Didier Ovono est ambitieux, mais se veut réaliste. Le gardien du Gabon sait qu’une qualification en Coupe du monde serait un authentique exploit. Le portier du Mans, en France, prévient : il faudra dompter deux fois les Lions indomptables pour finir premiers du groupe A en éliminatoires combinées CAN/Mondial 2010.

Vous avez été repéré par Thomas Nkono, ancien gardien de but du Cameroun. Comment votre rencontre s’est-elle déroulée ?
On s’était rendus à Barcelone avec l’équipe nationale pour un stage de préparation. C’est durant ce stage que Thomas Nkono m’a repéré. Il a perçu chez moi des qualités à exploiter pour que je devienne l’un des meilleurs gardiens africains. Il s’est entendu avec le gouvernement gabonais pour que j’effectue un stage de développement technique sous sa houlette. De mon côté, je me suis d’accord avec mon club de l’époque pour être libéré de la fin de mon contrat et aller en Espagne. C’était en 2003 et j’avais 20 ans. J’ai passé huit mois auprès de Thomas Nkono, dans son centre de formation. J’y ai beaucoup appris.

Thomas Nkono était-il un bon professeur ?

Un très bon professeur, oui. Il était vraiment exigeant et c’est ça qui m’a permis de progresser.
C’est en revanche Alain Giresse, le sélectionneur français du Gabon, qui vous a permis de vous affirmer.
Oui, même si j’évoluais déjà en sélection, je n’arrivais pas à franchir un palier. C’est à ce moment qu’Alain Giresse est arrivé. Il m’a permis de prendre confiance en moi, d’assumer mon rôle de leader dans l’équipe. Avant, j’étais juste un bon gardien de but. Grâce à Alain Giresse, je crois plus en moi et je souhaite devenir un très grand gardien pour mon pays. En Europe, la concurrence à mon poste est plus sévère qu’en Afrique.

Le Gabon est en tête du groupe A en 3e Tour des éliminatoires combinées CAN/Mondial 2010. Est-ce que vous commencer à rêver d’une qualification en Coupe du monde ?

Comme le répète le sélectionneur, il faut prendre les matches les uns après les autres. On ne peut pas se permettre de rêver. On sait qui on est et d’où on vient. Et puis, on est dans le « groupe de la mort » avec le Cameroun, le Togo et le Maroc. A chaque match, la situation peut basculer. Heureusement, une petite étoile veille sur nous depuis le début de ces éliminatoires. Nos adversaires font des matches nuls lorsqu’ils s’affrontent, ce qui nous offre la possibilité de rester en tête de la poule.

Est-ce qu’une qualification en Coupe du monde reste tout de même envisageable dans un coin de votre esprit ?

Oui, vu notre position. On en parle entre nous. On sait qu’on est à 180 minutes – deux matches contre le Cameroun – d’une qualification. Si on gagne ces deux rencontres, on est en Coupe du monde. Mais ça reste du domaine du rêve pour le moment. La réalité, c’est la réception des Lions indomptables, le 5 septembre à Libreville. On va donner le maximum pour prendre trois points supplémentaires et assurer notre billet pour la prochaine CAN.

Quels sont vos objectifs cette saison avec le Mans et avec les Panthères ?

Au Mans, je travaille pour être titulaire dès le début de saison. D’un point de vue collectif, faire mieux que la saison passée (16e de Ligue 1, Ndlr), ce serait déjà une bonne chose. Le MUC72 inaugurerait son nouveau stade en première division. En sélection, j’espère qu’on va garder notre dynamique de victoires en éliminatoires combinées CAN/Mondial 2010 et se qualifier pour la CAN en Angola. Si on obtient notre billet pour l’Afrique du Sud, ce sera le jackpot.

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