Après Accra, François Fillon à Libreville : «l’amitié séculaire» célébrée par Ali Bongo

Par RFI
Le Premier ministre français, François Fillon est arrivé le 16 juillet 2011 au Gabon, après une courte étape au Ghana, où il a rencontré le chef de l’État, John Atta Mills. Il devrait se rendre ce dimanche à la base militaire française de Libreville. À l’issue d’un dîner samedi soir, le chef du gouvernement français et le président Ali Ondimba Bongo ont souligné l’excellence des relations entre les deux pays. La société civile gabonaise a adressé une lettre ouverte au Premier ministre, demandant à Paris de ne plus soutenir le régime qu’elle qualifie de « dictature ignominieuse ».

Le Premier ministre français a rencontré le chef de l’État ghanéen John Atta Mills à l’occasion d’une courte étape, ce 15 juillet, à Accra avant de poursuivre sa mini-tournée africaine au Gabon, samedi. La rencontre a entériné la signature d’accords sur un prêt de 40 millions d’euros et une subvention de 500 000 euros de la France pour le financement d’un programme pilote de gestion urbaine.

Cette visite est la première d’un chef de gouvernement français au Ghana, depuis l’indépendance, en 1957. « La France a décidé de réorienter radicalement sa
politique en Afrique en ne privilégiant plus la seule Afrique francophone », a expliqué François Fillon, qui a assuré que celle-ci voulait participer au développement économique du pays.

Le Premier ministre, qui venait de Côte d’Ivoire, a également rendu hommage à l’implication sur la scène internationale du Ghana, un « grand contributeur aux forces de maintien de la paix » en Afrique (1 300 sur 2 881 casques bleus engagés dans les missions de l’ONU) et dans les opérations de stabilisation de son voisin.

Le Ghana enregistre le taux de croissance économique le plus élevé du continent africain : 12%. L’année 2012 est une année d’élection présidentielle.

Arrivé samedi soir à Libreville au Gabon, François Fillon a dîné avec le chef de l’État, Ali Bongo Ondimba. À l’issue de ce dîner, le Premier ministre français et le président gabonais ont célébré à tour de rôle l’excellence des relations franco-gabonaises.

François Fillon, Premier ministre français
17/07/2011 – par Yves-Laurent Goma
« Le Gabon est un partenaire majeur pour la prévention des conflits régionaux et pour la conduite des opérations de maintien de la paix. En témoigne que depuis le mois de janvier, Libreville est l’unique base militaire française sur la façade atlantique. Sur le plan économique et commercial, nos échanges ont toujours été caractérisés par un climat de confiance qui explique l’intérêt jamais démenti de nos entrepreneurs pour le Gabon. Ce climat favorable a aussi permis d’attirer de nouveaux investisseurs au moment où votre pays en avait besoin »

Ali Bongo Odimba, président de la République gabonaise
17/07/2011 – par Yves-Laurent Goma
 » Je reste convaincu que la France, ami fidèle qui a toujours su et sait assumer ses relations historiques internationales avec ses partenaires, accorde au Gabon une place privilégiée dans son dispositif politique, économique et militaire. C’est pourquoi je forme le vœu que cette coopération mutuellement avantageuse soit toujours plus agissante. Je me réjouis par ailleurs, de la parfaite identité de vues que partagent nos deux pays au Conseil de sécurité des Nations unies sur les grandes questions internationales de l’heure au moment où la communauté internationale est confrontée à des crises multiformes. Je voudrais saluer la présence parmi nous ce soir de représentants du peuple français. Le Gabon la reçoit comme un témoignage éloquent de l’amitié séculaire qui lie nos deux pays »

Ce dimanche François Fillon se rendra à la base militaire française de Libreville, puis présidera un forum économique France-Gabon.

Le voyage du représentant français n’a pas été du goût de tout le monde. Treize organisations non gouvernementales et syndicats ont adressé une lettre au Premier ministre français, dans laquelle ils dénoncent les relations ambiqües entre les deux pays et regrettent que Paris n’oeuvre pas pour des élections plus transparentes avec le Gabon.

Marc Ona Essangui, défenseur des droits de l’homme, militant écologiste
« Quand la France appuie de manière aveugle ce type de régime, ne lève pas le petit doigt pour dénoncer, il nous reste à constater qu’il y a une sorte de collusion d’intérêts »
17/07/2011 par Marie-Pierre Olphand

Ces organisations et syndicats accusent également la famille du Président Ali Bongo de « s’accaparer toutes les ressources matérielles et financières de l’État gabonais ».
Une prise de position balayée par le secrétaire général du Parti démocratique gabonais (PDG), au pouvoir, Faustin Boukoubi.

Faustin Boukoubi, secrétaire général du Parti démocratique gabonais
« Le régime conduit par le président Ali Bongo Ondimba n’a rien d’une dictature. Tous nos opposants circulent et s’expriment librement. Sous d’autres cieux, les opposants sont bâillonnés pour la moindre déclaration contre le régime »
17/07/2011 par Yves-Laurent Goma

Marc Ona Essangui, militant des droits de l’homme, écologiste, lauréat du Prix Goldman pour l’environnement 2009, leader des organisations protestataires, et Georges Mpaga un autre signataire de la lettre adressée à François Fillon, ont été arrêtés pendant plusieurs jours en décembre 2008 et janvier 2009 pour avoir réclamé la transparence financière au Président gabonais Omar Bongo.

Le 14 juillet, jour de la fête nationale française, un membre du conseil économique et social, s’est enchaîné symboliquement sur une place de Libreville, annonçant une grève illimitée de la faim pour demander le retrait des troupes françaises du Gabon.

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