Le cinéaste Gabonais Charles Mensah, ancien directeur du Centre gabonais du cinéma (Cenaci) et réalisateur entre autres d’ “Ayouma” et “Obali”, est mort ce vendredi 3 juin à Libreville à l’âge de 63 ans des suites d’une crise cardiaque, selon des sources de l’Institut gabonais de l’image et du son (IGIS). Sa présence a été signalée il y a un peu plus de deux semaines au 64è Festival de Cannes où, avec Henri-Joseph Koumba Bididi, il était allé présenté au Marché du film “Le Collier de Makoko”, dernier long métrage gabonais.

Un jeune homme de 63 ans est mort ce matin du 3 juin 2011 à Libreville à la suite d’un malaise cardiaque. Nommé Charles Mensah, il aimait le golf et cultivait un style de vie à la lisière du dandysme et de l’aristocratie. Il est surtout connu pour avoir été, jusqu’en 2009, directeur général du Centre national du cinéma gabonais (CENACI), actuel Institut gabonais de l’image et du son (IGIS), et président de la Fédération panafricaine des cinéastes (FEPACI).

Des sources au sein de l’IGIS assurent que l’ancien patron du cinéma gabonais est décédé à la suite d’un malaise cardiaque. «Depuis un moment, il suivait un traitement pour des problèmes de circulation sanguine. Mais, cela ne le perturbait pas tant que ça», a laissé entendre l’une de ces sources.

Charles Mensah a étudié, de 1968 à 1974, à l’école Supérieure de Cinéma et de Télévision de Paris. Il rentre ensuite au Gabon au moment où le pays reçoit, en 1974, la visite du secrétariat général de la Fépaci, venu aider à la création de l’association nationale de cette organisation. Un an après, en 1975, il assiste avec Philippe Mory à son premier congrès de la Fépaci, à Alger. Il a 26 ans à peine et se retrouve à côtoyer des sommités du cinéma africain, telles que Sembène Ousmane, Moustapha Alassane, Brahim Babaï, Ahmed Attia, Lionel Ngakane. Plus tard, autour de 2006, il deviendrait président de la Fépaci et le restera près de sept ans durant.

Sur le plan national, on retiendra qu’en tant que directeur du Cenaci pendant près de trois décennies, Charles Mensah avait remarquablement supervisé le cinéma gabonais, contribuant à préserver ses lettres de noblesse. Il avait notamment initié, avec le téléfilm “L’Auberge du Salut”, une série de travaux pratiques ayant permis à bien de réalisateurs gabonais qui n’avaient jamais réalisé un film de se faire la main en supervisant au moins un épisode de cette série. De même, il avait permis au Cenaci d’améliorer son équipement. Ce matériel a d’ailleurs parfois été emprunté pour les besoins de quelques productions sous-régionales, à l’instar du long métrage camerounais et centrafricain “Le silence de la forêt” de Bassek Ba Kobhio et Didier Ouénangaré.

Charles Mensah a réalisé des films documentaires, produit et signé avec un collectif de réalisateurs gabonais la grande série télévisée à succès sus citée, “L’Auberge du Salut” (1994). Sa filmographie en tant que producteur ou producteur associé compte : “Le divorce” (2008), la série TV “Inspecteur Sori : Le mamba” (2005), “Le silence de la forêt” (2003), “Les couilles de l’éléphant” (2002), “Dôlé” (2000), “Le damier” (1996), “Équateur” (1983). En tant que réalisateur, il avait donné “L’érable et l’okoumé” (1983), “Ilombe” (1979), “Ayouma” (1978) et “Obali” (1977).

Tout dernièrement, Charles Mensah était présent au 64è Festival de Cannes, tenu du 11 au 22 mai 2011, où il était parti présenter “Le Collier de Makoko” d’Henri-Joseph Koumba Bididi, dernier long métrage gabonais dont il était producteur délégué.
Comme on dit dans l’univers des arts du spectacle, «The show must go on !»

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