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Gabon : Du rififi chez les El Hadjis

Le Congrès de la communauté musulmane du Gabon tenu le 13 février à Libreville, a donné lieu à un conflit d’intérêt sur la nomination du nouveau président du Conseil supérieur des affaires islamiques du Gabon (CSAIG). Si la nomination d’Ali Bongo en qualité de nouveau chef religieux des musulmans du pays a fait l’unanimité, le lobbying d’un groupe de notables religieux pour l’accession de l’imam Osseni à la tête du CSAIG a été sévèrement contesté par l’Union des musulmans du Gabon.
Investi nouveau chef religieux des musulmans du Gabon lors du Congrès de la communauté musulmane du 13 février dernier, Ali Bongo a déjà du pain sur la planche pour rétablir la cohésion au sein des leaders de cette communauté divisés sur la nomination du président du Conseil supérieur des Affaires islamiques du Gabon (CSAIG).

Après s’être unanimement tournés vers le nouveau chef de l’Etat pour occuper le poste de «Raïs» laissé vaquant par le défunt président Omar Bongo, les participants ont procédé au toilettage de la charte régissant le fonctionnement des organes de la Communauté, deuxième point d’orgue de ces assises.

En présence des Imams des neufs provinces du pays, avec à leur tête, l’Imam Osseni, de la mosquée Hassan II de Libreville, les participants on procédé à l’adoption de la charte amendée qui réorganise le CSAIG en trois pôles, à savoir un secrétariat national, le Conseil national des imams et le Conseil consultatif.

Les participants ont enfin invité le nouveau Raïs Ali Bongo à désigner dans les plus brefs délais les nouveaux membres du CSAIG afin de donner un nouveau souffle de vie aux activités de la communauté. C’est à ce chapitre que se trouve la pomme de la discorde entre les notables de la communauté musulmane, plus précisément sur la recommandation qui propose l’imam Ismaël Osseni au poste de président du CSAIG.

Une recommandation qui aurait été introduite suite au lobbying d’un groupe de notables religieux de la communauté.

Sur ce point, l’Union des musulmans du Gabon a publié un communiqué dans lequel elle affirme notamment que «l’article 16 de celle-ci [la nouvelle charte] a été dénoncé par la plus haute autorité [Ali Bongo] en ce qu’il était taillé sur mesure et restreignait ses attributions de nomination en ce qu’il n’avait plus de choix».

Le communiqué s’étonne donc que lors du Congrès, «contre toute attente, la lecture du rapport fera mention d’une résolution proposant l’imam Osseni au poste de président du CSAIG».

Or «L’article 16 qui a fait l’objet de réserves de la part de la communauté et du Raïs, est taillé à la hauteur de l’actuel Imam de la mosquée Hassan II et est incompatible avec les principes de l’islam. Certains individus, en maintenant cet article qui a été dénoncé par le Raïs, ont ajouté dans l’obscurité et loin des musulmans l’expression «pouvoir discrétionnaire». Ce qui constitue une restriction des prérogatives du pouvoir de nomination du Raïs», explique le président de l’Union des musulmans du Gabon, Refozo Mohamed.

«Quant à la résolution proposant l’Imam Osseni0 à la présidence du CSAIG, non seulement les congressistes ne s’y reconnaissent pas, mais encore la charte ne donne nullement au Congrès les prérogatives de proposer au Raïs le Président du CSAIG, ce qui revient à imposer au Raïs et à la communauté musulmane une personne. Toutes choses qui constituent un défi à la plus haute autorité», conclu le communiqué.

Un conflit d’intérêt dont la résolution devrait constituer le baptême de feu d’Ali Bongo en qualité de chef religieux de la communauté musulmane au Gabon. Lui-même ancien président du CSAIG, le chef de l’Etat devra bien situer son nouveau statut pour dénouer cette crise et restaurer la cohésion de la communauté musulmane sur la gestion de ses organes directeurs.

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