A l’occasion d’un point presse donné le jeudi 17 septembre, les candidats à l’élection présidentielle du 30 août dernier réunis au sein du “Front du refus du coup de force électoral”, ont interpellé l’opinion nationale et internationale sur le contentieux électoral et le climat politique actuel, marqué, entre autres, par des «atteintes aux libertés publiques», le «bâillonnement de l’opposition», l’existence anticonstitutionnelle d’un «Président de la République bis». Ci-après, le texte intégral de la déclaration prononcée par Jean Eyéghé Ndong, porte-parole du “Front du refus du coup de force électoral”.

Déclaration du 17 Septembre 2009

Les candidats à l’élection présidentielle du 30 août 2009 et les chefs des partis politiques de l’opposition réunis ce jour portent à la connaissance de l’opinion publique nationale et internationale ce qui suit:

I – En matière des libertés publiques, nous interpellons Madame le Président de la République sur les privations de liberté, les arrestations arbitraires dans les domiciles ou sur la voie publique de paisibles citoyens subissant souvent à cette occasion des humiliations et autres vexations. Nous dénonçons aussi les nombreuses bavures des forces de défense et de sécurité à Port-Gentil, à Libreville et sur la route nationale en tirant à balles réelles avec des armes de guerre. Un officier de police judiciaire, en a subi l’amère expérience en se faisant arroser copieusement par une patrouille de la Gendarmerie.

Les faits sur les atteintes aux libertés publiques sont d’autant plus nombreux et inquiétants, qu’ils touchent même plusieurs officiers des forces de défense dont un haut responsable du Conseil National de Sécurité mis récemment aux arrêts pour des raisons non élucidées. Dans ces exemples de dérive dictatoriale intolérable et inacceptable, la liberté de l’information n’est pas épargnée, et on assiste au verrouillage et à la manipulation de l’information relative aux activités légales et républicaines de l’Opposition.

Nous tenons une fois de plus à mettre en garde le pouvoir sur les nombreuses tentatives de bâillonnement de l’Opposition dont des plans d’élimination physique de certaines personnalités seraient envisagés. Nous demandons à Madame le Président de la République de prendre ses responsabilités et toutes ses responsabilités conformément à l’article 8 de la Constitution.

C’est ici l’occasion de nous étonner de ce que monsieur Ali Bongo Ondimba n’étant investi d’aucuns pouvoirs de Chef de l’Etat et ne pouvant donc utiliser les attributs de la République se comporte comme un Président de la République bis. A cet égard, nous relevons pour le regretter, l’accueil digne d’un chef d’Etat en exercice qui lui a été réservé dans certains pays frères de la République Gabonaise, en ignorant la présence du Président Rose Francine Rogombe à la tête du Gabon dont elle est pour l’heure le seul Chef d’Etat.

Un tel amalgame confine au mépris des institutions de la République et du peuple gabonais. Cet amalgame est d’autant plus scandaleux que déjà une note verbale du ministère des Affaires Etrangères portant le numéro 00000592 du 14 septembre 2009 annonce l’investiture d’Ali Bongo Ondimba la semaine prochaine, alors que le contentieux prévu par la constitution n’est pas encore entamé.

II – Mesdames messieurs, chers compatriotes, nous avons introduit ce jour des recours en contestation de l’élection de Monsieur Ali Bongo Ondimba conformément aux prescriptions légales. Ces recours reposent sur le fait que 67% des procès-verbaux des bureaux de vote examinés par nos experts comportent de très graves irrégularités et des cas de fraudes manifestes. Nous attendons donc à cette occasion que, au nom du peuple gabonais, la Cour Constitutionnelle dise le droit et la vérité sur le résultat de cette élection présidentielle. Elle y joue son crédit et celui des membres qui la composent.

III – Nous remercions les populations qui ont suivi le mot d’ordre de «villes mortes» que nous avons lancé en mémoire des compatriotes tués à Port-Gentil par les forces de défense et de sécurité. A cet égard nous vous informons du déclenchement de notre mission d’information, pour Port-Gentil, annoncée précédemment sur ces exactions. La mission est conduite par le professeur Pierre André Kombila accompagné du professeur John Nambo, de l’honorable Daniel Kombé Lékambo et de l’ancien maire Jean Blaise Moussavou Maganga.

IV – Enfin nous tenons à marquer notre profonde indignation à la suite des graves déclarations du journaliste Francis Sala Ngoua Beaud, sur l’ensemble des médias publics et privés. Nous condamnons fermement ces déclarations ainsi que la dangereuse manipulation qui vise à compromettre l’excellence des relations du Gabon avec ses voisins.

Pour clore notre propos, nous convions la presse nationale et internationale à l’importante conférence de presse que nous animerons jeudi 24 septembre 2009 à 11 heures ici même au quartier général de l’UGDD.

1 COMMENTAIRE

  1. il n’y a pas de juridiction ni d’institution crédible dans notre pays.Ce qui compte c’est le pétrole,les français et les Bongo.L’opposition bureaucratique se trompe.Vous comprendrez donc que le nouveau président(l’imposteur) va gouverner le pétrole et non les gabonais. que l’opposition trouve la vraie stratégie mais en a-t-elle les moyens et la volonté?

  2. Jusque là la démarche de l’opposition démontre que cette dernière est composée des Hommes qui ont le véritable souci de ce pays. C’est vraiment regrtable de la part du PDG et surtout de ceux qui continuent à enfoncer le pays dans la médiocrité. C’est claire et sans discussion que les Gabonais ont démontré qu’ils n’envoulais pas d’ Ali(Ben) Bongo. Que ces manipulateurs de la vérité le reconnaissent simplement!!!
    ça sera une honte pour le Gabon, d’avoir à l’Heure du reveil mondial un président comme Ali….

    Je pense que la vérité finira par triompher. Pour Sala NGouabo, c’est regretable pour quelcun sur qui tout les Gabonais comptaient de part son élloquance. Après son évinction de Africa N°1, il a été réhabilité par André Mba Obam, et ce de cette manière qu’il pense le remercier. En fait beaucoup de Gabonais, du moins, ceux de Libreville connaissent la vrais version de l’histoire de cet ingrat. Je pense qu’il trouvera son compte dans sa propre concience.

    Laissons les juridictions compétantes examiner les dossiers du contencieux. Si ça se passe dans le flou, il faut passer au plan ”C”

  3. LA FRAUDE PDG SE CONFIRME

    À ce stade de l’examen du scrutin dans ces bureaux de vote, de nombreuses anomalies ont été observées qui permette d’établir avec clarté la fraude massive qui a émaillée l’élection présidentielle du 30 août 2009.
    La non codification des urnes
    Le premier élément de fraude qui a été constaté est l’utilisation d’urnes non codifiées dans de nombreux bureaux de vote, alors que la loi impose leur codification. Les procès verbaux des différents bureaux font ressortir l’utilisation de trois types d’urnes :
    Des urnes codifiées conformément à la loi ;
    Des urnes portant de simples numéros n’obéissant à aucune logique de codification ;
    Des urnes sans aucun numéro.
    Les exemples d’urnes non codifiées sont très nombreux. Nous citerons pour mémoire, le bureau de vote de YENE 2 dans la province du Haut Ogooué ou encore les bureaux n° 2 et 3 de la mission diplomatique du Gabon au Sénégal.
    Ces urnes non codifiées, qu’il convient de qualifier de pirates parce que sans existence légale, conduisaient régulièrement aux résultats suivants :
    Bourrages des urnes conduisant à un nombre de votants supérieur au nombre d’inscrits ;
    Manipulation des résultats ;
    Nombre d’enveloppes trouvées dans l’urne supérieure au nombre d’émargements constatés par les votants.
    C’est ainsi que l’on retrouve par exemple :
    École publique de Louis dans le 1er arrondissement de Libreville :
    Inscrits : 423 ;
    Votants : 165 ;
    Nombre d’enveloppes dans l’Urne : 550
    École publique SNI 1, bureau n° 1, dans la Commune d’Owendo
    Inscrits : 485 ;
    Votants : 187 ;
    Nombre d’enveloppes dans l’Urne : 547
    Nous pouvons affirmer que la non codification de toutes les urnes a été volontairement orchestrée par le Ministère de l’Intérieur dans le but de permettre une fraude massive en faveur du candidat du PDG.
    Les autres faits de Fraude massive
    La lecture des observations dans les procès-verbaux fait apparaître la non utilisation systématique des isoloirs en zone rurale, en violation de l’article 92 de la loi électorale, particulièrement dans la province de l’Ogooué Lolo.
    Nous citerons pour bien illustrer cette situation, l’exemple du bureau de vote n° 1, du centre de LEMENGUE dans le département de la LOMBO BOUENGUIDI. Ce centre de vote se trouve comme par hasard situé dans le village du Secrétaire Général du PDG.
    Dans ce même centre de vote de LEMENGUE, des enfants de 12 ans ont voté dans le bureau n° 1, ainsi qu’il est relevé dans le procès verbal.
    Dans les provinces de l’Ogooué Ivindo et de l’Ogooué Lolo, en milieu rural, où on vote avec l’acte de naissance, les taux de participations sont particulièrement élevés.
    Et comme par hasard, c’est dans ces zones rurales que le candidat du PDG fait le plein des voix.
    Dans la province du Haut Ogooué, les résultats obtenus par le candidat du PDG relève d’une fraude massive orchestrée de manière experte :
    Le taux de participation est de 100% dans plusieurs départements, le vote est de 100% pour un même candidat et dans le même temps les fiches d’émargement qui attestent de la réalité du vote de chaque électeur sont vierges ou incomplètes.
    C’est le cas dans les départements de la Mpassa, de l’Ogooué Létili, de Lékoko, de la Djouri Agnili et bien d’autres localités.
    Les procès verbaux de plusieurs bureaux de vote ont été rédigés par une seule et même personne. C’est le cas dans les 3ème et 4ème arrondissement de la ville de Franceville.
    Dans les mêmes bureaux de vote ont retrouve des personnes qui sont à la fois contrôleur CENAP et Secrétaire, ce qui est contraire à la législation électorale de notre pays.
    Afin d’établir de manière indiscutable la réalité du scrutin du 30 août 2009 et la fraude que nous dénonçons, nous sollicitons la mise en place d’une commission d’enquête internationale sous l’égide du Secrétariat Général de l’ONU qui ferait la lumière sur tout ce que nous dénonçons et qui confirme le coup d’État électoral qui est en cours dans notre pays.

  4. Après les diverses agressions, je me demande pourquoi la démission du ministre de l’intérieur en charge de la sécurité n’est toujours pas exigée.

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