Le président gabonais Ali Bongo Ondimba se rend à la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement, plus connue sous le nom de Sommet de la Terre de Rio de Janeiro ou Sommet de Rio. Lors de ces assises qui se déroulent les 20, 21 et 22 juin prochains, il aura à présenter la vision du Gabon en matière de développement durable.

Cette session 2012, se déroule 20 ans après celle de 1992 qui s’était tenue dans cette ville de Rio de Janeiro au Brésil, du 3 au 14 juin. Il s’agit donc de revenir 20 ans plus tard pour évaluer les efforts qui ont été faits depuis lors. D’où l’expression Rio+20 ou encore Rio 20 ans après.

Plusieurs chefs d’États et de gouvernements sont annoncés à ce rendez-vous planétaire mais en même temps, on apprend que ni Barack Obama, ni Angela Merkel, ni David Cameron, des poids lourds, ne participeront à la conférence.

Le président gabonais, quant à lui, est très attendu au regard du rôle de pionnier qu’a joué le Gabon dans les questions de l’environnement depuis plusieurs décennies, mais aussi pour sa particularité à s’investir personnellement pour cette problématique qui touche la planète entière.

Dans son projet de société qui veut faire du Gabon un pays émergent à l’horizon 2025, il a accordé une place prépondérante au développement durable à travers le pilier Gabon vert. Un concept qui entend tout mettre en œuvre pour promouvoir les écosystèmes, la nature, la lutte contre les changements climatiques. Il s’agit singulièrement de mieux implémenter cette notion de développement durable dans l’évolution du monde actuel et dans la réalité.

En effet, le développement durable comporte des enjeux sur lesquels le Gabon a pris conscience de longue date, notamment depuis 1992, déjà avec le Président Omar Bongo Ondimba, qui par la suite a fait créer des parcs nationaux.

On entend, ça et là, que vingt ans après, «Rio permettra d’exprimer la continuité et la cohérence dans le positionnement historique du Gabon sur les causes environnementales et le développement ».

C’est ainsi que le Plan Climat vise à mettre en phase les engagements pris par le Gabon dans le cadre de la négociation sur ce sujet, avec le Plan Stratégique du Gabon Émergent. Il doit surtout permettre d’avoir une mesure assez précise de l’empreinte climat du Plan «Gabon Émergent». Il recense en effet, un ensemble de mesures sectorielles appropriées dont la mise en œuvre permettra d’assurer une maitrise durable des émissions de GES.

Dans la même dynamique, des études précises sont prévues pour déterminer les mesures d’atténuation des risques liés au changement climatique sur le territoire gabonais, en particulier au niveau des écosystèmes les plus sensibles.

«Un tel positionnement de notre pays avec des décisions suivies d’actions concrètes, au-delà d’une simple portée sous régionale, s’inscrit dans une perspective et un cadre mondial fait de menaces, d’appréhensions mais également d’opportunités. Celles-ci sont multiples pour tous en termes de cadre de vie et d’urbanisation, d’éducation, d’accès à une énergie moins polluante, de lutte contre la pauvreté et les inégalités mais aussi de nouveaux modèles institutionnels et de développement à inventer, bâtis sur des valeurs pérennes et ancrées dans la société », indique le service de presse de la Présidence de la République.

A Rio donc, Ali Bongo Ondimba devra amener le plus grand nombre à adhérer à cette vision qu’a le Gabon sur l’ensemble de ces questions qui vont cristalliser l’attention de la planète entière.

Des rapports du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), du WWF ou encore de l’Agence internationale de l’énergie se « succèdent et dressent les uns après les autres un bilan des plus pessimistes sur notre capacité à enrayer la dégradation de la planète (désertification des terres agricoles, chute de la biodiversité, réchauffement climatique…), les négociations entre les différentes parties qui se déroulent depuis début juin à Rio sont extrêmement laborieuses ».

À «quelques jours de l’arrivée des chefs d’État et de gouvernement, les négociateurs ne s’étaient accordés que sur 116 des 315 paragraphes du document préparé depuis de longs mois par les diplomates onusiens». C’est donc dans un environnement particulièrement tendu, voire hostile, que le président gabonais va devoir défendre des idées qui ne plaisent ni aux grands argentiers de la planète, ni surtout aux grandes puissances économiques, qui voient d’un mauvais œil ces contraintes écologiques compliquer leurs projets dans une période de crise particulièrement sévère.

Rappelons que lors du dernier Sommet de la Terre, en 2002 à Johannesburg en Afrique du Sud, Jacques Chirac, alors président de la République française, avait marqué les esprits par sa phrase restée célèbre: «Notre maison brûle, et le monde regarde ailleurs… » Cette semaine, tous les regards doivent être tournés vers Rio. Et les paroles doivent laisser place aux actes.

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