Direction générale du budget (DGB), du ministère du Budget et des Comptes publics

Direction générale du budget (DGB), du ministère du Budget et des Comptes publics
Pour une prévision de croissance de 5,7% en 2012, le Gabon a prévu de consacrer 800 milliards de francs CFA (1,6 milliard USD) pour les investissements sur un montant global de 2.000 milliards de francs du budget de l’Etat (4 milliards USD), mais certains chantiers entrepris connaissent des retards d’exécution.

Selon le ministre gabonais de l’Economie, de l’Emploi et du Développement durable, Luc Oyoubi, interrogé par Xinhua, la performance constante de pus de 5% de taux de croissance depuis trois ans s’explique par de nombreux investissements réalisés depuis l’année 2010 pour mettre en place un certain nombre d’ infrastructures.

“Il y a eu notamment la Coupe d’Afrique des nations (de football, en janvier et février, ndlr), mais aussi les routes. Il y a quelques investissements dans le secteur, mais c’est principalement dans le cadre de la Coupe d’Afrique des nations et dans le domaine routier qu’il y a eu beaucoup d’investissements qui expliquent en grande partie la croissance”, a-t-il démontré.

Avec un taux d’endettement de 16% et moins de 3% de taux d’ inflation, le pays mise notamment sur des investissements massifs pour pouvoir réaliser son objectif d’accéder au statut d’économie émergente à l’horizon 2025, ce qui suppose une croissance à deux chiffres au cours des prochaines années, ambitionnent les autorités.

Auparavant, l’économie nationale reposait essentiellement sur les exportations de pétrole et l’exploitation artisanale et clandestine, donc sans incidence sur les recettes publiques, des mines, en l’occurrence l’or depuis plus de cent ans.

S’adossant sur des réserves d’un milliard de tonnes de fer et 75 millions de tonnes de manganèse, la production minière est cependant en train de s’intensifier avec l’entrée en production de nouvelles usines.

“Il y a plusieurs mines qui ont été mises en exploitation, notamment la mine de manganèse à Ndjolé et au niveau de Comilog la production étant maintenue, il y a forcément une augmentation de la part des mines dans la valeur ajoutée”, a souligné le ministre de l’Economie.

Pour ce projet, a-t-il précisé, “ils viennent à peine de commencer, ils n’ont pas encore bouclé une année pour qu’on ait une production certaine. Mais je pense que ça devrait démarrer dans les 500.000 tonnes”.

Concernant le minerai de fer de Bélinga d’importance mondiale, “pour l’instant, il n’y a pas encore de démarrage. Le gouvernement va renégocier le projet et nous espérons que les négociations vont aboutir pour que le projet démarre enfin. Il y a eu quelques incompréhensions qui font que jusque-là ça n’a pas démarré”, fait savoir par ailleurs Luc Oyoubi.

Pour l’or, l’opérateur marocain Managem a lancé en janvier la première usine industrielle.

“Nous allons essayer d’attirer d’autres sociétés, parce que nous estimons que le potentiel au Gabon est important”, avance le ministre de l’Industrie et des Mines, Regis Immongault, qui a annoncé la création prochaine d’une Compagnie nationale de collecte d’or pour permettre la canalisation de la production vers les circuits formels.

Un des piliers de la stratégie politique “Gabon émergent” du président Ali Bongo Ondimba réside dans la volonté de diversification de l’économie.

Dans ce cadre par exemple, un vaste projet d’exploitation agricole d’environ 350 millions d’euros d’investissement entend se développer dans la région du Haut Ogooué, sur une superficie de 65. 000 hectares.

Avec le groupe singapourien Olam, des projets d’une valeur totale de 2,5 milliards USD sont annoncés, dont 1,3 milliard USD pour la construction dès août d’une usine d’urée à Port-Gentil, la deuxième grande ville gabonaise.

700 millions USD sont prévus pour des plantations de palmier à huile et d’hévéa et 300 millions USD sont destinés à la première phase du chantier de construction d’une zone économique spéciale à Nkok, à une trentaine de kilomètres de Libreville.

“Nous sommes en train de mettre les bases d’une diversification. Il y a effectivement un début de diversification. Lorsque le président a été élu en 2009 par exemple, il a décidé qu’on ne devait plus exporter de bois en grumes. Et depuis lors, ceux qui s’ intéressent à la forêt ont commencé à implanter par ci par là des usines de transformation du bois”, assure le ministre Oyoubi.

Un fonds souverain, le Fonds gabonais d’investissement stratégique (FGIS), créé en 1998 a été restructuré pour jouer pleinement son rôle dans ce processus.

Alimenté principalement de recettes pétrolières, cet instrument

financier qui possède des parts allant de 26% à 30% dans les compagnies pétrolières opérant au Gabon, est orienté pour 80% de ses activités vers le pays même en 2012.

Composé en majorité d’opérateurs économiques, le FGIS a mobilisé plus de 500 milliards de francs CFA (1 milliard USD) depuis un an sur le Gabon, selon son directeur, Serge Mickoto.

“A l’extérieur, c’est beaucoup plus et ça se chiffre en milliards de dollars. Il y a de projets où nous sommes à 40 milliards (FCFA), 70 milliards”, a-t-il indiqué à Xinhua.

Dirigée par le Marocain Henri Ohayon, l’Agence nationale des grands travaux (ANGT) créée en février 2010 se déploie dans la réalisation de 175 mégaprojets pour une valeur de plus de 20 milliards USD d’investissement pour les cinq prochaines années, dans les domaines de routes, des logements, de l’éducation, des transports, de l’eau et de l’assainissement, de la santé, de l’ énergie, des chemins de fer, des ports et des aéroports y compris des mines.

Des retards sont reconnus dans l’exécution de cet immense chantier.

C’est le cas par exemple de l’habitat où, sur un objectif de 5. 000 logements en 2012 sur un total de 30.000 sur les cinq ans, seuls environ 3.500 ont pu être construits, reconnaît M. Ohayon.

“Nous voulions d’abord nous assurer que nous allions construire des logements qui sont durables. Ce que nous ne voulions en aucun, c’est d’avoir des bidonvilles”, a-t-il cependant tenté d’expliquer à Xinhua.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here