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Gabon: Election présidentielle: « Le plus tôt serait le mieux », Editorial

La question des « délais » impartis à l’organisation de l’élection présidentielle alimente le débat tant au sein de la classe politique que dans la société civile au point que des camps s’opposent: partisans de la « vitesse » et ceux de la « précipitation » tandis qu’une troisième voie préconise la recherche d’un « juste milieu ».

La perspective de la présidentielle qui doit marquer le début de la fin de l’actuel régime transitoire et la recherche d’un « consensus » sur la date du scrutin ont plongé le Gabon dans une sorte de « frénésie », dans laquelle les acteurs politiques « se surveillent comme du lait sur le feu ».

La présidente de la République par intérim, Rose Francine Rogombé, qui a une conscience aiguë de ses responsabilités, est tenue d’organiser des élections dans le cadre fixé par la Loi fondamentale qui, dans son article 13, indique que « l’élection du président de la République doit avoir lieu 30 jours au moins et 45 jours au plus après l’ouverture de la vacance du pouvoir ou de la déclaration du caractère définitif de l’empêchement ».

Cette disposition, même si plus loin, il est stipulé qu’ « en cas de force majeur » dûment constatée la transition peut être prolongée, a déjà eu l’avantage, on peut l’observer sur le terrain, de mobiliser les énergies.

A peine sommes-nous sortis des funérailles officielles du président Omar Bongo Ondimba et alors que 18 jours nous séparent de la fin du deuil national, que des responsables politiques, de tous bords, ont investi le terrain pour une opération séduction.

Cette stratégie démontre à suffisance qu’en dépit de la polémique autour de la liste électorale qui n’a point été révisée cette année, le personnel politique est entré de plain-pied dans l’arène, prêt à solliciter les suffrages lors de la prochaine consultation qu’il souhaite « sans trop de contestation » avec à l’idée que l’administration de l’organisation des élections( Commission Electorale Nationale Permanente et Direction Générale des Elections) a suffisamment d’expérience pour organiser au mieux le scrutin courant août 2009. Bien entendu, la révision du fichier électoral est la première condition à remplir dans un délai de 15 jours en raison des enjeux de l’élection présidentielle 2009 anticipée.

Les tenants de cette ligne affirment que « le plus tôt serait le mieux ». Ils fondent leur postulat sur l’impatience des partenaires au développement nationaux comme internationaux et surtout le peuple gabonais qui ne peuvent se satisfaire d’une longue transition pour poursuivre l’œuvre de développement socio-économique de feu le Président Omar Bongo Ondimba. Il importe que son (ou sa) futur successeur puisse fixer le cap dans les 60 jours au plus. Le destin du Gabon qui est une affaire du peuple, en dépend. Nous ne devons pas feindre d’ignorer ce principe vital.

Dans le contexte actuel, il me parait utile de vous proposer également la réflexion du sociologue gabonais, Anaclet Bissiélo, qui a invité, ce lundi à Libreville, devant la presse, l’opinion à ne pas confondre « vitesse » et « précipitation » qui peuvent fausser les règles du jeu électoral (transparence, crédibilité) et ainsi créer la confusion.

Sur cette lancée, il a soutenu que certains tentent de « gagner de plus temps » avant les échéances électorales avec le « risque d’ enlisement ».

L’universitaire a fustigé ces « attitudes dilatoires » qui se traduiraient par une lenteur du processus avant d’appeler les élites politiques et administratives à trouver un « juste milieu » car « rien n’est acquis ».

Un signal fort parmi tant d’autres en direction des décideurs politiques, en tête desquels Madame le Président de la République qui vient, à travers son récent message à la Nation, de démontrer sa capacité à se placer au dessus de la mêlée et son attachement à la « Constitution, à la Concertation et au Consensus », et du Gouvernement qui doivent afficher leur détermination à ne pas laisser perdurer une transition à cause de l’incertitude de l’avenir politique de notre pays.

On s’aperçoit aisément que la période transitoire n’est pas un processus exclusif. Il se veut inclusif par l’implication de l’ensemble des corps sociaux pour éviter une opacité sur l’enjeu et repousser les périls afin de conforter la démocratie.

Comme le rappelait Jan Pronk, ancien ministre hollandais du Développement « la démocratie n’est pas un système, c’est une culture et sans une telle culture, il n’y a pas de développement ».

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