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Politique / Pour de véritables stratégies de développement dans les municipalités gabonaises

Le secrétaire général de la mairie de Libreville, Jean-Marie Mboubou Makanga, sous le thème « la gestion administrative des municipalités » présentant, ce lundi, à Libreville, le premier exposé du séminaire sur le développement harmonieux et durable des communes gabonaises, a prôné la mise en place de véritables stratégies de développement dans les structures municipales, a constaté GABONEWS. Dans son exposé M. Makanga qui, « sans complaisance », a procédé à un audit, « non exhaustif », de l’administration des municipalités gabonaises, a remarqué, à l’entame de son propos, que les structures actuelles se « cherchaient », et que leurs prérogatives étaient le plus souvent « mal comprises ».

« ADMINISTRATION DESARTICULEE »

Selon le conférencier, ces déficits relèveraient d’une « absence de synergie », d’un manque de communication, tant interne qu’externe, mais également d’une inadéquation au niveau de la formation des personnels.

Rappelant que dans ces termes, la loi sur la décentralisation ne donne aucune orientation sur le cadre administratif qui régit les collectivités locales, et particulièrement les municipalités, le secrétaire général de la mairie de Libreville a constaté qu’au Gabon, « chaque mairie s’est dotée d’un organigramme » propre.

« Existe-t-il une administration municipale ? Oui, mais au stade embryonnaire », a-t-il indiqué, avant de poursuivre : « l’administration est également plurielle, identifiée à chaque ville », et « tributaire de la créativité des conseils municipaux. En effet, selon l’orateur, « les problèmes généraux se confrontent à la permanence de l’originalité de chaque ville ».

Après avoir déploré un « semblant d’administration désarticulée, peu communicative, et sans vision prospective », Jean-Marie Mboubou Makanga a mis en exergue quatre principaux écueils qui semblent découler des déficits relevés, à savoir : « l’interférence dans l’exécution des actions », « l’accroissement de la masse salariale », « l’augmentation des coûts du personnel » et « l’absence de vision prospective du personnel d’encadrement ».

Dans ce dernier cas, force a été de constater, d’après M. Makanga, que les ressources humaines des municipalités étaient peu formées aux métiers de l‘administration et du développement local.

ADOPTER UNE « VISION »

S’appesantissant sur l’aspect de la Communication de ces structures, le secrétaire général de la mairie de Libreville, a noté que « c’est un pan de l’administration que l’on ne regarde pas », en dépit de « l’importance qu’elle revêt dans la gestion administrative ».

Pourtant, a-t-il martelé, à côté de l’impératif de la structuration des municipalités, il importe également de se préoccuper de la circulation de l’information interne, d’une part, et en direction des syndicats, de la population, et des prestataires de services, d’autre part.

Aussi, a-t-il appelé à mettre en place « une vigoureuse politique de communication » dans les municipalités.

Au chapitre des projections, dans le contexte de l’adoption prochaine de la « loi sur le transfert de compétence », le conférencier a souhaité que les municipalités procèdent d’une « vision », qui se déclinerait en des « missions bien claires ».

Trois axes ont été retenus par M. Makanga, qui a préconisé de « repenser l’administration » des collectivités locales en général, et des municipalités en particulier », de recourir à l’expertise de « ressources humaines formées », et de mettre en place de véritables stratégies de développement.

Au terme de l’exposé, qui a alimenté des échanges prolongées et francs, les participants, pour la plupart maires ou secrétaires généraux de municipalités, ont axé leurs interventions sur la formation des personnels, en indiquant, dans une large mesure, qu’ils sont tributaires des équipes municipales précédant les leurs.

A ce titre, selon la mairesse de la commune d’Oyem, Rose Allogo Mengara, les fonctions politiques, d’un maire, et les budgets limités que possèdent les municipalités gabonaises, ne permettent pas toujours de répondre à l’impératif de formation dudit personnel.

A la faveur de cet exposé, ce lundi, dans la salle du conseil municipal de l’hôtel de ville de Libreville, Jean-Marie Mboubou Makanga, ouvrait le bal des contributions qui alimenteront jusqu’à mardi, le séminaire sur le développement harmonieux et durable des communes gabonaises.

A la tribune, demain, le maire de Libreville, Jean-François Ntoutoume Emane, pour édifier l’assistance sur les « villes africaines et management urbain local » tandis que son homologue d’Oyem (Nord), madame Rose Allogo Mengara, notamment évoquera « la coopération décentralisée, cas de la mairie d’Oyem » précédant l’édile de Tchibanga (Sud), Jérôme Kwenzi, qui, lui, s’intéressera à « la lutte contre l’insalubrité dans les communes du Gabon : stratégies et procédures ».

Attendu, un rapport général à l’issue de ce séminaire dont la clôture aura lieu jeudi prochain.

Cette rencontre de Libreville intervient un mois après l’adoption par le Sénat, l’un des chambres du parlement bicaméral du projet loi organique sur la décentralisation et le transfert des compétences de l’Etat aux collectivités locales aux fins de favoriser leur développement économique et social.

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