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Nicolas Sarkozy candidat à un second mandat pour porter une « France forte »

Le chef de l’Etat a annoncé hier soir sur TF1 sa candidature à la présidentielle, se posant comme le candidat de la « vérité ». « Le rêve se termine toujours en catastrophe », a-t-il fustigé, ciblant François Hollande, favori des sondages.

Oui, je suis candidat à l’élection présidentielle. » Cela ne faisait aucun doute, mais c’est désormais officiel et cela donne, de fait, le véritable coup d’envoi de la campagne : Nicolas Sarkozy est candidat à sa succession. Le chef de l’Etat sortant l’a annoncé hier soir, un peu tendu, au « 20 Heures » de TF1. « Peut-on imaginer le capitaine du navire renoncer en pleine tempête ? Ce serait un abandon de poste », a-t-il expliqué, s’érigeant en candidat de la « vérité » contre le « rêve ». Parce que « la France ne peut pas rester à l’écart de la course du monde » et que « le rêve se termine toujours en cauchemar », a-t-il affirmé, sans jamais citer nommément François Hollande. Quinze minutes durant, il s’est dit le plus apte à construire une « France forte » – ce devrait être son slogan de campagne -pour « protéger » les Français dans un monde en crise. « Si la France est forte, ils seront protégés. Si la France est faible, ils seront exposés », a-t-il martelé, célébrant le « travail », la « responsabilité », l’ « autorité » et la « solidarité ». Le locataire de l’Elysée estime que seules des réformes fortes peuvent sauver le modèle social français. Sa méthode pour le prochain quinquennat : le référendum. « Chaque fois qu’il y aura un blocage, je ferai appel au peuple français », a-t-il promis , lui qui n’a pourtant pas une fois consulté les Français au cours du quinquennat.

« Peuple. » Le terme devrait revenir comme un leitmotiv pendant sa campagne et ce, dès son premier déplacement, aujourd’hui à Annecy. « Ce sera le fil rouge », dit-on à l’UMP. Car toute la stratégie de Nicolas Sarkozy – « un Français comme les autres », a-t-il dit hier -est d’apparaître au final comme le candidat du « peuple » et du « changement » face à un François Hollande ramené par lui au rang de candidat du système, des « élites » et du conservatisme. Le pari est pour le moins osé pour un « président sortant », comme le socialiste s’applique à le qualifier pour le ramener à son bilan. Mais le candidat UMP, donné largement battu par les sondages, sait qu’il n’a d’autre choix que de prendre des risques, lui qui a construit sa carrière sur le volontarisme. « Son message, c’est lui-même », martèle son entourage, croisant les doigts pour que le rejet dont il fait l’objet dans l’opinion puisse être « éclipsé » par ses idées. « On ne peut pas tout faire en cinq ans.[…] Je ne connais personne qui ait tout réussi », a pris soin de souligner Nicolas Sarkozy.

Pour « renverser les montagnes », comme il le dit en privé, le chef de l’Etat mise surtout sur un effondrement de son rival socialiste, dont il considère qu’il a tiré toutes ses cartouches et ne tiendra pas le choc d’une campagne de deux mois. « Une présidentielle, prévient l’UMP, ce n’est pas Bisounours ; c’est ce qu’il y a de plus dur au monde. » Jugeant la menace Le Pen éloignée, Nicolas Sarkozy veut s’installer dans un face-à-face avec François Hollande, qu’il accuse d’être enfermé dans l’anti-sarkozysme, d’avoir un projet « pas raisonnable » et même – grossissant le trait -de vouloir « régulariser tous » les clandestins. « Il s’installe dès maintenant dans le second tour, dans le « mano a mano » », analyse Jean-Pierre Raffarin. « Il veut un test comparatif. C’est « 60 Millions de consommateurs » ! » s’amuse un responsable de la majorité.

Le chef de l’Etat rêve toujours de terminer en tête au premier tour. A la faveur du ralliement de Christine Boutin, Hervé Morin et – espère-t-il -Jean-Louis Borloo. A la faveur, aussi, de son entrée en campagne. « J’ai hâte de retrouver les Français sans la lourdeur de la fonction présidentielle […]. J’ai des choses à leur dire », a-t-il expliqué hier, se montrant pressé d’en découdre. « J’ai besoin d’eux », a-t-il aussi admis. Nicolas Sarkozy entame la course tel un challenger. Et il n’a que deux mois pour faire mentir les sondages. « Si rien ne se passe d’ici à la fin du mois, admettent ses proches, ce sera tout de même très compliqué. »
PIERRE-ALAIN FURBURY, Les Echos

« le bateau sur un récif »

« Ce qui était frappant à écouter Nicolas Sarkozy, c’est que c’était exactement les mêmes mots, les mêmes phrases, les mêmes exemples que depuis des mois et des mois. Et ce qu’on voyait quand on était de l’autre côté de l’écran, c’est qu’en réalité le bilan est tellement écrasant », a réagi François Bayrou sur TF1 après l’intervention de Nicolas Sarkozy. Pour le candidat centriste, les Français ont envie de changer le capitaine qui a mené « le bateau sur un récif ».

Réagissant au slogan « La France forte », le président du Modem a souri : « Si on veut définir la France aujourd’hui, dire qu’elle est forte, il me semble qu’il y a un petit hiatus ».

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