Ali Bongo, Roi du Bongoland
Ali Bongo, Roi du Bongoland

Le rapport 2012 de Freedom House sur la Liberté dans le monde est sans appel: le Gabon, comme en 2011, y reste classé comme un pays sous dictature puisque “pas libre” du tout.
Le rapport base ses classifications sur l’observation de deux sortes de droits et libertés: droits politiques et libertés civiles. La classification de ces droits et libertés est faite sur une échelle allant de 1 à 2,5 (pays les plus libres), de 3 à 5 (pays partiellement libres) et de 5,5 à à 7 (Pays non libres).

Dans la classification de Freedom House, un pays est considéré “libre” quand la compétition politique y est libre et transparente, quand il y règne un climat où les libertés civiles sont respectées et protégées, quand il y existe une activité civique indépendante et quand les médias y sont indépendants. Un pays est considéré “partiellement libre” quand l’exercice des droits politiques et des libertés civiles y est partiellement libre. Cette catégorie de pays souffre généralement d’un environnement marqué par la corruption, la faiblesse de l’Etat de droit, des persécutions ethniques et religieuses et un paysage politique où un parti politique domine la vie politique à outrance malgré un certain degré de pluralisme. Un pays est considéré “non libre” quand les droits politiques de base y sont absents et les libertés civiles de base systématiquement réprimées.

Le Gabon d’Ali Bongo Ondimba ne s’est donc pas amélioré depuis son arrivée au pouvoir en 2009 puisque le rapport 2011, basé sur une observation de la vie politique au Gabon sur toute l’année 2010, classait déjà le Gabon comme “non libre” avec un score de 6 sur 7 (non libre) sur les droits politiques et de 5 sur 7 (partiellement libre) sur les libertés civiles. La moyenne des deux scores donne un score total de 5,5 au Gabon, ce qui le met dans la catégorie des pays “non libres”. Ces notes ne changent pas du tout dans le rapport 2012 qui évaluait le Gabon sur toute l’année 2011 écoulée.

C’est dire que, malgré le pluralisme politique qui y est observé, le Gabon est, en fait, sous un tel étau dictatorial que ce pluralisme ne se distingue pas du tout, en pratique, d’un système de parti unique où toutes les libertés sont confisquées.

Il est à noter que certains pays africains tels le Bénin (2 et 2), le Botswana (3 et 2), l’Afrique du Sud (2 et 2), le Mali (2 et 3) et la Namibie (2 et 2) s’en sortent comme pays “libres” et pleinement démocratiques, tandis que certains régimes comme le Burkina Faso, le Burundi, la RCA, les Comores, la Gambie, la Guinée, la Guinée Bissau, le Lesotho, la Gambie, le Liberia, le Kenya, Madagascar, le Malawi, le Maroc, le Mozambique, la Tanzanie, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Leone, le Togo, l’Ouganda et la Zambie s’en tirent avec le score de “partiellement libres”.

Ce rapport de Freedom House confirme ainsi les rapports du département d’Etat américain qui, d’année en année, ne cesse de décrire le Gabon comme un pays sous l’hégémonie d’un seul parti politique, donc un pays dont les citoyens ne jouissent pas du tout de la liberté d’élire librement leurs dirigeants. Sous Ali Bongo, donc, le Gabon régresse au niveau des libertés civiles et politiques et les deux années de pouvoir de l’homme qui a hérité du pouvoir à la mort de son père ne font que confirmer ce que les Gabonais comprennent depuis pas mal d’années déjà: rien de bon ne peut se passer au Gabon tant qu’un Bongo Ondimba est au pouvoir.

Bilan pathétique donc, qui confirme Ali Bongo comme un semeur d’illusion doublé d’un dictateur, exactement comme son père le fut: les deux ont souvent confondu le développement du Gabon et le bien-être des Gabonais avec la construction d’immeubles, stades et ponts réalisés, de surcroit, avec l’argent de la mendicité du Gabon auprès des Chinois. Le Gabon des Bongo Ondimba ayant souvent été incapable de construire quoi que ce soit avec ses fonds propres, on se rend bien vite compte que les Bongo n’ont jamais compris que “rénover” ou faire “émerger” un pays passe obligatoirement par sa démocratisation et la mise en place d’un Etat de droit qui soit, justement, capable de garantir à ses citoyens la compétition politique libre et transparente, un climat où les libertés civiles sont respectées et protégées, une activité civique et des médias indépendants.

Et puisque, en fin de compte, cela fait 44 ans que les Gabonais sont incapables d’élire librement leurs dirigeants à cause de l’hégémonie politique du clan des Bongo, un clan où l’on se passe désormais le pouvoir de père en fils, il semble bien que le peuple gabonais n’aura finalement que deux choix: se résigner ou se révolter.

Dr. Daniel Mengara
Président, BDP-MODWOAM.

P.O. Box 3216 TCB
West Orange, NJ 07052
USA

Tél./Fax: (+1) 973-447-9763

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