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Société / A défaut du « saucissonnage » des trajets, les transporteurs imposent leur prix à Libreville

Depuis la rentrée académique 2010-2011, ajoutée au retour de la saison des pluies sur l’étendue du territoire, les transporteurs urbains et périurbains de la capitale gabonaise, Libreville, imposent les prix des trajets qui passent du simple au double en plus du traditionnel saucissonnage qui vise également à maximiser les gains, a constaté ce mercredi GABONEWS.

Le retour des pluies au Gabon qui rend difficile les déplacements des citoyens non véhiculés, suscite de nombreuses réactions de la populations face aux comportements des transporteurs qui n’hésitent pas à profiter de la situation.

La population qui s’agglutine, les pieds dans l’eau, dès la moindre petite averse, à la recherche d’un taxi ou d’un transport en commun se voit très souvent narguée par les transporteurs qui exigent des prix passant du simple au double. En effet, ces derniers n’embarquent les clients qu’à l’écoute d’une « bonne proposition » qui fixe le prix du trajet à plus de 1000 francs CFA.

Ce mercredi par exemple, à la suite de la pluie qui s’est abattue sur la capitale gabonaise, les conducteurs de « taxis bus » encore appelé « transport des pauvres » évoluant sur le trajet « I.A.I – Petit Paris », ont imposé le prix du trajet à 300 francs CFA au premier arrêt au lieu des 100 francs habituel.

Beaucoup d’entre eux sont allés même jusqu’à imposer aux clients de s’acquitter du coût du transport, fixé à 300 francs CFA avant le démarrage du véhicule. « Payez avant que je ne démarre, car je ne veux pas avoir de problèmes devant », lançaient –ils à chaque chargement.

Ainsi, de nombreuses personnes qui n’avaient que le prix exact de leur parcours n’ont pas pu se déplacer ce mercredi, explique Mme Philomène Ada, ménagère à Likouala et habitant I.A.I.

« Je n’ai pas suffisamment d’argent sur moi. Je vais rester à la maison car je n’ai pas envie de partir et d’être incapable de revenir chez moi. Ce n’est pas normal que ces taximen se comportent de cette manière, ils ne pensent qu’à eux et cela se passe sous les yeux des policiers, censés protéger les citoyens », s’est-elle insurgée.

Les transporteurs, de leur côté, ne manquent pas d’arguments pour justifier ces agissements. « Le carburant coûte cher chaque jour un peu plus cher, (470) le litre de gasoil. Nos amis, les policiers qui ne nous ratent pas, il faut prévoir leur part chaque jour, ajouté à l’étroitesse des routes qui entraîne les embouteillages. Ainsi, sur un trajet, aller, on fait 45 minutes sinon plus, et la journée passe très vite. Nous n’avons pas très souvent la possibilité d’amortir les coûts de notre investissement. Alors, il faut bien que quelqu’un supporte cela », a expliqué Salomon Eké, chauffeur de taxi bus.
Ce problème persiste malgré les efforts fournis par le gouvernement pour renforcer les capacités de la Société Gabonaise de transport (SOGATRA) qui peine actuellement à remplir convenablement la tâche qui lui revient.

De même, la hausse des prix dans les secteurs des transports intervient au moment où les boulangers ont décidé d’augmenter les prix du pain pays au grand dam de la population, faisant à l’occasion monter le ministère du commerce au créneau pour un rappel à l’ordre.

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