Le groupe nucléaire français Areva, l’Etat gabonais et d’anciens travailleurs miniers ont créé mardi un “Observatoire de la santé de Mounana” (sud-est du Gabon), notamment pour définir “l’impact de l’activité minière” sur cet ancien site d’exploitation de l’uranium.

“C’est une première mondiale. C’est la première fois qu’un industriel s’engage sur une surveillance sanitaire des anciens salariés” de sites miniers, a déclaré à la presse à Libreville le directeur médical d’Areva, le Dr Alain Acker, à l’issue de l’assemblée générale constitutive de l’observatoire.

L’Observatoire de la santé de Mounana (OSM) doit tenir son premier conseil d’administration jeudi à Mounana.

“On va déployer la même méthode de veille sanitaire sur tous les sites miniers que nous opérons dans le monde, en Afrique et ailleurs”, a expliqué le Dr Acker.

L’idée de l’observatoire a été émise en 2007 par le groupe français, après que plusieurs ONG eurent épinglé Areva et sa filiale au Gabon, la Compagnie des mines d’uranium de Franceville (Comuf), pour une mauvaise gestion du risque radioactif dans le pays.

Depuis, a assuré le Dr Acker, “un énorme travail a été fait (…) pour le suivi médical des anciens travailleurs et des populations qui vivent autour de l’ancien site” où la Comuf a exploité pendant près de 40 ans des gisements d’uranium. La mine a fermé en juin 1999 “faute de réserves économiquement exploitables”, selon Areva.

“Depuis trois ans, nous avons relevé toutes les maladies qui ont été soignées” par l’hôpital de la Comuf à Mounana “entre 1958 et 2005. Ca représente 850.000 enregistrements”, a affirmé le Dr Acker.

“L’ensemble de ces enregistrements va faire l’objet d’un traitement au sein” de l’observatoire “et nous pourrons publier des résultats, pour voir si effectivement il y a un excès autour de telle ou telle maladie autour de Mounana par rapport à d’autres régions du Gabon”, a-t-il dit.

“L’Observatoire va essayer de répertorier tous les anciens travailleurs” pour vérifier si leurs maladies recensées “peuvent être liées au travail qu’ils faisaient et si les populations alentour peuvent être touchées aussi”, a expliqué David Benoni (bien David Benoni), un des représentants de l’Etat gabonais dans la structure avec l’ex-ministre Egide Boundono Simangoye.

Il pourra également “prendre les dispositions voulues, en termes éventuellement d’indemnisation et de soins de santé” après validation des demandes par ses comités médical et scientifique, a ajouté M. Benoni.

La création de cet observatoire, réclamée de longue date, est “une victoire” pour le Collectif des anciens travailleurs et miniers de Comuf-Mounana (Catram), a estimé Antonin Poukessi, président de cette association également membre fondateur de l’OSM qui, selon lui, regroupe 1.862 membres.

Maintenant, “nous avons en face des gens qui ont une expertise avérée”, notamment “pour déceler certaines maladies” liées à l’exposition à l’uranium, a-t-il ajouté, évoquant “les maladies sanguines, les maladies des os”.

Dans un communiqué publié mardi, Areva précise que la création de cet observatoire s’inscrivait “dans une démarche globale initiée (…) en partenariat avec les associations Sherpa et Médecins du Monde”.

Selon le texte, l’exploitation de Mounana, effectuée de 1961 à 1999, “a permis la production de 26.660 tonnes d’uranium”.

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