En vue d’examiner les conséquences de l’interdiction d’exporter les grumes et étudier les mesures d’accompagnement de cette décision, un forum sur la gestion forestière au Gabon a été organisé du 15 au 17 février dernier à Libreville. Ayant rassemblé tous les acteurs du secteur, les travaux ont débouché sur la nécessité d’adoucir l’interdiction d’exportation des grumes en janvier 2010 et ont notamment recommandé un calendrier progressif jusqu’en 2012.
Réunis autour du thème «bilan de la gestion forestière au Gabon et perspectives pour la valorisation des produits forestiers», plus de 500 experts représentant les administrations impliquées, les opérateurs privés de la filière bois, les partenaires au développement, les ONG et les institutions financières internationales ont pris part au forum organisé à Libreville du 15 au 17 février dernier.

La tenue de ce forum est une matérialisation de la recommandation faite le 26 novembre denier à l’Assemblée nationale par le Premier ministre gabonais, Paul Biyoghé Mba, qui avait alors demandé que soient proposés à son gouvernement des mesures concrètes, urgentes et chronologiques relatives à la mesure gouvernementale d’interdire l’exportation des grumes à partir de janvier 2010.

Dans son allocution d’ouverture de ce forum, le chef du gouvernement s’est notamment indigné du «faible taux d’industrialisation [de la filière forêt-bois] un siècle après le début de l’exportation de la première grume de la forêt gabonaise».

Une dizaine de thèmes ont été abordés au cours de ces travaux portant notamment sur les fondements de la mesure d’interdiction d’exportation des grumes ; la forêt et les changements climatiques ; le financement du secteur forêt-bois ; la valorisation des produits ligneux et non-ligneux ; le marché national et international du bois ; etc.

Les travaux ont débouché sur le constat général que la décision d’interdire l’exportation des grumes est louable et salutaire pour le Gabon mais elle se heurte à la réalité de l’état d’industrialisation et donc à l’adaptabilité des opérateurs économiques du pays.

«Passer d’un niveau d’industrialisation variant entre 25 et 45% au niveau maximum de 100% en moins d’une année est fort difficile en raison du temps nécessaire pour la mise en place des usines de transformation», pouvait-on noter lors de la lecture publique du rapport général des travaux.

Aussi, le forum a-t-il proposé un plan d’action et un chronogramme pour la mise en pratique d’une série de mesures. Au titre des actions à réaliser immédiatement, on reteindra la révision de la loi 016/01 du 31 décembre 2001 portant code forestier en République gabonaise ; le dépôt par tous les opérateurs économiques de leur plan d’aménagement et d’industrialisation ; le retrait des permis aux opérateurs en situation irrégulière ; l’obligation pour les opérateurs de transformer 60% de la production de grumes en 2010, 75% en 2011 et 80% en 2012 «avec un plafonnement des exportations des grumes à un volume brut : 1,2 million de m³ en 2010, 1 million de m³ en 2011 et 800 000 m³ en 2012 ; la mise en place de financements publics et d’aménagement fiscalo-douanières pour favoriser l’industrialisation de la filière bois, ou encore la création d’une structure de promotion des produits forestiers à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

Au titre des actions à réaliser sur un champ temporel de deux ans, on a noté, entre autres : La mise en place d’une école des métiers du bois et le renforcement des infrastructures (routes, ports, voie ferrée, énergie).

Concernant les actions à mener sur un horizon de 5 ans, il a été notamment retenu que l’Etat gabonais devra contribuer au financement des inventaires forestiers nationaux, au reboisement, à la conservation et à l’aménagement durable des forets autres que celles qui servent à la production.

La forêt occupe 22 millions d’hectares, soit 80% du territoire gabonais, et le bois en pied est estimé à 2,6 milliards de mètres cubes dont 1,5 sont commercialisables. La part du bois représente 6% du Produit intérieur brut (PIB) hors pétrole, et ce secteur est le principal employeur privé du pays avec environ 15 000 emplois directs et 5 000 emplois indirects, selon des chiffres récents du ministère des Eaux et Forêts. D’autres estimations font état de 30 000 emplois indirects

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