Dans un entretien accordé récemment au magazine Jeune-Afrique et publié sur son site personnel, Bruno Ben Moubamba (41 ans), candidat malheureux à la présidentielle gabonaise de 2009 et vice-président de l’ex Union-Nationale (UN dissoute), a annoncé officiellement son adhésion au parti du défunt, Pierre Mamboundou, à savoir l’Union du Peuple Gabonais (UPG).

« Mon adhésion est acquise. Je serai un membre actif enthousiaste car c’est le dernier grand parti de l’opposition gabonaise. J’ai vécu très douloureusement la dissolution de l’Union nationale [survenue en janvier 2011, NDLR], dont j’étais un des vice-présidents, et j’arrive à l’UPG pour essayer de participer à la reconstruction de ce parti afin qu’il survive à son fondateur, Pierre Mamboundou», a livré Bruno Ben Moubamba en rappelant que « Je devais faire cette action pour honorer ce dernier car il m’avait demandé en 2009 de me désister pour soutenir sa candidature lors du scrutin du 30 août 2009. Je n’avais pas jugé opportun de le faire et je le regrette. Entrer à l’UPG aujourd’hui, c’est une manière de réparer cette erreur politique ».

Sur son apport à ce parti, en proie à la cacophonie, l’ancien candidat à la présidentielle et ex membre de la société civile, indique qu’il appelle les Gabonais à ne pas se laisser manipuler par les « va-t-en guerre » et estime qu’il faut d’abord laisser le temps au temps.

Selon M. Moubamba, le vote interne qui s’est tenu au sein du parti en vue de se prononcer sur la participation où pas aux législatives est un signe de démocratie.

« Sur 30 membres votants, 16 ont voté pour la participation aux législatives, 13 voix se sont prononcés pour le boycott tandis qu’une voix s’est abstenue. La démocratie interne a ainsi donné un résultat devant lequel il faut s’incliner. Et ce choix est en train d’entraîner une partie de l’opposition, brisant ainsi l’union sacrée qui s’était formée autour du mouvement “ça suffit comme ça”, a -t- il analysé précisant qu’il a décidé de rentrer au Gabon au cours de l’année 2012, après l’élection du nouveau Chef de l’Etat français ou la réélection du Président sortant, Nicolas Sarkozy.

Par rapport au boycott des élections législatives du 17 décembre prôné par une partie de l’opposition, le nouveau militant de l’UPG qui n’est pas de cet avis, pense que : « Nous avons plus de chance de faire avancer le débat sur la biométrie en siégeant à l’Assemblée nationale. Le boycott est contre-productif. C’est comme ça que Pierre Mamboundou raisonnait et moi je demande aux Gabonais de ne pas se laisser manipuler par les tenants de la stratégie du chaos parce que personne n’y gagnera ».
A la question de savoir s’il n’avait pas le sentiment de porter un coup dur au combat pour la transparence aux élections, Bruno Ben Moubamba se défend : « Non, je continuerai à me battre pour cela. Moi j’ai plutôt le sentiment qu’aujourd’hui, les Gabonais sont pris en otage par la querelle des deux héritiers d’Omar Bongo Ondimba [ Ali Bongo Ondimba et André Mba Obame, NDLR] qui sont l’un à la présidence et l’autre dans l’opposition. Ils sont tous les deux des tenants de la stratégie du chaos. L’un dit « pas de biométrie, pas d’élection » en sachant que l’autre refusera de la mettre en place. Il ne faut pas faire une fixation sur la biométrie ici et maintenant. Il y aura d’autres occasions ».

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