Les chercheurs de l’IRD et du MnHn décrochent des chauves-souris à Lambaréné au Gabon, avant de les placer dans des sacs individuels et d’effectuer des analyses virologiques.

Des fruits avec des traces de salive de chauves-souris ; ces fruits consommés ensuite par des habitants des régions forestières du Gabon : résultat, ces Gabonais seraient immunisés contre le redoutable virus Ebola, selon la toute dernière étude concernant ce virus, étude qui vient d’être publiée dans la revue scientifique américaine PLoS ONE.

Une part étonnamment élevée de la population gabonaise serait immunisée contre le virus Ebola, probablement après avoir consommé des fruits sur lesquels sont restées des traces de salive de chauves-souris. C’est ce qu’indique une études de l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

L’étude vient d’être publiée dans la revue américaine PLoS ONE. Elle apporte un éclairage nouveau sur la circulation d’Ebola dans la nature. Plus de 4.000 prélèvements sanguins ont été étudié. Et si ces nouveaux travaux scientifiques tendent également à montrer que la dangerosité de ce virus pour l’homme est peut-être moins grande que prévu, ces recherches ont d’abord l’intérêt de montrer comment certains habitants du Gabon sont immunisés contre Ebola.

15,3% des habitants testés possèdent en effet des anticorps contre ce virus, sans apparemment jamais avoir eu de fièvre hémorragique ou d’autres symptômes (diarrhées sévères, vomissements..). C’est ce qu’ont constaté Eric Leroy, de l’IRD-centre international de recherches médicales de Franceville et son équipe.

Une chauve-souris mégachiroptère frugivore (hypsignathus monstrosus).
IRD/ Jean-Jacques Lemasson

Une immunité liée à la présence de chauves-souris

Seuls les grands singes et les chauves-souris sont naturellement infectés par Ebola. Les premiers sont rarement en contact avec les humains. En revanche les chauves-souris sont très nombreuses dans les régions forestières du Gabon, où les taux d’immunité sont justement les plus hauts. De plus, elles se perchent en grand nombre dans les arbres et consomment leurs fruits, en particulier dans les villages ou aux alentours. Les habitants ont vraisemblablement été en contact avec le virus en mangeant des fruits contaminés par la salive de ces animaux.

Ce grand nombre de porteurs sains existe même dans des zones où aucune épidémie ne s’est jamais déclarée et leur fréquence, la plus haute rapportée à ce jour, varie selon les régions. Ainsi, les zones de savane et de plaines affichent des taux respectivement de 10,5 et 12,4%, tandis qu’en zones forestières, le taux atteint 19,4%, jusqu’à 33,8% dans certains villages. Ces personnes n’ont probablement développé qu’une forme légère de la maladie ou une forme sans symptômes.

Les chercheurs pensent que la source d’exposition se trouve à proximité des villages, aucun facteur de risque n’ayant pu être identifié comme la chasse ou le contact avec les animaux sauvages.

Depuis le premier cas recensé en 1976, la fièvre Ebola foudroie épisodiquement humains et grands singes au Gabon, en République du Congo et en République démocratique du Congo, au Soudan et en Ouganda.

IRD/ Jean-Jacques Lemasson, Xavier PourrutPar RFI

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