Bettencourt, Karachi, Libye : Sarkozy cité dans plusieurs dossiers

Nicolas Sarkozy et Edouard Balladur en 1997. Dans l’affaire Karachi, les juges enquêtent sur un éventuel financement occulte de la campagne présidentielle de Balladur en 1995. | LE PARISIEN
Karachi, Bettencourt, Libye : le nom de Nicolas Sarkozy, dont le domicile et les locaux professionnels ont été perquisitionnés mardi, apparaît en marge de plusieurs dossiers suceptibles d’intéresser la justice. L’immunité de l’ancien chef de l’Etat a pris fin le 15 juin à minuit et l’ancien Président peut désormais être poursuivi ou entendu comme témoin.

BETTENCOURT
Le premier acte judiciaire visant l’ancien chef de l’Etat est la perquisition conduite mardi matin par le juge bordelais Jean-Michel Gentil à son domicile du XVIe arrondissement de Paris et dans les bureaux mis à sa disposition rue de Miromesnil. Le juge pourrait vouloir entendre l’ancien Président dans ce volet de l’affaire Bettencourt portant sur des soupçons de financement illégal de sa campagne électorale de 2007.

Les magistrats bordelais enquêtent sur la base de témoignages d’anciens employés ou de proches de la milliardaire affirmant notamment l’avoir vu chez les Bettencourt début 2007 pour demander de l’argent. L’avocat de Nicolas Sarkozy, Me Thierry Herzog, a pris les devants en envoyant le 15 juin «les extraits certifiés conformes de l’agenda de M. Nicolas Sarkozy pour l’année 2007». Ces documents démontrent selon lui «l’impossibilité absolue de prétendus « rendez-vous secrets » avec Mme Liliane Bettencourt».

Sarkozy et l’affaire Bettencourt

LIBYE
Le financement de la campagne de 2007, côté libyen cette fois, est au coeur d’une controverse née entre les deux tours de la publication d’un document attribué à un ex-homme de confiance du colonel Kadhafi, faisant état d’un «accord de principe» conclu en 2006 avec Tripoli pour apporter à la campagne du candidat Sarkozy 50 millions d’euros.

Nicolas Sarkozy a parlé d’«infamie» et porté plainte pour «faux» et «publication de fausses nouvelles» contre Mediapart. Lequel a riposté en déposant une plainte en dénonciation calomnieuse contre le président sortant. Aucune enquête judiciaire n’est cependant en cours sur le fond de ce dossier.

KARACHI
Dans l’affaire Karachi, les juges enquêtent sur un éventuel financement occulte de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995, par le biais de rétrocommissions présumées versées dans le cadre de contrats d’armement, mises en lumière dans l’enquête sur l’attentat de Karachi (Pakistan) du 8 mai 2002.

Nicolas Sarkozy était en 1995 ministre du Budget et porte-parole de campagne d’Edouard Balladur. Une note saisie lors d’une perquisition à la Direction des constructions navales (DCN) évoque le feu vert du ministre du Budget à la création d’une société offshore Heine pour le versement de ces commissions, légales à l’époque.

La présidence de la République avait assuré en septembre 2011 que «s’agissant de l’affaire dite de Karachi, le nom du chef de l’Etat n’apparaît dans aucun des éléments du dossier». «Il y a beaucoup d’investigations à réaliser avant son éventuelle audition» par les enquêteurs, estimait récemment un avocat interrogé sous couvert d’anonymat.

VIDEO. Quand Ziad Takieddine livre sa vérité

LeParisien.fr

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