Une vaste opération de contrôle d’identité des ressortissants étrangers a été lancée à Libreville depuis plusieurs jours, mais de nombreux émigrés dénoncent déjà des rafles organisées qui sont suivis par de rapatriements. Dans la soirée du 17 février, une centaine de Camerounais en attente d’expulsion sont entrés en grève de la faim dans les geôles de la Direction générale de la documentation et de l’immigration (DGDI) pour dénoncer les conditions de leur arrestation et rétention.

Simples contrôles ou rafles organisées ? Les avis divergent face aux allures que prend l’opération de contrôle d’identité des étrangers à Libreville, censée contraindre les ressortissants étrangers à régulariser leur situation.

Dans de nombreux points névralgiques de la capitale gabonaise, les forces de l’ordre ont érigé des barricades et contrôlent véhicules particuliers et taxis. A d’autres endroits, certains témoins racontent que les forces de l’ordre pratiquent des contrôles massifs, avant d’emmener tous ceux qui ont été trouvés sans carte de séjour dans un bus blanc que les badauds et amis des personnes arrêtées attribuent à la (Direction générale de la documentation et de l’immigration) DGDI.

«Nous étions habitués aux contrôles de jour comme de nuit. Mais depuis quelques jours, la ville de Libreville vit au rythme des contrôles inopinés menés par les forces de maintien de l’ordre. Ces contrôles ont tout l’air d’une petite opération visant à arrêter tous les étrangers en situation irrégulière dans ce pays. Ils sont en cellule. Il y en a qui parviennent à monnayer au prix fort pour être relaxés. Parmi ces personnes, il y a nos compatriotes camerounais mais, je ne peux pas vous dire avec précision combien ils sont. Toujours est-il qu’ils sont nombreux», a affirmé un Camerounais vivant à Libreville le 18 février dernier.

La veille, ce sont une centaine de Camerounais qui auraient entamé une grève de la faim pour dénoncer les conditions d’arrestation et de détention dont ils sont victimes.

Pour la DGDI, ce sont simplement «des sans papiers» qui sont de temps en temps aux prises avec les forces de sécurité gabonaises qui, tous les jours, mettent aux arrêts des étrangers en situation irrégulière. Il ne s’agirait véritablement pas d’une opération spéciale. La police a ce rôle de veiller sur la sécurité des Gabonais et de savoir qui est au Gabon et qui fait quoi. On ne les arrête pas pour rien», explique un agent.

«Vous savez qu’ils sont très nombreux qui arrivent et vivent au Gabon sans être en règle. Ce qui n’est pas normal. Vous ne pouvez pas partir de votre pays et décider de vous installer n’importe comment», a-t-il ajouté.

Selon certains témoins, les forces de l’ordre embarqueraient des étrangers par dizaines chaque jour, qui seraient gardés à la DGDI en attendant d’être reconduits dans leurs pays respectifs, par bateau pour les pays limitrophes, et par avion pour les autres.

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