Dans sa livraison de ce jeudi, le quotidien l’Union se penche sur la « dégradation » actuelle du réseau d’interconnexion entre les opérateurs téléphoniques Zain et Libertis, et appelle l’Agence de Régulation des Télécoms à « prendre ses responsabilités et « jouer son rôle d’arbitre ».

Selon notre confrère, « depuis près d’un mois », les communications entre les deux principaux opérateurs sont « désastreuses ». En effet, « Joindre un abonné Libertis via son Zain, et vice versa, relève aujourd’hui de la gageure et requiert une grande patience qui vire très rapidement à l’agacement ». Pourtant, de part et d’autre, l’on se rejette la responsabilité de ces mauvaises communications, que les consommateurs ne cessent de déplorer.

Interrogé sur les raisons de cette situation, le Directeur commercial par intérim de Zain a indiqué qu’elles étaient plutôt à chercher du côté de Libertis, avant d’argumenter « qu’aucune défaillance technique n’a été constatée » sur son réseau. Toutefois, a-t-il concédé, ces derniers jours, une dizaine de plaintes y relatives ont été enregistrées par ses services.

Pour le responsable, malgré les contacts récurrents initiés avec les agents du service technique de Libertis, ceux-ci n’ont pas permis de fournir des explications sur le pourquoi de ce problème.

« SOUPCONS QUANT A L’ORIGINE DU PROBLEME »

« Chaque fois que nous les contactons, ils nous disent simplement de transmettre les numéros de nos abonnés qui n’arrivent pas à joindre des numéros Libertis. Et tout de suite après, le problème est réglé », a-t-il confié, tout en avouant quelques « soupçons quant à l’origine du phénomène ».

Qui plus est, poursuit le Directeur commercial de l’entreprise, Zain n’aurait aucun intérêt à brouiller volontairement son réseau d’interconnexion. Au contraire, un tel acte serait préjudiciable financièrement parlant. En effet, la grille d’interconnexion fixée par l’Agence de Régulation des Télécommunications (ARTEL), précise que chaque communication de Zain vers Libertis, et vice versa, est facturée au profit de la seconde.

S’exprimant à son tour, la Direction générale de Libertis a relevé que les désagréments constatés par les consommateurs datent de 2008. Une période durant laquelle un rapport, mettant en relief la diminution de près de 92% des appels de Gabon Télécom vers Celtel, et de 98% de Celtel vers Gabon Télécom, avait été transmis à l’ARTEL. Ce document indiquait par ailleurs que ce phénomène « était principalement dû à un blocage de circuit ».

« Nous constatons et d’une manière générale qu’à chaque fois que nous initions des promotions, les communications vers zain sont partiellement ou totalement bloquées. Le cas le plus récent est celui relatif à la période des manifestations du cinquantenaire », apprend-on, chez Libertis.

Mieux. Dans une correspondante « sans suite », datée de mai 2010, et adressée à l’ARTEL, la direction de Gabon Télécom Libertis aurait relayé « les plaintes de ses clients et de ses providers internationaux des difficultés à terminer les appels chez Zain en passant par Gabon Télécom ».

Un comportement « anti commercial » que Gabon Télécom affirme avoir encore dénoncé le 28 avril dernier, devant les représentants de Zain, au cours de la réunion inter-opérateurs tenue à l’ARTEL sur la question du tarif de transit international.

Dès lors, l’Union appelle l’ARTEL à « prendre ses responsabilités et régler au plus vite ce litige ».

Eu égard à sa récente étude sur la qualité, établissant un classement par opérateur, qui a été publiée à « grand frais et à grand renfort publicitaire », le quotidien commente : « une manière habile de fuir le problème plutôt que d’avouer son incompétence ».

L’Agence de régulation des télécommunications avait, dans le cadre de la vérification continuelle et régulière de la qualité de service des réseaux mobiles (Libertis, Zain, Moov, Azur) au Gabon, réalisé un audit du 7 juin au 1er juillet 2010.

« USER DE LA CAROTTE MAIS EGALEMENT DU BÂTON »

Une vingtaine de techniciens, à travers le pays, ont testé notamment les communications intra réseau Zain vers zain, Libertis vers Libertis. Ils se sont également consacrés aux interconnections, c’est-à-dire, les réseaux mobiles entre eux, puis, avec le réseau fixe national de Gabon Télécom.

Il en est ressorti que, bien que dernière société de téléphonie à s’implanter, Azur partout où elle se trouve, respecte ses engagements quant à la qualité du service offert et que, selon toujours l’étude, Zain est le meilleur opérateur, en terme de classement qualité , suivi de Moov.

Tous les opérateurs, rappelle-t-on, sont liés à l’Etat gabonais par des licences et des cahiers de charge technique, dans lesquels figurent des obligations qu’ils ont acceptées.

En recevant l’audit, en juillet dernier dans son cabinet de travail, le Ministre en charge de L’Economie numérique, madame Laure Olga Gondjout, avait salué la qualité du travail effectué et exhorté l’Artel à user de la « carotte » mais également du« bâton » si nécessaire.

Avec le lancement imminent de la téléphonie de troisième génération « 3G », il importe, avait-t-elle déclaré de ramener à l’ordre, les opérateurs concernés.

Source : l’Union

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