L’association française de lutte pour l’assainissement des relations franco-africaines, Survie, a récemment lancé un appel aux députés français afin qu’ils saisissent le gouvernement sur l’implication de la France dans le processus élecoral. Dans une correspondance aux parlementaires français, que nous publions in extenso, Survie demande notamment l’invalidation des résultats officiels, après les félicitations «précipitées» du président Sarkozy avant même la fin du contentieux électoral, et l’éclaircissement du rôle de Robert Bourgi, le «monsieur Afrique» des couloirs de l’Elysée, dans l’élection d’Ali Bongo à la tête de l’Etat gabonais.

© D.R. En haut, Le président français, Nicolas Sarkozy et l’avocat Robert Bourgi. En bas, le président élu du Gabon, Ali Bongo, le 31 août 2009

Lettre de l’association Survie

«Madame, Monsieur le(a) député(e),

Les élections présidentielles qui viennent de se dérouler au Gabon et l’annonce des « résultats » se sont déroulées dans des conditions qui montrent une absence totale de sincérité du scrutin.

Le gouvernement français, ainsi qu’Ali Bongo, appellent au respect des voies légales de contestation des résultats. Il faudrait pour cela que les candidats puissent faire valoir des recours devant des institutions de recours fonctionnant de façon indépendante, démocratique et transparente. Mais cela n’est pas le cas de la cour constitutionnelle gabonaise actuelle, qui n’est pas davantage indépendante que l’était la CENAP (commission électorale).

Cette mascarade électorale, parodie de démocratie, n’est pas acceptable pour le peuple gabonais. Le gouvernement français ne doit pas s’en rendre complice en cautionnant la prise de pouvoir d’Ali Bongo par ce qui constitue un véritable coup d’Etat électoral.

Les atteintes aux biens symbolisant la France témoignent une fois de plus du rejet par les populations des pays africains de la politique de la France en Afrique, laquelle – en s’intéressant davantage au pétrole et aux ressources économiques qu’à la démocratie et aux droits de l’Homme –, loin de garantir une quelconque stabilité, participe au pourrissement de la situation de ces pays (despotismes, successions claniques…)

Nous vous demandons d’interpeller le gouvernement, et en tant que député de faire valoir votre rôle de contrôle de l’exécutif – y compris sur les sujets de politique extérieure – conformément à la constitution :

• en demandant au gouvernement de ne pas reconnaître dans ces conditions l’élection d’Ali Bongo comme président du Gabon

• en demandant à l’exécutif de s’expliquer sur le rôle dans la diplomatie française de l’homme d’affaire Robert Bourgi.

Nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur le(a) député(e), l’expression de nos respectueuses salutations.

Pour l’association SURVIE
Odile Biyidi Présidente».

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