Les conseillers municipaux de l’opposition, majoritaires au conseil municipal de Port-Gentil, ont rejeté, mercredi dernier, le projet d’ordre du jour du conseil municipal présenté par le maire André Jules Ndjambé, bloquant la poursuite des assises, a constaté un journaliste de l’AGP.

Le porte-parole de l’Alliance pour la construction et la restauration (ACR), un regroupement de cinq partis d’opposition, le sénateur Franck Rebella, a demandé la modification du projet d’ordre du jour pour y inclure la démission du maire André Jules Ndjambé.

M. Rebella a rappelé que lors du conseil budgétaire de décembre 2009, le budget de la commune de Port-Gentil a été rejeté par les conseillers municipaux pour dénoncer “la gestion scabreuse” du maire.

Dans un mémorandum rendu public le 18 janvier 2010, l’Union du peuple gabonais (UPG-opposition) a également relevé des dysfonctionnements dans la gestion municipale, rejetant définitivement le protocole d’accord politique conclu avec le Parti démocratique gabonais (PDG au pouvoir) pour la gestion collégiale de la mairie de Port-Gentil, a poursuivi M. Rebella.

Le porte-parole de l’ACR a encore rappelé que les 15 et 18 septembre derniers les conseillers municipaux du PDG, à leur tour, se sont insurgés avec virulence contre “la gestion autocratique et népotique” du maire qui, selon lui, n’est plus habilité à diriger le bureau du conseil municipal.

M. Rébella a demandé au maire de modifier le projet d’ordre du jour de la session du conseil municipal en y inscrivant la démission du bureau du conseil. Cette démission, a-t-il affirmé, est attendue et sera acceptée séance tenante.

“Nous ne voulons pas que l’on pense que l’opposition est dans une logique de blocage de l’institution. Simplement nous disons que le maire Ndjambé n’est plus compétent pour gérer la mairie pour les raisons que tout le monde connaît”, a-t-il déclaré.

“Il appartient par conséquent à sa formation politique de tirer les conclusions de sa position et de désigner quelqu’un d’autre pour achever son mandant”, a-t-il dit, ajoutant que “nous sommes disposés à travailler avec celui-là”.

Selon le porte-parole de l’ACR, l’opposition ne peut pas logiquement avoir refusé de voter le budget en janvier dernier et accepter de confier le foncier municipal à la même équipe dix mois plus tard.

Pour sa part, M. André Jules Ndjambé a déclaré ne pas avoir perdu l’espoir de voir le budget municipal pour l’exercice 2010 voté lors du prochain conseil municipal, en dépit de l’attitude hostile des conseillers municipaux de l’opposition.

“Les populations vont comprendre qu’elles ont élu des conseillers qui font du désordre. Ils viennent faire de la gesticulation au conseil. Il n’est pas normal que l’on prenne les populations en otage, car c’est bien le cas aujourd’hui”, a affirmé M. Ndjambé.

Les populations “sauront tirer des conclusions de l’attitude des conseillers qu’ils ont élus”, a ajouté le maire de Port-Gentil, qui a demandé à ses adversaires de démissionner en bloc, afin d’amener les pouvoirs publics à convoquer d’autres élections ou à confier la gestion de la commune à une délégation spéciale, jusqu’à la fin de son mandat.

En 2008 le PDG a conclu un accord pour la co-gestion de la commune de Port-Gentil avec l’UPG de Pierre Mamboundou, l’Union gabonaise pour la démocratie et le développement, (UGDD) de Zacharie Myboto, l’Alliance démocratique et républicaine (ADERE, majorité présidentielle).

Le rejet de l’accord par l’UPG, a conduit au rejet, en décembre dernier, du budget d’investissement de la municipalité, lors du conseil municipal, actuellement dominé par l’Alliance nationale des bâtisseurs (ANB-opposition) de Me Séraphin Ndaot Rembogo avec 26 conseillers municipaux sur les 63 que compte la commune de Port-Gentil.

Les démarches entreprises en octobre dernier par M. Emile Otando, le président du conseil des sages de Port-Gentil, une institution consultative placée sous l’autorité du maire, pour concilier les deux parties, se sont finalement soldées par un échec.

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