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Environnement : Rupture pour une affaire des prétendus déchets toxiques entre la mairie de Mounana et la COMUF

Une affaire de prétendus déchets toxiques découverts à Mounana par des proches du maire adjoint, Rodrigue Bokoko, dans la verse industrielle de la compagnie des mines d’uranium de Franceville (Comuf), a signé leur divorce après une union vieille d’un demi-siècle.

Depuis le début de cette année, le maire adjoint de Mounana, Rodrigue Bokoko, et quelques proches accusent la Comuf d’avoir autorisé l’enfouissement des ‘’déchets toxiques’’ dans sa ville.
Cette opération a été effectuée par l’entreprise Geofor, sous-traitante de la Comuf, entre le 5 et le 15 novembre 2009, a indiqué M. Bokoko, ajoutant que ces produits proviendraient du Centre international de recherches médicales de Franceville (CIRMF). Quelque 11 bidons de différentes contenances dont 8 remplis de produits liquides non encore identifiés ont été découverts dans un bas-fond de la verse de la Comuf par deux chefs de quartiers, indique-t-on.

La verse industrielle de la Comuf est une zone privée interdite aux visiteurs et à toute personne non autorisée. C’est dans cet abîme constitué d’un lac circonscrit qu’ont été déversées tous les gravats et autres déchets issus des installations démantelées de la Comuf, entre 1998 et 1999 , dans le respect du cahier de charges visant à réhabiliter le site. D’où l’entretien permanent dont la zone était l’objet afin de ramener le taux de radioactivité à la normale.

Le 21 janvier, le maire adjoint de Mounana, Rodrigue Bokoko, assisté du député suppléant, Charles Okologo et du sénateur suppléant Mbami ont organisé une réunion d’information à laquelle ils ont associé le directeur général de la Comuf, Philippe Drouot, le représentant provincial de Geofor, les chefs de services, des quartiers ainsi que les forces sécurité et de défense. Au cours de cette réunion, le directeur général de la Comuf et le représentant de Geofor ont été soumis un interrogatoire musclé par les trois élus et les populations.

Tous ou presque ont enjoint Philippe Drouot, François sublime (son assistant) et le représentant de Geofor à reconnaître les faits « pour que le problème soit réglé à l’amiable ». En dépit de l’interrogatoire musclée et des manœuvres d’intimidation (le maire et le député frappant des poings sur la table) pour faire avouer les trois accusés, ceux-ci ont dit ne rien savoir de cette affaire qu’ils ont, à leur tour, qualifié de ’’montage sordide’’.

A Mounana, il y avait comme un mode de vie… Celui-ci consistait à créer des agitations pour se faire payer et les incitateurs recevaient de grosses commissions. Le directeur sortant de Comuf, Bernard Keiffer en était la principale victime.

En août 2009, un mouvement d’humeur de 104 femmes de la cité ’’Rénovation’’ sur la prétendue pollution des plantations avait tourné court. Toutefois la direction de la Comuf avait décidé de faire un don de 17 millions de FCFA à ces femmes afin de financer des petits projets d’auto emploi.
Dans cette perspective, la filiale du groupe français Areva finance d’autres projets à caractère sociaux dans la ville de Mounana, entre autre la construction d’une halte garderie et autres infrastructures sportives.

L’actuel directeur de la Comuf qui opte pour des relations franches avec ses interlocuteurs à Mounana semble gêner plus d’un. Ses positions lui ont progressivement coûté l’inimitié de certaines gens qui ont accusé Comuf de faire de la mauvaise politique en privilégiant un des deux camps qui se disputent le leadership politique de la localité, à savoir le PDG) et l’ex-UGDD fondue dans l’Union nationale (UN). Philippe Drouot qui n’a pas caché sa surprise sur les accusations assorties de menaces qui ont été portées contre sa personne mais aussi contre son entreprise (Comuf) a porté plainte contre X au Tribunal de Franceville les jours suivants. Pourtant accusant directement Comuf et son directeur général parce qu’il serait le seul à autoriser l’accès au site, en raison des barrières de protection, le maire a porté plainte, lui aussi, contre X (!) et non contre Comuf ou Philippe Drouot.

Pour sa part, Geofor a reconnu avoir traité et signé un marché d’une dizaine de millions de Fcfa avec le CIRMF pour débarrasser son entrepôt des matériels et objets encombrants. ‘’Nous avons fait le ménage au CIRMF en le débarrassant de toutes les ferrailles qui y traînaient, du matériel lourd et encombrant, des équipements usagés, stockés depuis 25 ans’’, a indiqué le responsable provincial de Geofor.

Parmi ces objets emportés du CIRMF, il y avait notamment de vieux livres et revues scientifiques qui ont été fait don à la bibliothèque de l’université des sciences et techniques de Masuku (USTM), quelques matériels qui ont bénéficié à l’université des sciences de la santé (USS), mais aussi des appareils électroménagers désaffectés, des pièces détachées de véhicules, de vieux ordinateurs, de vieux mobiliers, des réactifs périmés de laboratoire ne présentant aucun danger pour les populations et l’environnement, de la verrerie, etc.

‘’ Notre base étant à Mounana depuis plusieurs mois, nous avons jugé utile de transporter tout ce que nous avons pris au CIRMF chez nous afin de mieux conditionner les réactifs que nous avons destinés à la Sovog pour destruction’’, a-t-il précisé. Au total, Geofor a conditionné et expédié dans un container à Libreville, auprès de la société de valorisation des ordures du Gabon (Sovog), 1,68 tonne de réactifs, périmés depuis plus de 20 ans.

Naturellement, après avoir récupéré le nécessaire dans différents ordinateurs et autres appareils électroménagers, les ferrailles, les poutres, les pièces détachées usagées et autres carcasses ont été déversées sur le site de Comuf moyennant plusieurs rotations de véhicules jusqu’à ce que l’assistant du directeur général de Comuf, François Sublime s’en aperçoive et commande l’arrêt des mouvements parce que la verse industrielle n’est pas une décharge.

Le matériel précédemment déversé a été poussé en contrebas de la fosse pour ne pas encombrer l’espace. L’opposition de vues entre la mairie et les deux opérateurs économiques a nécessité le témoignage du CIRMF, accusé d’avoir confié des « déchets toxiques » à Geofor qui les auraient enfouis avec la complicité de Comuf dans un coin de Mounana.

‘’Nous sommes surpris par ce genre d’accusations qui ne visent rien d’autre qu’à ternir l’image du Cirmf qui a une expertise mondiale, reconnue par l’organisation mondiale de la santé. Tous nos produits jugés dangereux ne sortent jamais du périmètre du Cirmf. Ils sont systématiquement détruits dans l’incinérateur », a indiqué Norbert Mouyabi, directeur de la communication du Cirmf, précisant que l’institution trentenaire possède, en plus de l’incinérateur, 2 fours et 10 autoclaves pour les mêmes besoins.

Le Cirmf se défend donc d’avoir confié à Geofor quelque produit toxique que ce soit. « Ce sont des ferrailles, des pièces détachées usées, de vieux ordinateurs, des livres scientifiques, du matériel obsolète, de vieux mobiliers… et des réactifs de laboratoire périmés et non toxiques que Geofor a enlevé de notre entrepôt que nous jugions encombrant », a soutenu le docteur Jean Paul Gonzalez, directeur général du Cirmf, interrogé par Gabon Matin. Comuf n’utilise pas ce genre de produits, affirme-t-on et, s’ils sont toxiques, donc ils ne proviennent pas du Cirmf qui n’a sorti de son enceinte aucun produit toxique si ce ne sont des réactifs périmés non toxiques.

D’ailleurs des documents fournis par le Cirmf font foi. Mais d’où pourraient donc provenir ces 11 bidons ? Ils peuvent provenir de partout. De l’hôpital, de la mairie, de l’extérieur de Mounana, de partout… à des fins nuisibles.

‘’Quelques semaines avant la fin de l’année, explique le responsable de Geofor, j’ai rappelé à la plupart d’entre mes ouvriers qu’ils allaient arrêter de travailler le 31 décembre 2009 parce que leurs contrats allaient arriver à expiration. C’était pour leur éviter toute mauvaise surprise. Mais quelques uns d’entre eux, originaires de Mounana, ne l’ont pas apprécié. Ils ont menacé de me le faire payer. Cependant, je ne savais de quelle façon. Le 31 décembre qui était censé être leur dernier jour de travail, le scandale éclate’’.

Mais une rumeur a couru, selon laquelle la cooptation de Geofor a été faite au détriment d’une entreprise de forages dont l’un des acteurs de l’accusation serait détenteur de plusieurs actions. La verse de Comuf est une zone privée et proscrite. Qu’est-ce que les deux chefs de quartiers y sont allés chercher ? Les bidons ont été découverts en contrebas de la chute de terre, derrière un container.

Il fallait écarter des feuilles sauvages pour apercevoir ces bidons, a-t-on appris d’un témoin qui a participé à l’expédition organisée par la mairie. Comment de prétendus passants auraient-t-ils pu se rendre compte de la présence des bidons à cet endroit s’ils ne savaient rien de cette affaire ? Mais pour ajouter au malheur de l’opérateur, la mairie réussit à son tour de faire jeter dans la verse de Comuf des gravats issus de la démolition de certains de ses ouvrages, des épaves de véhicules et une citerne « dans laquelle je me demande bien ce qu’on a pu y contenir », s’est inquiété Philippe Drouot.

Pour attirer l’attention, le maire adjoint et ses camarades multiplient des sorties fracassantes à Libreville et à Mounana dans les média. Ainsi, conférences de presse, meeting populaires, harangues, sensibilisations de toutes sortes sont prévus. Le meeting qui devait avoir lieu à Mounana mercredi sous les objectifs des caméras a été reporté en raison des dérangements dans les horaires des trains. Pendant ce temps, on occulte un cas réel de pollution dans la rivière Ngangolo. L’hôpital y a déversé de centaines d’éprouvettes, des produits non identifiés dans des sachets, des seringues et d’autres objets souillés sans que cela n’aient interpellé personne.

Provocation ou simple erreur, l’avenir et les enquêtes en cours nous édifierons.

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