« Des survivants que la faim et la soif empêchent de donner une sépulture à leurs proches, des dizaines de milliers de cadavres qui jonchent les rues, des gangs qui prolifèrent, des aides internationales qu’on n’arrive pas à distribuer… C’est ce que montrent en live les télévisions du monde. Des images apocalyptiques d’un pays sans État ». Triste constat de la situation en Haïti dressé par le quotidien algérien Liberté. Liberté qui estime que « plusieurs raisons ont participé à la catastrophe sismique : un demi-siècle de politique erratique et de gouvernance mondiale libérale qui a transformé Haïti, affirme-t-il, en immense bidonville ».
FMI, Banque mondiale, Etats-Unis : tous fautifs !
Et pourtant, déplore le quotidien algérien, « dans les années 1980, le pays était autosuffisant pour son alimentation ! La chute de la production locale a commencé dès 1986, quand son économie s’est ouverte à la main invisible du marché sous les injonctions du duo infernal que sont le FMI et la Banque mondiale. Leurs aides ont été conditionnées à la baisse drastique des droits de douane ; résultat, explique Liberté : le riz subventionné américain a déferlé jusque dans les hameaux reculés et incapables d’être concurrentiels, les agriculteurs haïtiens n’ont plus réussi à subvenir à leurs besoins ».
Par ailleurs, Liberté se montre très critique à propos de la forte implication des Etats-Unis : « il va de soi, écrit-il, que les Américains ne sont pas là que pour des considérations humanitaires. L’État qui sortira des décombres portera, d’une façon ou d’une autre, la marque made in USA, bien qu’Obama ait juré que ses forces travailleront en collaboration avec la mission de stabilisation de l’ONU en Haïti et les organisations internationales et locales ».
Implanter les survivants du séisme en Afrique ?
Au-delà de ces considérations politiques ou géostratégiques, il y a aussi et surtout la compassion et la solidarité de tout un continent envers un peuple frère. Certains pays mettent la main au portefeuille, comme la RDC qui a promis deux millions et demi de dollars. Et puis, il y a le Sénégal, qui lui aussi a promis une aide financière, mais surtout qui par la voix de son président Abdulaye Wade, a proposé d’accueillir en Afrique les victimes du séisme. « L’Afrique devrait offrir aux Haïtiens leur choix de revenir chez eux. C’est un principe de droit. On ne doit pas marchander », a notamment déclaré le président sénégalais.
Des déclarations accueillies avec prudence par la presse sénégalaise. Le journal Le Quotidien, par exemple, met surtout en avant l’aide financière, les propositions d’adoptions d’enfants ou encore l’accueil des étudiants haïtiens dans les universités.
« Wade offre aux Haïtiens l’hospitalité », titre Sud, autre quotidien sénégalais. Sud qui reconnaît que « le problème est certainement la faisabilité d’un tel projet, son coût et surtout son acceptation par les intéressés ».
Encore une « waderie »
Et oui, « une idée généreuse, mais folle ! », s’exclame Le Pays au Burkina. Le Pays qui fait remarquer qu’Haïti « se sent plus proche des Etats-Unis, du Canada ou des Antilles que du continent noir, même si les sédiments de son histoire restent enfouis en Afrique. Et d’ailleurs, poursuit le quotidien burkinabé, ce pays devrait avoir plus intérêt à tourner le regard ailleurs que vers l’Afrique qui peine jusque-là à se départir de ses 50 années d’errements. Certes, Haïti est un pays pauvre. Mais ses populations accepteraient-elles, pour autant, de venir s’installer sur un continent où sévissent calamités, misère, ignorance, analphabétisme, maladies, etc… ? », s’interroge Le Pays.
L’Observateur, lui, toujours au Burkina, prend le parti d’en rire : « Sur l’échelle de Richter des propositions farfelues, écrit-il, la palme devrait être décernée au président sénégalais, Abdoulaye Wade. Assurément, il pétille d’idées et donne son avis sur tout. D’où cette idée aussi biscornue qu’éculée de vouloir créer en Afrique un espace pour le retour des Haïtiens sur la terre de leurs ancêtres (…). Dans quelle forêt, dans quelle savane, dans quel Sahel ou quel désert ? On ne sait trop, si ce n’est qu’il s’agit-là d’une « waderie ». Une de plus ! (…) Non Papy, conclut L’Observateur, il faut tout simplement aller aider les Haïtiens là où ils sont ».
CAN : service minimum pour les Fennecs
La CAN, avec cette question : qui affrontera qui en quarts de finale ?
On commence à y voir un peu plus clair. L’Angola et l’Algérie ont rejoint hier la Côte d’Ivoire et l’Egypte à ce stade de la compétition. Et selon toute vraisemblance, on s’orienterait vers un choc entre les Ivoiriens et les Algériens. Pour L’Inter, à Abidjan, les jeux sont faits : « les Eléphants attendent les Fennecs d’Algérie », titre le journal qui affirme qu’un « tel schéma pourrait grandement faire l’affaire des Ivoiriens qui évitent ainsi le pays organisateur », l’Angola.
De son côté, El Watan, en Algérie, prévient : « les Verts devront passer à la vitesse supérieure dès dimanche prochain, à Cabinda, lors du match des quarts de finale face à la redoutable équipe de Côte d’Ivoire ». El Watan qui reconnaît que « l’équipe nationale n’a pas été convaincante jusque-là. Une défaite, une victoire et un nul pour un seul but inscrit et trois autres encaissés ne prêtent pas à l’optimisme pour la suite de la compétition, mais pour l’instant, conclut le quotidien algérien, savourons pleinement cette imprévisible qualification ».

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