  Pour le Gabon, pour les Gabonais et, donc, pour les relations Franco – Gabonaises.

Mais comment se fait-il que les Gabonais se refusent encore à le lire ? Et comment se fait-il qu’ils se soient également refusés à lire tous ceux qui l’ont précédé ?

– Après le discours objectif de Sarkozy sur les rapports franco-africains,

– Après moult dénonciations, ces dernières années, par les médias français enfin libérés, des nantis et des manœuvres obscures de la Françafrique agonisante,

– Après l’exposition de plus en plus débridée sur la place publique française des exactions du régime bongoïste (affaire des Biens Mal Acquis et autres),  et ce dans une France longtemps restée, sous les régimes Mitterrand et Chirac, frigide sur les affaires Bongo,

– Après bien d’autres signes qui ont eu tendance à démontrer que cette nouvelle France, cette France incomprise de Nicolas Sarkozy, avait commencé à faire dire la vérité sur la place publique et médiatique internationale sur les crimes et abus d’Omar Bongo qui se retrouve, plus que jamais, exposé dans sa compromission de la dignité de l’état gabonais et de tout son peuple,

Où sont tous ces Gabonais qui fustigent tant la France sur les forums Internet et les bars de quartiers ?                                  

Où sont les Gabonais qui, devant leur propre immaturité et leur incapacité à assumer leur destinée, continuent à accuser la France de pérenniser le pouvoir d’Omar Bongo au Gabon ?     

Où sont les Gabonais qui, bouches bien pleines, ventres repus et têtes bien grosses, se targuent de dire, sans rien faire ni tenter, que la France est responsable de la débâcle du Gabon à cause de son soutien à Omar Bongo ? Et même si cela était, en partie, vrai, pourquoi abandonner la destinée de son pays au bon vouloir des autres ?

Combien de signes cette France doit-elle, pourtant, donner aux Gabonais pour qu’ils comprennent LE SIGNAL qui leur dit si clairement que ce ne sera ni à la France, ni aux Martiens de venir au Gabon chasser Bongo du pouvoir, mais les Gabonais  eux-mêmes, et que cette France qui libère enfin sa loi accueillerait favorablement une reprise en mains du Gabon par les Gabonais eux-mêmes ? Combien de signes faut-il aux Gabonais pour comprendre que le moment est arrivé, que les signes du temps sont là ?

Quant à l’intellectuel qui est fait pour réfléchir et éveiller les consciences par la vulgarisation des droits fondamentaux du citoyen qui, seuls, peuvent accommoder la vie en société, comment se fait-il qu’il ait fait le choix d’abdiquer son libre arbitre et de se soumettre avec autant d’abandon et de prostitution au régime Bongo ?

Faudra-t-il, au préalable, que le Gabon meure devant les yeux éteints de nos intellectuels pour que s’éveille enfin en eux la fibre qui aurait dû, depuis plusieurs années déjà,  faire d’eux une élite civique et patriote consciente de ses responsabilités citoyennes ?

L’intellectuel gabonais souffre-t-il d’indolence mentale ?  L’intellectuel gabonais a-t-il vraiment viré sa cuti psychique ?

Où est passé l’intellectuel gabonais qui, après s’être enorgueilli de diplômes et de théories universitaires pompeuses, brille par sa léthargie la plus absolue devant les questions fondamentales qui remettent en cause la psychologie et la crédibilité de l’autorité suprême des institutions tronquées de l’état gabonais ?

Où sont-ils, tous ces Gabonais brillantissimes diplômés de la Sorbonne et des autres institutions de formation en droit et blablabla et blablabla? Où se cachent-ils ? Serions-nous devant une débilité collective de la classe intellectuelle gabonaise, surtout cette classe diasporique qui, d’échappatoires en échappatoires, de compromissions en compromissions, de faux semblants en faux semblants et de renoncements en renoncements, s’est fait complice de la mort de son propre pays ?

Depuis que l’incompétence et l’idiotie règnent en maître au Gabon, toutes les incohérences et anomalies diagnostiquées dans notre pays depuis 1967 ont toujours référé au fait que les héritiers du Gaullisme protégeaient mordicus le petit-fils de Makoko, nous avons nommé El Hadj Albert Bernard Bongo Ondimba. Pour cacher nos propres renoncements et incohérences, nous nous sommes souvent réfugiés derrière cette excuse pour justifier nos abandons. Or, voici aujourd’hui un état, le Gabon, qui dispose d’institutions, certes démocratiques dans les textes, mais qui ne peut rien en faire à cause d’une caste d’hommes et de femmes pour qui la loi et ses injonctions ne veulent rien dire, une caste d’hommes et de femmes qui, de surcroît, ont fait perdre au peuple et à ses représentants politiques la culture et l’esprit des valeurs qui découlent de la loi et de l’état de droit.

Quand un chef d’état n’a jamais été élu démocratiquement, il inscrit naturellement son pouvoir dans la logique du DROIT ABUSE, donc de l’ARBITRAIRE. Dans ce contexte, il ignore la signification du suffrage universel qui érige un pouvoir dans la logique du DEVOIR et de la LEGITIMITE. 

Omar Bongo vient encore de prouver avec l’affaire René Cardona que son régime n’a guère de principes basés sur le fondement de l’état de droit. Son pays fonctionne selon ses lubies et selon ses pulsions primitives. Omar Bongo et sa famille peuvent se permettre de jeter en prison n’importe quel individu, même quand cet individu est respectueux des lois de son pays. Bongo et ses familles biologiques et politiques incarnent bien le prototype d’un « Parrain » et ses soldats. Il a, au Gabon, suspendu la République car la suspension de la République est traditionnelle chez les dictateurs qui, comme Omar Bongo, font une entorse fatale aux lois et aux institutions.

Pourtant, dès lors qu’il y a un écart important et non justifié entre les revenus d’un citoyen et son patrimoine sur le territoire de son pays ou à l’étranger, la loi, quand elle existe et qu’elle jouit de la démocratie, a le devoir de présumer un enrichissement illicite contre ce citoyen, fut-il chef de l’état. Elle a alors le devoir d’instruire cette incohérence en justice car il y a, tout simplement, présomption d’enrichissement illicite. S’il n’y avait donc pas carence dans la psychologie des intellectuels gabonais où qu’ils soient, tous les procès intentés contre Omar Bongo et sa famille auraient pu être instruits depuis le Gabon ou depuis la France et par les Gabonais eux-mêmes si la démocratie ou le courage était une valeur vraiment instituée dans leur psychologie.

Il est souvent trop facile d’accuser la France devant les maux dont souffrent les Gabonais eux-mêmes, en premier le mal du renoncement qui fait qu’ils se bercent trop souvent du fantasme de voir un jour quelqu’un d’autre venir les libérer de la dictature qu’ils ont eux-mêmes laissé perdurer de par leurs propres couardises. Dans ce cas, la France est un bouc émissaire très facilement trouvé par nos compatriotes aux épaules affaissées, quand ils ne se retournent pas tout simplement contre leurs propres compatriotes qui essaient de les pousser à l’action commune en vue d’un changement immédiat. Et quand il s’agit d’analyser objectivement les réalités au sein de la communauté gabonaise, nous nous abstenons de reconnaître nos insuffisances en matière de courage et de maturité devant des questions qui, pourtant, nous interpellent directement sur nos droits et sur nos devoirs citoyens.

C’est ainsi que, même en la présence de signes et de signaux qui ne trompent pas, les Gabonais, intellectuels et autres, préfèrent se perdre dans des débats de quartier sans fin, tout en évitant de regarder la réalité en face et d’affronter directement Omar Bongo lui-même.

Mais, que veulent finalement les Gabonais ? Veulent-ils qu’on leur donne le beurre, l’argent du beurre et la crémière avec ? Ne comprennent-ils pas le langage subtil que la nouvelle classe politique française leur parle et qui les appelle à s’affranchir eux-mêmes non seulement de leurs propres tares et couardises, mais aussi de leurs propres dictats ?  Les Gabonais sont-ils vraiment matures ou sont-ils encore accrochés au sein de leur mère, c’est-à-dire sous tutelle de l’autorité parentale ? 

Les Gabonais de la diaspora, oui, ceux-là mêmes, ont-ils réellement franchi leur adolescence, étape qui permet à tout être humain équilibré « physiquement » et « psychiquement » de s’affirmer dans la société, ou se bercent-ils encore d’une illusion  restée prénatale ?

Où sont passés les Gabonais qui, depuis 1990, année qui aurait dû permettre au Gabon d’exciser la verrue du bongoïsme, ruminent encore et toujours la fin de ce règne nocif d’Omar Bongo qui n’en finit pas ?

Bongo a déjà tout commis comme crimes contre l’état gabonais et contre son peuple tout entier, mais les Gabonais, même parmi les intellectuels, trouvent encore des excuses à son règne infâme. Du coup, l’opinion internationale en général et française en particulier reste abasourdie devant l’absence totale et dramatique d’affirmation intellectuelle et patriote, surtout au sein de la communauté gabonaise en France où ces exactions font pourtant la une des journaux ?

Puisqu’ils attendent TOUT de la France, ces Gabonais ô combien intelligentissimes qui se plaignent de la France à longueur de journée viendront-ils encore se plaindre si, devant leurs propres apathies, l’espace qu’ils auraient dû occuper en chassant Omar Bongo et son régime du pouvoir se retrouvait comblé, de nouveau, par la France faute de Gabonais engagés ? Que diront-ils quand la France, faute de trouver des Gabonais engagés, substituera à Omar Bongo un autre transfuge des mécanismes occultes de cette Françafrique que les Gabonais ne cessent de fustiger bras croisés et bière à la bouche, vu que la nature a horreur du vide ?

Les signes sont là, mais les Gabonais se refusent à les voir. Ils préfèrent faire de leurs compatriotes qui essaient de s’affirmer leurs ennemis. Ils préfèrent détruire, par jalousie et irresponsabilité, ceux parmi eux qui, bravant les « interdits » et le découragement, essaient contre vents et marrées de dire, « Bongo doit partir ».  Du coup, Bongo se met à dormir tranquille d’un autre sommeil de 10 ans, parce que les Gabonais n’ont rien compris et ne veulent rien comprendre.

Dans la loi, on parle souvent de réplique proportionnelle. Omar Bongo et ses complices devraient subir, en terme de droit, l’équivalent de l’affront qu’ils font endurer aux Gabonais depuis 41 ans, sauf qu’un vrai cas de conscience se pose à l’examen du comportement des Gabonais de la diaspora, et dans une moindre mesure ceux du Gabon qui, eux, ont au moins l’excuse de vivre de plein fouet le dictat économique et politique du régime Bongo. Car les Gabonais qui partent de leur pays natal pour trouver ailleurs respect, dignité et liberté à leur vie semblent ne tirer aucune leçon de leur expatriation. Ils ne comprennent pas que c’est à cause du régime Bongo et de ses échecs qu’ils choisissent très souvent de rester en France, en Belgique, au Canada, en Allemagne, aux USA, etc., car, dans leur subconscient, ils se refusent à retourner vivre l’enfer du Gabon tel qu’Omar Bongo et ses sbires l’ont érigé. 

Mais, paradoxalement, ce sont ces mêmes  « exilés » qui, comme des esclaves, sont les premiers à soutenir Omar Bongo dans toutes ses malversations institutionnelles et à chaque élection. Ils sont ainsi comme une proie qui entretient son prédateur.  En termes psychiatriques tel que l’avait décrit l’Américain F. Ochberg, on parle du syndrome de Stockholm. Les Gabonais de la diaspora dénotent d’une mentalité qui découle d’une maltraitance mentale et physique de leurs vies par Omar Bongo depuis bientôt 42 ans. Les intellectuels gabonais ont réussi à développer une empathie pour ceux-là mêmes qui tiennent en otage leurs vies et celles de leurs enfants. La théorie du racisme ou de la responsabilité de la France dans la pérennisation du régime de Bongo au Gabon devient, dans ce contexte, un vrai fantasme, c’est-à-dire un bon prétexte quand on est incapable d’assumer et de revendiquer soi-même auprès de la dictature gabonaise ses droits les plus absolus.

Pourtant, faire tomber une dictature n’est pas sorcier. Cela tient tout simplement de toutes sortes de manœuvres et de revendications citoyennes, même celles qui paraissent les plus banales. Le plus important, dans ce cas, c’est la foi en soi-même et aux institutions qui garantissent les droits citoyens dans un état de droit, pourvu qu’on ait le courage d’aller revendiquer ouvertement ces droits là où ils sont bafoués. Or, face à la revendication citoyenne, même les dictatures les plus imbues ne peuvent rien.

Il y a quelques jours, l’initiative d’une Coalition voulant, pour une fois, fédérer les Gabonais expatriés et ceux du Gabon autour de l’idée simple de mener au départ immédiat d’Omar Bongo et de son régime est née. Cette Coalition dite du « refus » a fait le constat de la dangerosité du régime d’Omar Bongo pour la survie du Gabon si ce régime devait perdurer plus longtemps. Elle a dénoncé et condamné l’infantilisme des intellectuels gabonais dont la psychologie est bien particulière, autrement dit, repose sur une forme d’état psychique qui a toujours brillé par le besoin établi d’une caution hiérarchique, d’une protection psychique rapprochée comme celle d’un enfant encore sous tutelle de ses parents. Ainsi, quand ce n’est pas la caution de la France qu’on recherche pour la libération du Gabon, c’est celle d’Omar Bongo lui-même qu’on recherche, en s’accrochant aux vains espoirs laissés par ses discours vides, ou le potentiel d’une mort par maladie ou vieillesse annoncée déjà depuis 1990. D’où les attitudes qui veulent que l’on condamne ceux qui « insultent » Omar Bongo en l’appelant criminel (ce qu’il est pourtant), que pour sauver le Gabon, il faille négocier avec Omar Bongo une issue toujours fatale au peuple Gabonais (Accords de Paris, par exemple), et ceci même après que la démonstration a été faite que, depuis 41 ans, cette méthode de la convivialité et de l’esclavage mental n’a jamais marché et ne marchera jamais. 

D’où le refuge dans l’indolence de querelles de leadership où l’on se masturbe le cerveau de sa grandeur, de son potentiel de devenir président du Gabon alors même que l’évidence n’a cessé de montrer que personne ne peut, dans l’opposition, devenir président du Gabon tant que le régime Bongo est en place et contrôle l’appareil électoral, et que le salut du Gabon réside dans, au moins, une réforme qui mènerait à une nouvelle constitution et la prise en main totale des élections par un organisme tiers comme l’ONU. Dans un tel combat, on ne doit pas penser à qui deviendra président (guerres de leadership), mais à comment imposer au régime Bongo une réforme qui garantirait à tous la chance de devenir président si le peuple les choisit.

Voilà pourquoi la Coalition interpelle la diaspora et les intellectuels gabonais à un véritable sursaut patriotique et les appelle à se défaire de cette subordination de la réflexion et de l’action qui fait qu’elle soit toujours passée à côté de certaines opportunités qui, si cette  diaspora était vraiment unifiée et convaincue de la nécessité d’un changement au Gabon, lui aurait permis de faire entendre sa voix sur la place publique française et au Gabon, donc de provoquer, et non attendre, le changement !

La Coalition déplore, par ailleurs, la logique de victimisation apathique insidieusement établie dans la psychologie du Gabonais, surtout le Gabonais de la diaspora qui aime à prostituer son libre arbitre et la destinée du Gabon dès qu’on lui offre 200 Euros à l’ambassade du Gabon ou à l’hôtel Crillon à Paris. C’est là une psychologie dont le comportement est cyniquement récupéré par le régime Bongo qui peut alors s’en servir en le décrivant à l’opinion nationale et internationale comme un signe de paix et une preuve de soutien des Gabonais à son régime. Il n’en est pourtant rien car sous cette apparence de paix maintenue par la dictature et la corruption couve, en fait, le feu du chaos et le potentiel de guerre civile. Cette notion de paix vantée par le régime est, en réalité, une illusion sémantique qui fait confondre le silence des Gabonais, qui est une forme de résignation, et la paix, qui, elle, est une liberté. 

Cette confusion, nous le savons, est entretenue à dessein et nous tombons depuis 41 ans dans le même piège. Ne convient-il pas, désormais, de dire « trop c’est trop » ? Où sont donc passés ceux qui sont censés avoir acquis les lumières du savoir pour éclairer ensuite la conscience de leurs concitoyens moins nantis ?

Dans cette affaire d’injustice qui, parmi tant d’autres, a mis à nu les malversations du régime Bongo, la victime, Monsieur René Cardona, un Français, dénonce en connaissance de cause le système mafieux qui s’est substitué à l’état de droit au Gabon. Quel bel exemple de bravoure ! Si ce brave monsieur a pu se libérer des mailles tentaculaires des réseaux malsains et antirépublicains du régime Bongo, c’est, certes, grâce à son origine française. Mais, au moins, il a osé là où d’autres n’ont jamais osé. Et il a eu gain de cause, ouvrant ainsi une brèche judiciaire qui ne manquera pas de faire école et de mettre sur la paillette le régime Bongo.  Mais ce ne sont pas les Français qui pousseront Bongo à la sortie à notre place. Ces coups portés par les Français, médias, justice et citoyens compris, demandent que les Gabonais eux-mêmes donnent l’estocade et arrêtent une torture parfois auto-infligée par leur immobilisme. 

Le viol, le mépris et les abus récurrents des institutions par Omar Bongo et son régime,  et la démission collective subséquente des élites et des intellectuels gabonais à l’intérieur du pays comme dans la diaspora, ont inexorablement conduit le Gabon vers un état amoral où, finalement, l’immoralité a pris le dessus depuis 41 ans de bongoïsme. Combien de Gabonais ont subi et continuent de subir ce type d’abus du régime Bongo ? Combien en sont morts ? Combien ont dû se taire, de ses victimes et de leurs défenseurs ?

Devant quelle situation devraient-ils se retrouver, et quel langage devrait-on parler aux intellectuels gabonais et à leur diaspora pour qu’ils comprennent qu’Omar Bongo et ceux qui prétendent promouvoir ses mensonges et ses illusions d’état démocratique n’ont aucune caution morale dans le monde ? Les contentieux d’Omar Bongo avec les institutions de l’état gabonais démontrent bien qu’on n’est pas loin d’admettre la thèse d’une folie collective à l’échelle nationale gabonaise. Dans l’histoire des sociétés, chaque peuple porte sa croix et chaque peuple tient son génie. Au Gabon, ou plutôt pour les intellectuels gabonais, leur croix c’est Omar Bongo et leur génie serait leur capacité et leur détermination à mettre fin au régime Bongo. C’est ainsi que s’affirmera leur capacité à asseoir au Gabon les grands concepts qui qualifient la loi comme l’essence même de la force de l’état de droit dans une nation qui se veut indépendante et prospère. 

Mais, dans une société où, au nom de la loi personnalisée, règne l’arbitraire et un déficit immanent d’intellectuels engagés, c’est-à-dire libres, les institutions et les valeurs fondamentales de la république peuvent avoir un autre sens et susciter des déviances dangereuses dans la tête des gens qui les représentent, d’autant plus que ces derniers n’ont aucune lecture du sens de ces valeurs. La décision de justice sur les comptes d’Albert Bernard Bongo relative à l’affaire Cardona est une illustration du courage et de la foi que les acteurs de cette initiative (plainte) ont eu dans les institutions d’un état de droit comme la France.

Les volontés qui, il y a 41 ans, conduisirent Omar Bongo à la tête du Gabon se sont bien trompées sauf si, bien sûr, il s’agissait, plutôt, d’une conspiration dont la vocation était de mettre le peuple gabonais à genoux. Si ces volontés avaient été inspirées par une philosophie « positive » et « positiviste », une enquête de moralité de la personne Bongo aurait été indispensable pour présumer du bilan politique de son règne. Un bilan qui, à terme, a contribué à la négativisation de l’image d’une France vue, dès lors, et à tort ou à raison, comme porteuse de mort pour le Gabon et pour l’Afrique.

La diaspora gabonaise et ses intellectuels devront donc intégrer que toute décision judiciaire a toujours une valeur symbolique ; et qu’au-delà de ses effets directs sur les parties en procès, qui plus est lorsqu’un chef de l’Etat y est impliqué, dictateur au demeurant, la décision l’emportera pour la cité toute entière.

En conséquence, la Coalition Gabonaise du Refus et de Salut National affirme plus que jamais la nécessité pour tous les Gabonais d’embrasser l’esprit réformiste et radical dans l’abnégation qui est le sien, et qui vise à l’établissement d’un Gabon nouveau débarrassé du bongoïsme conformément aux injonctions édictés à l’article 23 de sa Charte.

Elle soutient également  le combat de Monsieur René Cardona pour le rétablissement de sa dignité.

Au nom du peuple gabonais, de l’amitié et de la fraternité Franco-Gabonaises, la Coalition soutient et encourage la justice française à aller  plus loin, à dire toute la vérité et à saisir tous les comptes bancaires du dictateur gabonais et affiliés, mais également tous les biens, qu’ils soient immobiliers ou autres, aux fins des restituer ce patrimoine usurpé à la nation gabonaise une fois le régime évincé.

Mais, la question la plus fondamentale, celle-là même qui déterminera l’avenir immédiat du Gabon à cette heure si cruciale de notre pays, demeure : où sont passés les intellectuels gabonais et leur diaspora ? Sauront-ils enfin lire les signes du temps, s’unir et rejoindre l’effort de rassemblement et de changement immédiat initié par la Coalition Gabonaise du Refus et de Salut National en participant, dès maintenant, à la rédaction à Bruxelles les 30 et 31 mai 2009 de la nouvelle constitution démocratique du Gabon, un acte que la Coalition pose en préambule du changement réel au Gabon ?

Dr. Bruno Ella Nguema
Porte parole 
Coalition Gabonaise du Refus et de Salut National

Exprimez-vous!

  1. .. You are right Sir!

    « indolence mentale », « se perdre dans les débats de quartier sans fin », « Françafrique que les gabonais ne cessent de fustiger bras croisés et bière à la main », »logique de victimisation », « couardise », « syndrome de Stockholm », »infatilisme des intellectuels gabonais », « résignation », « démission » etc..

    C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu votre article que j’approuve sur bien d’aspects.Cependant je trouve que vous focalisez beaucoup (trop?) sur les intellectuels. Ce sont ces mêmes intellectuels qui, à force d’être trop cérébraux et illuminés (pas tous heureusement!), ont finalement passé le plus clair de leur temps à obscurcir une réalité devenue gênante une fois l’objectif (l’argent et le pouvoir: les exemples en sont hélas légion au Gabon et dans toute l’Afrique. Pour le cas du Gabon nous avons en tête l’extraordinaire et stupéfiant retournement de veston d’un certain diacre ou curé du nom de MBA ABESSOLO très volubile et « opposant » à la base, devenu « riche » et sbire du système qu’il a lui-même longtemps dénoncé.Et On peut en citer d’autres) atteint. C’est en partie cet état des choses qui a engendré résignation et absence de revendication citoyenne dans un pays qui ne compte qu’un peu plus d’1 million d’âmes..

    La révolution française de 1789 n’a pas été faite que par des intellectuels, même si certains esprits éclairés ont servi d’impulsion..pensez aussi au bas peuple, à la « populace » et aux forces de l’ombre, aux forces invisibles et de l’esprit qui, croyez-moi, travaillent aussi de manière active et concrète pour le sursaut patriotique qui mènera à la libération et à la prospérité du Gabon en particulier, et de l’Afrique en général..Oui, il faut sortir de la sempiternelle victimisation. La France n’est pas à l’origine de tous les maux. Aux africains, aux gabonais donc de saisir les opportunités historiques qu’ offrent les signes des temps..

    God Bless,

    Remember: « LES PEUPLES N’ONT JAMAIS QUE LE DEGRE DE LIBERTE QUE LEUR AUDACE CONQUIERT SUR LA PEUR » -Stendhal-

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