C’est un immense terrain de buttes d’argile rouge dans la forêt mais dans six mois doit se dresser, à proximité de Libreville, la première partie de la Zone économique spéciale (ZES) de Nkok, appelée à devenir la plus grande d’Afrique centrale et de l’Ouest.
Depuis le 7 juin, environ 400 hectares ont été défrichés au milieu de la jungle, à une trentaine de kilomètres de la capitale.
D’énormes engins de terrassement s’emploient à araser les collines qui s’élevaient jusqu’à 25 mètres et combler les vallées situées sous le niveau de la mer pour en faire un plateau sur lequel s’installeront des industries, notamment de transformation du bois.
Le projet s’inscrit dans la démarche du président Ali Bongo Ondimba de favoriser l’émergence d’une industrie locale exportant des produits finis et semi-finis à forte valeur ajoutée. Faiblement industrialisé, le Gabon vit principalement de ses matières premières (pétrole, manganèse, grumes brutes).
Le gouvernement espère, grâce à la ZES, relancer la filière bois qui tourne au ralenti depuis la décision, en 2009, d’interdire l’exportation de grumes brutes pour inciter les entreprises à investir dans la transformation.
Pour être dans les temps, 150 personnes se relaient jour et nuit dans la poussière afin que les entreprises puissent s’installer dès septembre et produire en mars 2011. Le projet doit s’achever en mars 2013 et couvrira une surface de 1.026 hectares.
“Nous sommes actuellement à la saison sèche mais bientôt nous serons à la saison des pluies (en septembre). Quand il y aura les pluies, vous pensez bien que ça va être +rock n’ roll+”, explique les pieds dans le sol meuble le chef de chantier, Lino Carlos Boussamba.
La ZES proposera, à proximité du principal axe routier du pays, du rail et d’un accès à la mer, des espaces industriels équipés en infrastructures, mais aussi des zones résidentielles et commerciales, des espaces verts, un hôtel.
Objectif ? Devenir “la première zone économique d’Afrique centrale et de l’ouest”, a annoncé la présidence indiquant que le contrat avait été signé parmi un ensemble d’autres, pour un montant de 3,5 milliards d’euros, avec la multinationale de Singapour, Olam.
Avec “une capacité de traitement d’un million de mètres cubes (de bois) par an (…), elle devrait attirer près d’un milliard de dollars d’investissement et créer près de 9.000 emplois directs”, selon la présidence.
“Plus de cinquante compagnies dans l’industrie” devraient s’y installer, selon Amandine Ogouebandja, directrice marketing et vente à Gabon Special Economic Zone, qui gère le site pour Olam.
Ces entreprises viendront chercher des “avantages fiscaux, par exemple l’exonération de TVA (pendant 25 ans) ou d’impôt sur le revenu pendant dix ans, 100% de fonds rapatriables dans le pays d’origine, liberté d’emploi de personnes étrangères, 50% de coût en moins sur l’électricité”, ajoute Mme Ogouebandja.
Et si les travaux se font si vite, c’est pour offrir rapidement les “services spécialisés” dont a besoin l’industrie du bois pour s’installer et permettre au plus vite de “donner aux exploitants forestiers les débouchés qu’il faut pour absorber les quantités de grumes qui se sont accumulées”, explique le ministre gabonais de l’Economie, Magloire Ngambia.
“Il faut remettre la filière sur pied”, affirme-t-il.

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