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Côte d’Ivoire : sommet extraordinaire des Etats d’Afrique de l’Ouest

Au lendemain de l’échec de la tentative de médiation de l’Union africaine via l’ex-chef d’Etat sud-africain Thabo Mbeki, un sommet extraordinaire des Etats membres de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) s’est ouvert mardi 7 décembre à Abuja, au Nigeria, pour tenter de résoudre la grave crise politique en Côte d’Ivoire.
Depuis une semaine pays, le pays est déchiré entre deux présidents proclamés, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara : le premier a été investi vendredi 3 décembre par le Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire, tandis que le second a été reconnu vainqueur de la présidentielle par la Commission électorale indépendante et la communauté internationale.
Mardi, cet affrontement, sur fonds de tensions nationales, se poursuivait avec l’annonce officielle du gouvernement Gbagbo par le nouveau secrétaire général de la présidence, Désiré Tagro (ex-ministre de l’intérieur et homme fort du camp Gbagbo). Ce gouvernement dirigé par le premier ministre, Gilbert Marie N’gbo Aké, compte une trentaine de ministres, selon la liste lue devant la presse au palais présidentiel. L’annonce a été faite alors qu’au même moment, un envoyé spécial de l’ONU en Côte d’Ivoire assurait au Conseil de sécurité qu’Alassane Ouattara avait remporté l’élection présidentielle « avec une nette avance » sur Laurent Gbagbo.
TOURNÉE D’UNE DÉLÉGATION DE GBAGBO
Bien que la Côte d’Ivoire fasse partie des quinze membres de la Cédéo, ni Laurent Gbagbo ni Alassane Ouattara n’ont été conviés au sommet de mardi, où seule la moitié des présidents ouest-africains a fait le déplacement. Le président du Burkina Faso, Blaise Compaore, qui a joué un rôle de médiateur dans la crise ivoirienne, devait informer ses homologues présents de la situation, les dirigeants du Ghana, du Togo, du Mali, du Sénégal et du Liberia et du Nigeria.
Aucun autre dirigeant n’était attendu, selon un diplomate, pour les discussions qui ont lieu à huis clos. Le porte-parole de la Cédéao n’a pas précisé quelles mesures le sommet pourrait prendre, déclarant seulement que les dirigeants régionaux allaient « examiner les derniers développements en Côte d’Ivoire et ce qu’ils doivent faire pour trouver une solution à la situation ».
Lundi, des émissaires de Laurent Gbagbo ont effectué une tournée dans la région. Ils ont été reçue par les chefs d’Etat du Ghana et du Togo, puis à Cotonou par le ministre béninois de la défense. Du Bénin, elle devait se rendre à Abuja afin de rencontrer le président Jonathan. Un témoin de l’entretien à Cotonou a précisé que « la délégation était porteuse d’un message du président Laurent Gbagbo en rapport avec la réunion de la Cédéao qui doit se tenir mardi ».
Comme une grande partie de la communauté internationale qui fait, depuis, pression sur Laurent Gbagbo, la Cédéao a très fermement rejeté le maintien au pouvoir du président sortant à l’issue du second tour de la présidentielle du 28 novembre, et apporté son soutien à son rival, Alassane Ouattara. Dans l’immédiat, sa mission n’a donné aucun résultat mais l’émissaire a tenu à conjurer les dirigeants ivoiriens de faire « tout leur possible » pour « préserver la paix ».

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