L’action Etablissements Maurel & Prom SA recule fortement lundi, après l’avertissement lancé vendredi soir par le groupe pétrolier sur ses résultats 2009, qui fait craindre aux analystes que les comptes du groupe ne basculent dans le rouge en raison du gonflement des charges d’exploration lié à l’abandon de plusieurs projets.
A 13h, le titre abandonnait 6,5%, à 10,96 euros.
“L’ensemble des charges d’exploration aura un impact exceptionnellement élevé dans les comptes 2009”, a averti le groupe vendredi soir, sans donner de détails chiffrés.
Selon les normes IFRS, comme l’a expliqué Maurel dans un communiqué, “les coûts d’exploration n’ayant pas abouti à une découverte commerciale pour un permis donné et ayant entraîné la décision d’interrompre définitivement les travaux sur une zone ou une structure géologique sont comptabilisés en charges l’année de leur constatation”.
Or le groupe a annoncé trois échecs en quelques mois. Si l’abandon du puits de M’Bafou au Congo, également annoncé vendredi soir, est “peu significatif”, de l’avis des analystes – le groupe n’en espérait en cas de succès que 10.000 barils/jour de réserves supplémentaires – il intervient après celui de Mohoro en Tanzanie, et celui de Rovuma au Mozambique.
Dans le même temps, les succès, tels que celui de OMGW-1 au Gabon, doivent encore être certifiés par les auditeurs pétroliers pour pouvoir être intégrés dans les réserves du groupe.
Maurel n’a pas souhaité quantifier l’impact “exceptionnellement élevé” de ces charges sur ses comptes, mais il a rappelé que l’enveloppe prévisionnelle pour les investissements d’exploration en 2009 était de 250 millions de dollars, contre 200 millions de dollars l’année précédente – hors activités colombiennes cédées depuis.
Selon H&Associés, le seul abandon du puis M’Bafou “devrait se répercuter sur les comptes 2009 par une charge d’environ 10 millions de dollars”. Oddo MidCap a pour sa part revu son estimation de dépréciation d’actifs d’exploration de 27 millions d’euros à 55 millions d’euros. Cheuvreux table sur un montant proche, de 56 millions d’euros.
L’impact sur les comptes sera d’autant plus élevé que ces charges d’exploration viendront amputer un résultat déjà attendu en nette baisse, du fait d’un chiffre d’affaires en recul de plus de 50% après la cession de sa filiale colombienne Hocol, pas encore compensé par la montée en puissance de la production au Gabon.
Or “le consensus des analystes était positif” pour le résultat net 2009, a souligné une porte-parole de Maurel. Selon les données de FactSet Estimates, les analystes tablaient avant cette annonce sur un bénéfice net de 5 millions d’euros, selon la moyenne des prévisions de six d’entre eux.
Oddo MidCap, qui attendait un résultat net de 5,9 millions d’euros, a drastiquement revu ses attentes, et prévoit désormais une perte nette de 79,6 millions d’euros. L’analyste, qui conserve sa recommandation achat sur le titre en raison du potentiel des activités au Nigeria et du programme d’exploration “fourni” du premier semestre 2010, a toutefois abaissé son objectif de cours de 14 à 13,50 euros.
-Amélie Baubeau, Dow Jones Newswires; +33 (0)1 40 17 17 40; amelie.baubeau@dowjones.com

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