La mesure sur l’interdiction d’exportation des grumes a été confirmée ce 15 février par le Premier ministre, Paul Biyoghe Mba, lors d’un forum sur la gestion forestière qu’il a animé à Libreville. Paul Biyoghe Mba a toutefois indiqué que des mesures d’accompagnement seront prises pour soulager les opérateurs de ce secteur qui est le premier employeur privé du pays.

Le gouvernement ne reviendra pas sur sa parole. Paul Biyoghe Mba annoncé ce 15 février lors d’un forum sur la gestion forestière, que la mesure relative à l’exportation des grumes de bois sera bel et bien maintenue.

«Nous devons engager immédiatement l’industrialisation de la filière du bois», a déclaré Paul Biyoghe Mba. Et visiblement l’interdiction d’exporter le bois en grumes en «est le moyen», a soutenu le Premier ministre.

Paul Biyoghe Mba a toutefois ajouté qu’ «Il y aura des mesures d’accompagnement sur le plan législatif, fiscal, douanier, économique. Il faudra aider les opérateurs économiques de la filière».

De même, il a reconnu que la mesure «dérange», assurant cependant que les effets collatéraux ont été pris en compte. Lorsqu’on change de politique, c’est normal qu’il y ait des grincements de dents. Mais ce n’est pas tragique».

«La première bille d’okoumé est partie en 1908. Il n’est pas très performant que le même mode d’exploitation continue 102 après (…). 50 ans après l’indépendance, le Gabon doit être autre chose qu’un simple réservoir de matières premières», a-t-il poursuivi.

Il a rappelé que la loi prévoyait normalement que 75% des grumes devaient être transformées au Gabon en 2012: «les analyses montrent que seules 25 à 35% sont transformées à deux ans de l’échéance», a déclaré Biyoghe Mba.

Décidée en conseil des ministres du 5 novembre 2009, l’interdiction des grumes de bois qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2010, fait déjà des «malheureux», notamment les exploitants français Plysorol et Rougier Gabon.

Le premier, leader français du contreplaqué en Europe, a annoncé un chômage technique du 15 au 26 février prochain dans son site de Lisieux, en France, suite au «manque de matières premières et d’approvisionnement en bois de commandes». Le second, géant français du bois, a quant lui annoncé un chiffre d’affaires 2009 en chute de 21% par rapport à l’exercice 2008, avec une reprise prononcée sur le dernier trimestre de l’année.

La forêt occupe 22 millions d’hectares (80% du territoire) et le bois en pied est estimé à 2,6 milliards de mètres cubes dont 1,5 sont commercialisables.Le part du bois représente 6% du Produit intérieur brut (PIB) hors pétrole, et ce secteur est le principal employeur privé du pays avec environ 15.000 emplois directs et 5.000 emplois indirects, selon des chiffres récents du ministère des Eaux et Forêts. D’autres estimations font état de 30.000 emplois indirects

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