Les agents de la Société meunière et avicole du Gabon (SMAG) sont entrés en grève depuis trois jours, créant d’importantes perturbations pour l’approvisionnement du marché local en farine, en œufs et en aliment pour bétail. Les négociations entre les agents et la direction avaient tourné au vinaigre sur la revendication des agents concernant la gabonisation du poste de chef de sécurité, qui implique le licenciement d’un cadre expatrié auquel la direction se refuse.

La brouille entre les agents et la direction de la Société meunière et avicole du Gabon (SMAG) n’a pas tardé à affecter les marchés et les éleveurs gabonais, au bout de trois jours d’interruption de travail des employés.

«Depuis le 4 mars dernier, les syndicats de la SMAG ont déposé un cahier de doléances assorti d’un préavis de grève», a expliqué le directeur général de la SMAG, Jean Pierre Bekale.

«Après l’analyse de la direction générale, [le cahier des charges] comportait des imprécisions», a annoncé le directeur général, soulignant sa perplexité au fait que les employés leur «reprochait de ne pas avoir de considération pour nos délégués syndicaux, alors que nous avons toujours entretenu le dialogue social».

Les discussions qui se sont tenues les 7, 9 et 10 mars derniers n’auront pars permis de trouver un terrain d’entente pour éviter la grève, en raison des positions divergentes des deux parties sur le point 13 du cahier des charges des agents, «qui a trait à la gabonisation du poste de chef de sécurité».

L’accession à cette revendication «sous entend le limogeage de cadre expatrié», a expliqué monsieur Bekale, soulignant qu’à cet égard, il avait «précisé aux travailleurs que cette demande était illégale et ne relevait pas de leur compétence».

Le directeur général a estimé que cette situation «s’apparente à une rupture abusive du contrat et à la xénophobie», déplorant que «les syndicats ont décidé d’entrer en grève», alors que la direction «a opté pour les négociations».

«Le ministère du Travail va abriter les négociations à compter du 13 mars», a annoncé monsieur Bekalé, ajoutant que «pour ramener la sérénité dans les négociations, le chef de sécurité a décidé de démissionner».

Les produits de la SMAG alimentent 90% du marché local en œufs, farines et aliments pour bétail. L’arrêt de travail des employés de trois a jours a engendré d’importantes pertes pour l’entreprise, soit 200 tonnes de farine par jour, 200 000 œufs par jour et d’autres aliments pour la nutrition animale.

La flambée des prix des produits de première nécessité en 2008 avait poussé le gouvernement, dans le cadre des mesures budgétaires et fiscales visant à protéger le pouvoir d’achat des ménages, à mettre en place une subvention spéciale pour la SMAG de 5,7 milliards de francs CFA, contre les 594 millions initialement prévus, en sus de la péréquation actuelle au transport de la farine de blé.

Le versement de cette subvention avait semé le trouble dans l’entreprise, les employés réclamant leur part de cette subvention, initialement destinée au maintien des prix des produits alimentaires de base comme le pain et les œufs.

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