La Coupe d’Afrique des Nations 2012 est un événement qui, à n’en point douter, a stimulé plusieurs secteurs de l’économie, même ceux considérés comme informels. Mais cela, visiblement, ne se fera pas sans contrecoups car la hausse des prix de certains produits enregistrée depuis le début de la compétition apparaît comme le prix à payer.

Les prix des produits alimentaires de première nécessité, tels que le lait, l’huile, la farine et le sucre connaissent ces derniers temps, une variation des prix sur le marché gabonais, notamment à Libreville. Nombreux sont les Librevillois qui se plaignent de l’envolée des prix de certains de ces produits constatée depuis le début de la coupe d’Afrique des Nations sur les différents marchés de la capitale. Du marché de N’kembo à celui du PK8 via Mont-Bouët les témoignages sont concordants. La grand-messe du football africain que notre pays abrite a créé un climat propice à la spéculation sur les prix de certaines denrées alimentaire en l’occurrence.

« Il y a deux semaines à peine j’ai acheté un carton de poulet à 9 000 FCFA, je suis surprise de constater aujourd’hui qu’il coûte au même endroit 12 000 FCFA. C’est la CAN qui favorise tout cela. Tout le monde veut en tirer profit », lance, écœurée, Elisabeth Tsame, venue effectuer ses emplettes au marché municipal de N’kembo. Ce qu’il y a lieu de qualifier ici d’inflation est une situation qui apparemment n’épargne aucun secteur d’activité chez les commerçants. Des grossistes aux plus petits revendeurs, la tendance se généralise. « Avant le début de la CAN j’achetais mon kilogramme de viande à 2300 Fcfa, mais aujourd’hui il faut que je prévoie au moins 3000 FCFA pour la même quantité de viande. Et comme je suis tenancier d’une petite cafétéria je ne peux plus me permettre de vendre un plat de viande au même prix que d’ordinaire. Mais malheureusement les clients ont du mal à me comprendre. Si je continue à vendre au même prix c’est la faillite assurée pour moi. C’est ainsi que le plat de riz-viande par exemple est passé de 900 à 1000 FCFA, je n’y peu rien », témoigne Moussa Diakité, au marché du PK8. Si la hausse des prix gagne progressivement du terrain à Libreville à la faveur de cette coupe d’Afrique des Nations, un secteur en particulier enregistre une envolée de prix beaucoup plus vertigineuse : la vente des gadgets liés à l’évènement. Il est bien loin le temps où l’on pouvait acheter un maillot des Panthères du Gabon à 3500 FCFA. Il faut quasiment avoir le triple de cette somme pour se le procurer aujourd’hui.

« Le jour du match Gabon-Niger j’ai dû faire le tour des marchés pour chercher un maillot de l’équipe nationale du Gabon. En plus du fait qu’ils étaient rares ce jour-là, ils coûtaient excessivement chers. On m’a demandé jusqu’à 12000 FCFA pour un seul maillot. A ce prix là, je ne pouvais me permettre de l’acheter. J’ai donc dû me résigner à allez au stade sans le maillot », confie Yanick Mangaboula, fervent supporter des Panthères du Gabon. Les vendeurs de gadgets et autres accessoires en rapport avec la CAN au demeurant ne cachent pas leur désir de faire de gros profits durant la période que durera la compétition. Conscients de la très forte demande à laquelle ils doivent satisfaire, Ils font dorénavant quasiment tous dans la surenchère. « La coupe d’Afrique des Nations est un évènement qui doit rapporter de l’argent aux pays qui l’organisent. Pour le cas du Gabon tout le monde doit en profiter, de l’Etat jusqu’au plus petit commerçant. Un évènement de cette envergure ne s’organise pas tout le temps, alors laissez-nous en profiter. C’est juste pour un temps, après la CAN ces gadgets ne vaudront plus rien », lance Eric Ekoto, vendeur de gadgets à l’ancienne gare routière de Libreville.

Depuis le week-end, l’on note également une légère pénurie de pain en certain point de la capitale. Cela s’expliquerait semble t-il par l’accroissement de la population Librevilloise du fait de la CAN. L’on constate aussi une augmentation considérable du prix des chambres dans certains hôtels et motels de la place. Toutes choses qui, si elle cause quelques soucis financiers à ceux qui sollicitent ces établissements, devraient permettre à leurs tenanciers de réaliser de bons chiffres d’affaires.

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