Attaqué en diffamation et injure par le président gabonais, Yannick Jadot, l’ancien porte-parole d’Eva Joly, la candidate d’Europe Ecologie-Les Verts à la présidentielle française, a réaffirmé le 15 décembre dernier devant le tribunal correctionnel de Paris qu’Ali Bongo Ondimba, qui préside le Gabon depuis la fin 2009, est un «dictateur».

A la suite d’une plainte déposée par le président gabonais, Ali Bongo Ondimba contre l’ex-porte-parole d’Eva Joly, candidate d’Europe Ecologie-Les Verts à la présidentielle française, pour injure et diffamation, Yannick Jadot, a réaffirmé le 15 décembre dernier devant le tribunal correctionnel de Paris qu’Ali Bongo Ondimba, qui préside le Gabon depuis la fin 2009, était un «dictateur».

«Quand on est élu dans une élection contestée, que quelques jours après il y a une répression violente des manifestations, quand la presse ne peut fonctionner librement (…), quand des opposants sont harcelés, ça s’appelle selon moi une dictature», a déclaré Yannick Jadot.

«Il y a des institutions au Gabon, une constitution (…) mais tout ça est encadré, contrôlé par le clan d’Ali Bongo », a dénoncé l’écologiste. « Je ne compare pas Ali Bongo à Hitler ou Pol Pot», a-t-il nuancé, «mais quand on a contrôlé ou opprimé la liberté démocratique, on peut utiliser ce qualificatif», a-t-il précisé.

Devant les magistrats de la 17e chambre, un prêtre gabonais, universitaire à Paris et militant des droits de l’Homme, a aussi critiqué la situation au Gabon: «Nous avons affaire au renforcement d’un pouvoir politique sans partage, coercitif qui massacre les libertés individuelles: y a-t-il une autre définition de la dictature?», a-t-il interrogé.

«Je ne crois pas qu’on puisse le qualifier de dictateur depuis qu’il est président de la République», a rétorqué l’avocat d’Ali Bongo, Me Patrick Maisonneuve, en appelant la partie adverse à le distinguer de son père, Omar Bongo, mort en juin 2009 après 41 ans de pouvoir.

«Rien ne nous permet aujourd’hui de le qualifier ainsi», a-t-il plaidé. «Les critiques ont fusé bien souvent, mais le qualifier de dictateur, non sûrement pas», a-t-il poursuivi.

Quand «on lui a imputé les massacres de son propre peuple, (…) nous avons estimé que la ligne avait été clairement franchie», a conclu Me Patrick Maisonneuve, avant de réclamer un euro symbolique.

La décision à la suite de cette première comparution devant le tribunal correctionnel de Paris est prévu pour début 2012.

Rappelons que, le 16 juillet 2011, Yannick Jadot avait critiqué dans le journal “Libération” la parade militaire du 14 juillet sur les Champs-Elysées. «Quand on ferme les yeux une seconde et qu’on imagine un défilé militaire dans un autre pays, on pense immédiatement à une dictature», avait-il dit, rappelant au passage que les défilés de 2008 et 2009 s’étaient faits «devant Bachar al-Assad, ou devant des dictateurs africains comme Ali Bongo. Faire défiler nos armées devant des personnes qui massacrent leurs peuples, ce n’est pas un signal très positif envoyé à la République».

Publié le 16-12-2011 Source : yannickjadot.fr / Agence France Presse Auteur : gaboneco

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