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Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac aux funérailles d'Omar Bongo

Le président français Nicolas Sarkozy, accompagné de son prédécesseur Jacques Chirac, a rendu mardi à Libreville un dernier hommage à Omar Bongo, le doyen des chefs d’Etat africains qui a régné sans partage sur cet « émirat pétrolier » du golfe de Guinée pendant 41 ans.

Une quarantaine de chefs d’Etat africains ou de leurs représentants ont également fait le déplacement pour la cérémonie d’hommage au défunt, qui sera suivie d’un défilé militaire.

La dépouille de « Papa Bongo« , comme l’appelaient affectueusement ses compatriotes, gagnera ensuite par avion Franceville, dans sa province natale du Haut-Ogooué, dans le sud-est du pays, pour y être inhumée jeudi dans l’intimité.

Omar Bongo est décédé le 8 juin dans un hôpital de Barcelone.

Jacques Chirac, dont les liens avec l’Afrique sont aussi anciens que passionnels, figurait dans la délégation officielle française à la demande de son successeur.

« Il y a beaucoup d’émotion. Il s’agit d’une cérémonie d’adieu, je suis donc plein de tristesse« , a déclaré Daniel Mba, un habitant de Libreville rencontré sur la place de l’Indépendance, sur le front de mer, où doivent défiler les troupes.

La disparition du « baobab gabonais« , considéré comme l’un des piliers de la « Françafrique« , laisse un vide politique dans ce petit pays riche en pétrole, en uranium, en fer et en bois précieux, mais aux inégalités sociales toujours criantes.

« C’est très compliqué« , répond diplomatiquement Daniel Mba quand on l’interroge sur l’avenir du Gabon. « Je ne peux pas m’étendre mais, à mon avis, l’avenir va être compliqué« .

« SUCCESSION DYNASTIQUE ?« 

Deux jours après le décès de Bongo, la Constitution a été scrupuleusement respectée, au grand soulagement des chancelleries occidentales, lorsque la présidente du Sénat, Rose Francine Rogombé, a prêté serment pour assurer un intérim de 45 jours avant la tenue d’une élection présidentielle.

Mais une fois les cérémonies funéraires terminées et le deuil officiel passé, les divisions au sein des élites au pouvoir, et notamment dans le clan Bongo, risquent de refaire surface à propos de l’épineuse question de la succession.

Les analystes s’attendent à ce que le Parti démocratique gabonais, le parti du défunt dont la présidente par intérim est membre, réussisse à imposer une transition ordonnée, avec le fils d’Omar Bongo, Ali, actuel ministre de la Défense, comme probable successeur.

Mais Bongo Jr risque de trouver sur son chemin son beau-frère, l’actuel ministre des Affaires étrangères, Paul Toungui. Les noms de Jean Ping, ancien gendre du défunt et actuel président de la commission de l’Union africaine, et du vice-président Didjob Divungi Di Ndinge, sont aussi cités.

Pour les spécialistes, l’ancienne puissance coloniale, dont les intérêts économiques, et notamment pétroliers avec Total, et militaires – Libreville abrite une base française de 800 hommes – restent importants, devrait jouer la carte de la continuité pour préserver ses intérêts.

Quant à la société civile, naissante au Gabon, elle pousse à la formation d’un gouvernement de transition dont les membres ne seraient pas autorisés à se présenter à la future élection présidentielle.

Hostiles à une « succession dynastique » à la togolaise ou à la congolaise, les diverses composantes de cette société civile réclament une révision du processus électoral actuel qui, selon elles, a favorisé le clan Bongo pendant plus de 40 ans.

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