Célébrée ce lundi par la communauté internationale sous le thème « Droit de savoir: accès à l’information », au Gabon, la Journée mondiale de la Liberté de la Presse, est l’occasion pour les journalistes de donner également leurs avis sur la problématique de l’accès aux sources d’informations.

Paul Avoungou Ndila (journaliste à la rédaction de Télé Africa): « Le thème global parle d’accéder à la source de l’information qui est la base de l’activité journalistique. Car, le journaliste qui veut donner une information dans la phase de collecte, doit absolument aller à la source, prélever l’information pour ensuite la diffuser ».
« Accéder à une source suppose avoir les capacités financières de pouvoir prendre du temps et de travailler. C’est aussi un problème d’engagement personnel parce que lorsqu’on n’a pas reçu un salaire depuis 4, 5 voir 6 mois et qu’on vous présente dix fois plus que ce que vous gagnez normalement, vous comprenez qu’il est difficile de résister ».

« Vous comprenez qu’accéder à la source d’information implique la prise en compte d’un certain nombre de paramètres. D’où la question de savoir si les journalistes sont véritablement prêts à aller dans le sens de cette thématique mondiale qui a été ramenée au plan national ? ».

« Ma contribution, c’est que le journaliste doit d’abord commencer à prendre ses responsabilités par rapport à l’histoire et au travail qu’il fait. Cette responsabilité passe par la probité, nécessaire à l’éclosion de son métier. On ne peut pas se prévaloir du titre de journaliste lorsqu’on est dans un carcan qui nous met en position de faiblesse ».

« On ne peut pas dire qu’on est journaliste libre et travaillant pour l’Etat, Sachant qu’il est difficile de critiquer l’Etat tant qu’on travail pour lui. C‘est pourquoi le journaliste doit d’abord commencer par prendre son indépendance s’il veut prétendre accéder aux sources d’information en refuser de monnayer son talent».

Jonas Moukala, Rédacteur en Chef à la Radio Télévision Nazareth (RTN): « Je lance un appel aux pouvoirs publics pour qu’ils puissent être un peu plus ouverts envers nous afin que nous ayons plus d’accès à l’information qui fait souvent défaut.

Cette journée doit donc interpeller la conscience des décideurs pour ouvrir un peu plus les vannes ».

Edgard Omar Nziembi Douckaga, journaliste-reporter à la Radiodiffusion télévision gabonaise, première chaine (RTG1): « Le thème qui est décliné doit nous amener à réfléchir à l’occasion de cette journée. Car, dans le  contexte du Gabon, effectivement, quant on fait le tour de prison, on constate qu’il n y a pas des journalistes incarcérés».

Même quant on fait le tour des parquets, si vous retrouvez des journalistes, c’est certainement pour un autre problème mais, pas pour des délits de presse. Donc, sur le coup, on peut dire effectivement qu’il y a liberté de la presse au Gabon.

Seulement, ce que l’opinion ignore, c’est ce qui amène parfois les journalistes à perdre leur emploi. On n’en parle pas souvent. Il y a des journalistes qui se retrouvent au chômage tout simplement parce que le Directeur qui l’emploi a reçu les ordres d’une autorité à cause d’une information diffusée qui est pourtant vraie.

L’autre difficulté, c’est l’accès aux sources d’informations. Quant vous allez faire une investigation d’informations et qu’on vous ferme la porte au nez, vous spéculer ! Et en ce  moment, il y a de fortes chances que vous ayez à taper dans le mile en donnant la bonne information ou alors vous tapez à côté. Et, c’est en ce moment là qu’on se met à dos les juridictions ».

Donc, on peut dire officiellement qu’il y a la liberté de la presse mais, en même temps, il y a de gros obstacles liés aux pressions que les journalistes subissent sur le terrain et à la difficulté d’accéder à une information.

Je crois que le contexte actuel et le thème qui est décliné cette année doit permettre au Président de la République et au Ministre de la Communication de mieux créer le cadre qui permet aux journalistes d’avoir la garantie d’obtenir l’information qu’il recherche et la liberté de la traiter et de la diffuser ».

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