DIAGAU : Une dictature de plus ou de moins sur le parvis de l’Elysée sous Jacques, Nicolas ou François est un non événement.

Depuis près de trois ans la Diaspora Gabonaise Unie (DIAGAU) participe activement à l’éveil de la conscience citoyenne de notre peuple. Dans le cadre d’actions menées à l’endroit de nos
compatriotes ou de soutien à des initiatives panafricaines et d’afro-descendants, les membres de DIAGAU se sont impliqués pour la défense et le respect de la souveraineté et de l’auto-détermination des peuples d’Afrique et des descendants de déportés de notre continent.

Suite au décès de Pierre MAMBOUNDOU MAMBOUNDOU, défunt Président de l’Union du Peuple Gabonais (UPG) et unique réel vainqueur de l’élection présidentielle anticipée du 30 août 2009, la longue période de deuil que notre structure a observée a également permis au Bureau Exécutif de faire un bilan sur l’ensemble des travaux effectués depuis notre formation et de nous concentrer sur l’élection présidentielle française.

C’est ainsi que l’euphorie surréaliste qui s’est emparée des communautés africaines lors de la victoire du Parti Socialiste Français et de François HOLLANDE nous a alertés et inquiétés sur ce que cela révélait de l’état des mentalités. En effet, la vénération que certains ont vouée à un homme, fut-il le tombeur de Nicolas SARKOZY et les espoirs insensés qu’ils placèrent en lui n’ont d’égales que la désillusion et la détresse que l’on ressent depuis l’annonce de la rencontre d’Ali BONGO ONDIMBA à Paris, ce jeudi 5 juillet. S’il est vrai que les relations personnelles sont désormais plus “fraîches”, il n’en est pas moins vrai que sur le fond, la continuité prévaut, intérêts supérieurs de la Nation (France!) obligent.

Bien loin d’être une surprise, un désenchantement, une trahison, cette rencontre ne fait que répondre aux exigences des relations entretenues entre deux Etats, fussent-ils dans un rapport de dominant à dominé. C’est en fait le contraire qui nous aurait intrigués, car la France a tout intérêt à ne pas se brouiller, en cette période, si difficile, qu’elle traverse, avec le gérant de la maison Gabon, cette terre d’abondance en ressources naturelles en tous genres. Il est impératif de dépassionner le débat politique au sein de notre population, comme au sein de notre diaspora.

Si DIAGAU a toujours rejeté l’enfermement stérile dans l’individualisation du combat politique national, cela vaut également pour l’international. Le soutien que nous avons apporté et que nous apportons toujours aux compatriotes ivoiriens ne portait pas sur la seule personne du Président Laurent Koudou GBAGBO, mais sur la défense du respect de la souveraineté de la Côte d’Ivoire de manière plus spécifique. Notre soutien aux compatriotes ultra-marins et aux luttes que mènent leurs travailleurs ne se concentre pas sur la seule personne d’Elie DOMOTA, mais sur le respect de l’article 1 er de la Constitution du 4 octobre 1958, disposant que la République Française assure “l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion”.

De la même manière, ni Ali BONGO ONDIMBA, ni François HOLLANDE ne sont des cibles pertinentes pour le mouvement dans lequel nous nous inscrivons, n’étant eux-mêmes que des maillons passagers d’un système structuré pour l’anéantissement de nos velléités d’indépendance et d’auto-détermination.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle notre travail de renforcement de la troisième voie se poursuit. Comme nous l’écrivions dans notre publication du 13 mars 2011 : “Parce que nos peuples ont une histoire multiséculaire ; parce que l’étape coloniale qui dure depuis plus de 200 ans n’est qu’une étape à dépasser; parce que seul le défaitisme sur lequel comptent les manipulateurs en tous genres pousse à restreindre son choix entre “la peste et le choléra” ; parce que l’ignorance des masses est l’arme ultime de l’oppresseur : il nous faut donner corps à la 3ème voie pour laquelle la très grande majorité de la population a optée depuis longtemps en s’abstenant de participer aux mascarades électorales.

Nous saluons d’ailleurs le ralliement de structures telles que le BDP-MODWOAM à cette option, la seule crédible selon nous. C’est en effet à la lecture de la publication du 16 janvier 2012, que nous apprenions que selon ce mouvement, “Pour rester simple, nous dirons simplement ici que la ligne idéologique du BDP-Modwoam suppose l’adoption d’une « Troisième Voie » qui serait à la fois politique et idéologique, et qui place le Citoyen gabonais libre et l’action citoyenne non-violente au centre de son action politique.”

Cette voie apparaît donc de plus en plus crédible aux yeux d’un nombre grandissant de compatriotes, d’acteurs associatifs et politiques; d’autant plus crédible que le temps passe depuis le coup d’Etat du 3 septembre 2009 et que les masques tombent. Les Gabonaises et les Gabonais se laissent de moins en moins manipuler par des acteurs politiques dont les vues ne sont guidées que par l’ambition personnelle et par des ego démesurés.

Nous devons nous astreindre à une ligne de conduite collective. C’est le choix que font désormais un nombre sans cesse croissant de nos compatriotes : refuser de participer à des élections avant refonte réelle et sincère du fichier électoral afin de ne plus jouer cet éternel jeu de dupes; ne pas perdre de vue l’obstacle majeur que représente la Cour Constitutionnelle, juge et partie, cette Tour de Pise qui depuis sa création en 1990, penche invariablement du côté du pouvoir en place, sans parler de sa situation d’illégalité et de conflits d’intérêts dans laquelle se complaît cette institution, semble t-il dans l’indifférence générale de la classe politique si soucieuse du respect de l’Etat de droit.

La poursuite de l’éveil des consciences se poursuit donc inlassablement. DIAGAU apportera encore sa contribution l’année prochaine, à travers l’aboutissement des préparatifs du Forum de l’Autodétermination PARIS-MANDJI 2013 (en simultané à Paris et à Port-Gentil).

Par ailleurs, le Bureau Exécutif communiquera sous peu la date des prochaines élections, pour son renouvellement et le renouvellement de la Présidence de DIAGAU; élections reportées suite à notre engagement à la non réélection de Nicolas SARKOZY, lors de la dernière campagne Présidentielle Française.

Voilà en substance la perception de DIAGAU sur la situation qui prévaut au sortir de l’élection présidentielle française et la réponse à d’innombrables sollicitations et questionnements de nos différents interlocuteurs.

Fait à Paris, le 04 juillet 2011.

MOUCKAGNI-MAMBO Dominique Annie
Présidente de DIAGAU

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  1. Le BDP ne peut pas s’être rallié à votre position. Vous voulez dire l’opposé je crois. le BDP existe depuis 1998 et déjà dit tout ce que vous dites ici. C’est bien de constater au moins que vous partagez des positions similaires sur le Gabon. C’est bine. Les gens qui suivent le BDP depis savent que c’est le seul mouvement qui dit la vérité sur le Gabon.

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